HER PRIVATE HELL de Nicolas Winding Refn : la critique du film

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Nom : Her Private Hell
Père : Nicolas Winding Refn
Date de naissance : 23 septembre 2026
Type : sortie en salles
Nationalité : Danemark, USA
Taille : 1h50 / Poids : NC
Genre : Thriller

Livret de famille : Sophie ThatcherCharles MeltonKristine Frøseth

Signes particuliers : Une torture de chaque instant.

Synopsis : Alors qu’une étrange brume engloutit une métropole futuriste et libère une présence mortelle insaisissable, une jeune femme troublée part à la recherche de son père. Au cours de cette quête, son destin croise celui d’un GI américain engagé dans un voyage désespéré pour arracher sa fille de l’Enfer.

REFN NE RÉPOND PLUS

NOTRE AVIS SUR HER PRIVATE HELL

Pourquoi n’y a t-il pas de fenêtres dans les cinémas ? Facile, tout simplement pour empêcher la lumière d’entrer dans les salles obscures ? Autre théorie possible : pour empêcher les spectateurs de se défenestrer afin de mettre fin à leurs souffrances devant des films pareils. Réalisateur qui compte autant de partisans que de détracteurs, Nicolas Winding Refn est estimé par beaucoup pour ses univers forts, son esthétisme ultra-sophistiqué, le pouvoir de fascination hypnotique de ses œuvres explorant les recoins sombres et violents de l’humanité. Avec Her Private Hell, le cinéaste danois signait son grand retour après dix ans d’absence (et The Neon Demon en 2016). Autant dire que Refn était très attendu par ses fans. Autant dire aussi que la déception est sans commune mesure.

De l’aveu de Refn, Her Private Hell est un film sorti de ses tripes après que le réalisateur ait failli mourir d’un problème de valve cardiaque il y a trois ans. Il serait même mort pendant 25 minutes avant d’être « ramené des enfers ». Une idée terrifiante qui a fait germer dans son esprit créatif alors « en panne » confesse t-il, l’histoire d’un monstre revenant lui aussi du purgatoire.

Le pitch était aussi barré qu’alléchant. Alors qu’une étrange brume engloutit une métropole futuriste et libère une présence mortelle insaisissable, une jeune femme troublée part à la recherche de son père. Au cours de cette quête, son destin croise celui d’un GI américain engagé dans un voyage désespéré pour arracher sa fille de l’Enfer.

D’enfer il est question à la fois dans et avec Her Private Hell, davantage supplice que film, davantage longue torture cinématographique que séduisante odyssée cinéphilique. D’ordinaire, Refn c’est l’assurance d’univers marqués, d’esthétiques somptueusement léchées et d’ambitions créatives fascinantes. On retrouve à la fois rien et tout ça dans Her Private Hell. Tout, car les éléments et marqueurs y sont, rien car aucun ne fait mouche. Refn semble avoir atteint le paroxysme de l’auto-caricature de son art et nous joue une partition fastidieuse et complètement hors-sol.

Navet prétentieux et grotesque doublé d’un nanar de luxe ridicule et laid, Her Private Hell est une sorte de gloubiboulga mixturant Argento, Lynch, Cattet/Forzani voire Lucio Fulci, mais jamais pour le meilleur, toujours pour le pire. Nicolas Winding Refn signe un machin imbitable qui n’a du sens que pour lui-même. Et alors que l’on ne comprend que dalle à son univers sibyllin et à son récit abscons, Refn nous condamne à regarder des images qui passent, coincé comme un lapin pris dans les phares d’une bagnole. Sauf qu’avant, les images étaient belles. Mais ça c’était avant comme disait la pub. Cette fois, on sent l’envie de composer du beau sophistiqué, on sent la scénographie du cadre et le désir de le remplir d’un esthétisme toujours aussi emphatique, hypnotique et minutieux. Mais entre l’envie et l’exécution, il y a parfois un gap et il est béant sur Her Private Hell. Refn compose certes de beaux cadres conceptuels, mais il les remplit d’images tantôt moches tantôt plates ou sans âme. Mais ce n’est là que le début du long calvaire qui nous attend. Plus qu’une pièce artistique au formalisme lorgnant vers le clip d’intro d’une Fashion Week ou une pub pour une marque de luxe, Her Private Hell est surtout une merde qui se croit brillante, triturant son univers futuriste et onirique pour en extraire un nectar de bêtise affligeant. Et à croire que sa profonde suffisance n’était pas assez, Her Private Hell s’applique à tout faire pour se rendre au mieux mal-aimable, au pire foncièrement détestable.
Avec cette résurrection cinématographique, Refn s’enterre dans un cercueil cloué avec son style poussé jusqu’à la caricature parodique. De loin, on pense un peu au Megalopolis de Coppola. Sauf que tout raté qu’il était, il y avait quand même du cinéma dans Megalopolis. Ou du moins un amour du cinéma, doublé d’intentions, certes mal canalisées. Il n’y a en revanche rien pour sauver Her Private Hell, coquille risible dont le spiritualisme effréné et l’étalage d’images fantasmes tutoient la gêne la plus totale. Assurément l’un des pires films de Refn, l’un des pires films de Cannes 2026, et probablement même l’un des pires films de ces dernières années. On en ressortirait presque consterné si l’on n’était pas dans la brume d’une phase de réveil post-sieste forcée. Pensum prétentieux, Her Private Hell est un navet laid, chiant et insupportable.

 

Par Nicolas Rieux

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