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NATURE PRÉDATRICE de Tommy Wirkola : la critique du film [Netflix]

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Nom : Trash
Père : Tommy Wirkola
Date de naissance : 10 avril 2026
Type : disponible sur Netflix
Nationalité : USA, Australie
Taille : 1h26 / Poids : NC
Genre : Thriller, Epouvante

Livret de Famille : Phoebe DynevorWhitney PeakDjimon Hounsou

Signes particuliers : Circulez y’a rien à voir.

Synopsis : Au cœur d’un ouragan catastrophique, une ville côtière lutte contre la fureur de la nature et une attaque de requins. Bravant les pluies torrentielles, les débris et l’obscurité, les habitants s’unissent pour survivre aux prédateurs mortels et réussir à traverser la tempête.

LES DENTS DE LA MERD*

NOTRE AVIS SUR NATURE PRÉDATRICE

La nouveauté du moment sur Netflix se nomme Nature Prédatrice, un titre éclaté au sol qui fleure bon le vieux DTV pourri soldé à 1€ dans les bacs promo d’un vulgaire supermarché. Mais la ringardise de son patronyme ne devait pas faire oublier qu’il s’agit là du nouveau film de Tommy Wirkola. Et on l’aime le sympathique artisan norvégien. Parce qu’il nous a offert les génialement tarés Dead Snow, parce qu’il nous a bien fait marrer avec son Violent Night, parce que son Seven Sisters était une bonne surprise, parce que The Trip était un sacré kiff. Bon ok, il est aussi coupable de Hansel & Gretel : Witch Hunters mais après tout, quand on est joueur, on ne peut pas gagner à tous les coups. Nature Prédatrice vient d’ailleurs le rappeler. Incontestablement, c’est le plus mauvais film de l’ami Wirkola.

Un ouragan de Catégorie 5 (en gros c’est méga-balèze) s’abat sur une petite ville côtière. Les habitants qui n’ont pas pu quitter la ville essaient de braver les éléments mais un autre danger arrive. Quand la digue cède, l’eau envahit la bourgade et avec elle… des requins !
Il y a deux ans, le déjà bien mauvais Sous la Seine de Xavier Gens faisait un carton mondial sur Tudum. Pas bête la guêpe, la plateforme exploite le filon. Si les requins qui attaquent les gens en ville ça plaît, alors on va rassasier l’appétit de l’algorithme. Et voilà Nature Prédatrice, série B qui ne se fait vraiment pas chier la vie puisqu’elle pompe outrageusement le Crawl d’Alexandre Aja. Le même Aja qui est censé réaliser Sous la Seine 2 pour Netflix. Hum…Coïncidence… ? Bref, on verra ça plus tard.

En attendant, si l’on avait déjà trouvé Crawl pas terrible et Sous la Seine assez naze, autant dire que l’on touche le fond de l’océan avec Nature Prédatrice. Tommy Wirkola brade son talent dans une bisserie pas loin d’être franchement pathétique. Pourtant, l’entame ne laisse pas entrevoir les raisons de la réputation si désastreuse du film. Certes, Nature Prédatrice se lance dans son affaire comme un téléfilm sans grand génie ni originalité mais le côté « film catastrophe » est propre et fonctionnel. On a déjà vu ça 200 fois mais il n’y avait rien de foncièrement honteux jusque-là. Et puis une fois que les eaux se sont déversées sur la petite bourgade d’Annieville ravagée, l’intrigue dérive vers le survival avec son irruption de requins. Et le film dérive lui vers le nanar en puissance. Le fait que le poisson ne soit plus très frais est un détail dans la limonade dégazée. À la limite, on aurait pu composer avec l’idée que Nature Prédatrice n’est qu’une formule recrachée pour surfer sur une tendance bankable. L’ennui c’est que l’on ne retrouve pas grand-chose de Wirkola dans ce joli petit navet sans intérêt, ni pas grand-chose tout court d’ailleurs.
Nature Prédatrice déroule avec la hardiesse d’un condamné à mort. Le script semble être le fruit d’une commande passée à ChatGPT, les péripéties sont prévisibles et donnent l’impression d’avoir été listée en regardant d’autres films puis cochées une à une, la production n’a aucune personnalité, les personnages sont sans saveur ou tout juste fonctionnels… Mais le pire reste les innombrables incohérences et faux raccords, les scènes nanardesques d’une connerie intersidérale (le coup du nouveau né dans l’eau, c’est collector). Même pas sûr que les nazeries avec Christophe Lambert aurait osé. Peut-être que Nature Prédatrice aurait gagné à embrasser un ton vraiment décalé (sans devenir Sharknado non plus). Peut-être même que c’est ce qu’il essaie de faire mais rate son coup. À vrai dire, on ne sait jamais trop si le film se veut sérieux et sanglant ou si Wirkola cherche à prendre contrepied avec une dose de second degré. Et quand on est ainsi hésitant, les tentatives de second degré deviennent ridicule set le sérieux devient carrément grotesque…

Bilan, Nature Prédatrice n’a que peu d’arguments à faire valoir. Tout va très/trop vite, ses requins ne sont pas bien exploités, pas mieux du côté de ses nombreux personnages… Trop mécanique, le film de Wirkola ressemble parfois à un résumé de lui-même. Cela dit, voulait-on vraiment un machin plus long tant ce plat réchauffé sans aucune idées est aussi palpitant qu’un rendez-vous chez le proctologue ?

 

 

Par Nicolas Rieux

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