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L’INFIRMIÈRE de Kôji Fukada : la critique du film

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Spectateurs

La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Yokogao
Mère : Kôji Fukada
Date de naissance : 2019
Majorité : 05 août 2020
Type : Sortie en salles
Nationalité : Japon
Taille : 1h44 / Poids : NC
Genre : Drame, Thriller

Livret de famille : Mariko Tsutsui, Mikako Ichikawa, Sosuke Ikematsu…

Signes particuliers : On ne sait jamais à quel saint se vouer, le drame tragique ou le thriller psychologique.

EN EAUX TROUBLES

NOTRE AVIS SUR L’INFIRMIÈRE

Synopsis : Ichiko est infirmière à domicile. Elle travaille au sein d’une famille qui la considère depuis toujours comme un membre à part entière. Mais lorsque la cadette de la famille disparaît, Ichiko se trouve suspectée de complicité d’enlèvement. En retraçant la chaîne des événements, un trouble grandit : est-elle coupable ? Qui est-elle vraiment ?

 

Bien connu des japanophiles en France, le réalisateur Kôji Fukada s’est imposé depuis quelques années comme l’un des fervents représentants de la nouvelle garde du cinéma nippon. Celui qui a été fait Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2018 n’a de cesse d »exprimer son talent en visitant tous les genres possibles. On l’a vu notamment se frotter avec l’animation en adaptant Balzac à ses débuts (La Grenadière), s’illustrer dans la chronique d’apprentissage à consonance rohmérienne avec Au Revoir L’Eté (primé au festival de Nantes) ou briller dans le drame familial avec Harmonium (primé à Cannes). Fukuda s’est également essayé à la science-fiction avec Sayonara ou encore à la comédie noire avec Hospitalité. Avec L’infirmière, son huitième long-métrage, le cinéaste navigue cette fois entre les courants du drame désespéré et du thriller psychologique.

Tout commence et finit avec Ichiko (formidable Mariko Tsutsui), infirmière à domicile dévouée, considérée comme un membre à part entière de la famille pour qui elle travaille. Mais lorsque la cadette disparaît, Ichiko se retrouve mêlée malgré elle à l’affaire. Suspectée, sa vie va vaciller en même temps que son innocence. Dans un premier temps, le film de Fukada déroute car sa structure est très particulière, insaisissable, presque confuse pourrait-on dire. Il faudra du temps pour que les éléments se mettent en place, s’agencent et qu’une certaine clarté intelligible n’opère. Si le spectateur n’a pas encore été largué, alors il va être plongé dans une toile d’araignée dont il est difficile de s’extraire. Alors que le fil des évènements est remontré, alors que deux temporalités s’enchevêtrent, Ichiko est scrutée, disséquée. Et ce que L’infirmière va révéler, c’est un personnage complexe, troublant, imprévisible, difficile à cerner. Autant d’éléments qui vont alors questionner. Ichiko est-elle une victime malheureuse, une coupable bien cachée, un parangon de douceur ou d’une inquiétante instabilité ? Ce sont ces pistes et ce champ des possibles qui vont mener le film autant vers le drame que vers le thriller. Au centre des deux pôles, un spectateur que le cinéaste confronte aux énigmes plutôt que l’accompagner vers des formules toutes faites. A lui de s’accrocher pour ne justement pas décrocher au gré des secousses d’un chemin sinueux et captivant. En creux, Kôji Fukada évoque la société japonaise et sa capacité malaisante à se cacher derrière des apparences.

BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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