TITANIC 3D (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : Titanic 3D
Parents : James Cameron
Livret de famille : Kate Winslet, Leonardo DiCaprio, Billy Zane, Bill Paxton, Gloria Stuart, Frances Fisher, David Warner, Danny Nucci, Suzy Amis, Jason Barry, Kathy Bates, Victor Garber, Jonathan Hyde, Eric Braeden, Bernard Hill…
Date de naissance : 1997
Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 3h14 – 200 millions $

Signes particuliers (+) : L’apport de la 3D est indéniable et accentue l’effet d’immersion dans cette catastrophe reconstituée à la quasi-perfection.

Signes particuliers (-) : Certains effets de synthèse imparfaits, technologie balbutiante à l’époque, sont toujours là.

 

LE PAQUEBOT EN D6… TOUCHÉ… COULÉ.

Résumé : Le récit du célèbre et mythique paquebot, de son départ d’Irlande à son triste naufrage tragique dans les eaux glaciales de l’Atlantique, en avril 1912, vu au travers d’une rencontre, celle de Rose DeWitt Bukater, dame de la Haute qui n’en peux plus de son milieu exaspérant et de Jack Dawson, modeste passager de troisième classe…

1997, le virtuose auteur de Terminator, James Cameron, clouait sur place, comme à son habitude, tout son petit monde avec un énième chef d’œuvre, le récit du célèbre et imposant paquebot de luxe, le Titanic. Budget record à l’époque (200 millions) pour une production fleuve placée sous les feux des projecteurs et très attendue, Titanic deviendra le plus gros succès de tous les temps au cinéma avec deux milliards de recette, depuis seulement dépassé par Avatar, du même Cameron. Fort le bougre. Non seulement il signe classique sur classique mais en prime, il est l’un des metteurs en scène les plus rentables de la planète Hollywood ! Et en ces temps de commémoration du centenaire du plus fameux et tragiques des naufrages de l’Histoire, le magique film vieux de quinze ans déjà, fait peau neuve et ressort dans une version retravaillée selon la mode actuelle, en 3D. Quelques semaines seulement après le premier Star Wars ressorti dans le même format et parallèlement à la ressortie du Roi Lion, l’utilité est une fois de plus l’objet d’interrogations. Mis à part quelques exceptions, la 3D au cinéma peine toujours à convaincre dans presque 90% des cas et rares sont les œuvres où elle brille en apportant une vraie valeur ajoutée (Hugo Cabret, Hell Driver, Bloody Valentine). Mais c’est Cameron qui dirige et tout de suite, la donne change. Car pour l’heure, celui qui aura le mieux su tirer partie du procédé, c’est bien le cinéaste américain avec son exceptionnel Avatar, où la 3D était tout simplement éblouissante de maîtrise technique. Alors si le Monsieur se lance dans un tel pari, on peut sans doute lui faire confiance et se dire qu’il sait ce qu’il fait…

James Cameron n’a jamais fait le deuil de son aventure avec un Titanic qui le fascine toujours autant, pas plus que d’avec les profondeurs marines. Le paquebot, il ne l’a jamais vraiment quitté d’ailleurs. Déjà en 2003, il avait tourné un documentaire, Les Fantômes du Titanic, en relief également. Alors qu’un second est annoncé en préparation (Titanic : The Final Word) Cameron a récemment fait parler de lui en devenant le premier homme à toucher le fond du site le plus profond de la croûte terrestre, en solo. Passionné, le cinéaste l’est. Profitant de sa désormais grande expérience de la 3D, le voilà qui offre un lifting à son classique pour l’occasion du centenaire de sa chute, l’occasion inespérée, d’une part de redécouvrir ce fabuleux chef d’œuvre sur grand écran, et d’autre part, sous une forme que l’on espère nouvelle apportant intensité à un film déjà fort en émotion et riche.

