UNE ANNÉE POLAIRE de Samuel Collardey : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Une année polaire
Père : Samuel Collardey
Date de naissance : 2017
Majorité : 30 mai 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h34 / Poids : NC
Genre
: Comédie dramatique

Livret de famille : Anders Hvidegaard, Asser Boassen, Thomasine Jonathansen…

Signes particuliers : Entre le documentaire et la fiction, un voyage intéressant dans la culture inuite.

A LA DÉCOUVERTE DU GROENLAND

LA CRITIQUE DE UNE ANNÉE POLAIRE

Résumé : Pour son premier poste d’instituteur, Anders choisit l’aventure et les grands espaces: il part enseigner au Groenland, à Tiniteqilaaq, un hameau inuit de 80 habitants. Dans ce village isolé du reste du monde, la vie est rude, plus rude que ce qu’Anders imaginait. Pour s’intégrer, loin des repères de son Danemark natal, il va devoir apprendre à connaître cette communauté et ses coutumes. Avec son histoire d’un instituteur danois qui décide d’accepter un premier poste dans un village inuit reculé du Groenland, loin de sa culture continentale, Une Année Polaire semble n’avoir rien de français sur le papier. Et pourtant, le film est bel et bien une production hexagonale, précisément le nouveau long-métrage du cinéaste Samuel Collardey, remarqué avec L’apprenti et Tempête. Le réalisateur y poursuit son travail autour d’un cinéma aimant évoluer à la lisière de la fiction et du documentaire, aimant s’aventurer dans des contrées rurales voire isolées, proche de la nature et faisant découvrir d’autres modes de vie. En un sens, Samuel Collardey est un peu au cinéma français ce que la réalisatrice Chloe Zhao (Les Chansons que mes frères m’ont apprises, The Rider) est au cinéma indépendant américain.

Après avoir découvert le Groenland et ses contrées sauvages en 2015, Samuel Collardey a éprouvé de désir d’y faire un film. Ce n’est que lors de son second voyage en 2016, qu’il a décidé de construire son scénario autour d’un instituteur, sorte de ciment d’une communauté, après avoir fait la connaissance d’une institutrice sur le point de prendre sa retraite. En évoquant le nouvel instituteur qui allait prendre sa relève, la vieille dame allait offrir sur un plateau d’argent, le déclencheur au réalisateur. L’idée serait d’observer comment un étranger allait prendre ses marques dans cet environnement si singulier, comment il allait appréhender les codes d’une culture si différente de la sienne. Quand Anders débarque, envoyé par le rectorat danois, les caméras de Collardey sont là, prêtes à capter la réalité de son immersion dans la culture inuit. Et Une Année Polaire d’être un mélange hybride de documentaire et de fiction, filmant un héros réel dans sa nouvelle réalité, un mode de vie authentique et des comédiens non-professionnels.

Audacieux dans la démarche, le résultat est épatant. Une Année Polaire est une aventure humaine doublée d’une aventure géographique, et Samuel Collardey passionne en nous ouvrant les portes d’un monde si lointain, si différent, si dépaysant. Un monde que l’on essaie de comprendre tout comme Anders, ce véritable instit qui débarque dans ce nulle part polaire. Au gré de ses « aventures », le portrait offert par le film nous permet de comprendre quelques grandes lignes d’une culture inuit qui tente de survivre avec ses propres règles, loin de celles du continent. Pourquoi aller à l’école quand on vit sur une île où il n’y a pas de travail ? Pourquoi se forcer à apprendre des choses qui ne serviront pas quand la vie impose en revanche d’apprendre des choses concrètes en rapport avec la survie au quotidien ? C’est tout le dilemme que rencontre Anders, qui peine à intéresser les enfants du village à l’école alors que ceux-ci préfèrent aller apprendre à chasser et à pêcher. Car c’est de cela que sera fait leur vie. Tour à tour drôle, émouvant ou tout simplement intéressant d’un point de vue culturel, anthropologique et sociologique, Une Année Polaire est un exercice fragile qui du haut de son intimisme, nous emmène dans une belle aventure humaine croquée avec un regard passionné et passionnant.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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