Et comme on pouvait s’y attendre, Cameron réussit son pari et ne se moque pas de son audience. Il était une fois à la base un immense film qui, en quinze ans, n’a pas pris une ride (la marque des films de l’auteur). Puissant récit mythique brossant un chapitre tragique de l’Histoire du XXème siècle, Titanic réunissait tous les ingrédients du grand spectacle fort en émotions, tour à tour drame historique, romance passionnelle, film catastrophe et d’aventures. Au milieu de la grande histoire connue de tous, se débattait un couple né sous la caméra de l’auteur, né pour entrer dans l’histoire du cinéma, le duo Jack Dawson/ Rose DeWit Bukater. La tragédie s’y décline à tous les étages, de l’universel au personnel par le récit d’une rencontre qui allait illuminer l’écran et redonnait ses lettres de noblesse au film d’amour à l’hollywoodienne. D’un côté, Jack Dawson (un Leonardo Di Caprio qui allait changer de statut et devenir une méga star) jeune être épris de liberté, artiste sans le sou, vivant au jour le jour avec un optimisme rêveur à toute épreuve, symbole de la joie d vivre dans le dénuement, symbole du bonheur fait de petites choses. De l’autre, Rose DeWit Bukater (Kate Winslet) Lady de la Haute Société en inadéquation avec un monde étouffant et un milieu étriqué dont elle ne comprend pas la futilité et qui ne comprend pas son intelligence et ses envies de vivre au-delà des conventions carcérales. La rencontre fictionnalisée de ces deux-êtres va faire écho à la réelle tragédie qui va se dérouler sous nos yeux, tant cet amour impossible qui va naître va être contraint et par la différence de classe et par l’histoire en marche. Sublime évocation des aspirations à la liberté, à l’amour, à l’émancipation, Titanic nous propose une véritable romance à l’ancienne faite de passion, de barrières, de volonté et d’affranchissement devant des choix de vie : l’amour et le bonheur dans le dénuement ou l’insatisfaction et le malheur dans le luxe. Ode aux adages simples et naïfs du « vivre d’amour et d’eau fraîche » et « l’argent ne fait pas le bonheur », Titanic va mettre en parallèle ses deux drames en jouant sur les images pour en renforcer la symbolique, opposant la luxure à la pauvreté, la joie simple à la tristesse guindée, les divergences de traitements et de sorts réservés aux différentes classes, entre une première soignée et couvée et une troisième, dénigrée et considérée comme du bétail. Mais finalement, argent ou pas, le luxe finira dans les abîmes de l’Océan au même titre que la misère à l’image de la belle porcelaine qui se brisera sur le sol du bateau en plein naufrage.

On connaît tous Titanic, on connaît tous sa puissance émotionnelle, sa beauté de tous les plans, de sa musique mélodieuse à la formidable et passionnante qu’il nous raconte, que ce soit durant 1h45 d’amour naissant ou durant une seconde partie palpitante d’action. On connaît tous la dureté du drame, ses plans cruels révélant toute l’ampleur terrifiante du naufrage. On connaît tous enfin l’impressionnant spectacle et la reconstitution démesurée qu’il propose. Mais il est maintenant en 3D. Est-ce que cela change tout ? La réponse est oui ! James Cameron ne se laisse pas flouer par une simple perspective lucrative en abusant de ses fans. Il y aura investi du temps, de l’argent (18 millions) mais le résultat est dantesque. Une fois de plus, en ces temps de conversion en 3D, en post-production, pour des films qui ne l’était pas à la base, le maître vient et donne la leçon. Face à un océan de mauvais résultat à dégoûter du potentiel du format, Cameron soigne son bébé et livre un résultat bluffant accentuant l’immersion au sein même du spectacle qu’il propose. Bien sûr, ceux qui attendent que le paquebot sorte de l’écran pour venir percuter un iceberg au centre de la salle, seront déçus. Mais c’est bien mal comprendre le fonctionnement et les possibilités du relief. Titanic en 3D, c’est surtout un gain de profondeur de champs, un gain dans la reconstitution majestueuse du célèbre paquebot de luxe, un gain dans l’intensité de l’histoire par une habile gestion du procédé. Plutôt que de tout convertir à la va-vite, Cameron découpe minutieusement ses plans, passant en 3D des images entières ou des bouts de plans seulement afin d’obtenir le meilleur rendu possible. Et si parfois l’amélioration n’est que peu visible, souvent, c’est parce qu’elle est discrète, parfaitement assimilée, ingérée. Le cinéaste ne recherche pas le tape-à-l’œil idiot mais la qualité et ça se sent.

Une fois de plus, James Cameron impressionne en ravivant la flamme de l’une des plus belles histoires d’amour des années 90 au cinéma. Titanic n’avait pas pris un ride, peut-être une demi en chipotant. Désormais, il n’a plus aucune et a retrouver toute sa fraîcheur. Fort d’une 3D malléable, souple, jamais agressive, ce nouveau Titanic nous replonge, plein de nostalgie, dans une épopée magnifique, grandiose et qui en ressort grandie avec toujours autant de force dans sa charge émotionnelle. Superbe !

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