SICARIO de Denis Villeneuve : la critique du film [Festival de Deauville – Sortie Cinéma]

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Nom : Sicario
Père : Denis Villeneuve
Date de naissance : 2015
Majorité : 07 octobre 2015
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h01 / Poids : 32 M$
Genre : Thriller, Policier

 

Livret de famille : Emily Blunt (Kate), Benicio Del Toro (Alejandro), Josh Brolin (Matt), Jon Bernthal (Ted), Victor Garber (Jennings)…

Signes particuliers : Chaque nouveau film de Denis Villeneuve est attendu comme le Messie. On comprend vite pourquoi, même ses « moins bons » sont de grands films.

LA LUTTE CONTRE LES CARTELS VUE PAR DENIS VILLENEUVE

LA CRITIQUE

Résumé : La zone frontalière entre les États-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues. Menée par un consultant énigmatique, l’équipe se lance dans un périple clandestin, obligeant Kate à remettre en question ses convictions pour pouvoir survivre.SICARIO Day 01L’INTRO :

Présenté en compétition à Cannes et plus récemment au festival de Toronto, Sicario est le nouveau long-métrage du productif cinéaste canadien Denis Villeneuve, dont le travail n’en finit plus de fasciner par sa richesse, sa splendeur et sa diversité. Révélé internationalement en 2010 avec le puissant Incendies, Villeneuve avait ensuite enchaîné deux longs-métrages coup sur coup, d’un côté le thriller dramatique ovationné Prisoners, et de l’autre, le plus exigeant Enemy, tout deux avec Jake Gyllenhaal. Avec ce septième long-métrage interprété par Emily Blunt, Josh Brolin et Benicio del Toro, le metteur en scène nous plonge au cœur de la guerre opposant les forces yankees et les cartels sud-américains, à travers les yeux embués d’une jeune agent du FBI dépitée par l’inefficacité des actions menées, et intégrant une unité spéciale opaque, espérant ainsi pouvoir mieux faire bouger les lignes. Et en parlant de « lignes », c’est justement là que se situe tout le fond de Sicario, au niveau de la frontière entre le Bien et le Mal, entre la légalité et l’officieux, des lignes qui vont amener la fliquette traumatisée par un récent massacre, à se remettre en question, à repenser ses valeurs morales personnelles inscrites dans la généralité d’un combat sans concession, ni pitié ou lois.sicarioL’AVIS :

Avec Sicario, Denis Villeneuve poursuit une carrière pour l’instant, d’une constance épatante. Toujours aucun réel faux pas pour le réalisateur canadien, qui signe là, un thriller captivant, tendu comme une corde raide, sur laquelle évolue avec conviction et fermeté, une intrigue forte et immersive. Dans ce thriller à la pureté sibylline, les scènes d’action ne sont pas nombreuses. Mais quand elles jaillissent à l’écran, Denis Villeneuve les emballe avec une maestria foudroyante, qui vient rappeler le talent du bonhomme placé derrière la caméra. Autour d’elles, c’est avant tout le déploiement d’une atmosphère sombre et oppressante qui fascine. Sans cesse sous tension, étreint par la lourdeur de son climat suffocant alors que les pistons narratifs sont soumis à une rude pression alignée dans le sillage d’une intensité explosive, Sicario happe et hypnotise un spectateur pris au piège d’un suspens étouffant, alourdi par une partition musicale chargée en tension orageuse.S_D037_09788.NEFSicario est une œuvre puissante, nouveau témoin à la barre d’un tribunal jugeant Denis Villeneuve pour « génie intrusif bouleversant la donne et la hiérarchie dans le cinéma américain ». Pourtant, et presque ironiquement, ce n’est pas là son meilleur film. Quelques défauts en font même une œuvre à bien des égards, inaboutie. Ou plutôt, une œuvre qui aurait pu être encore plus fabuleuse, dira t-on, si elle avait élevée à la quintessence de la maturité. Outre un rythme contraint par quelques longueurs et redondances et un scénario finalement assez simple une fois délesté de la virtuosité avec laquelle il est porté à l’écran, c’est surtout au niveau des personnages que Sicario perd (un peu) de sa superbe. Habituellement fascinants de profondeur dans le cinéma de Villeneuve (re-citons Incendies, Prisoners, Enemy), ceux de Sicario sont tous intéressants sur la forme, moins sur le fond. A vouloir donner de l’étoffe à chacun, le cinéaste ne parvient pas à vraiment en traiter un de manière poussée. A commencer par son « héroïne » (Emily Blunt, véhicule pour l’immersion du spectateur dans l’histoire, et finalement plus spectatrice d’un combat d’hommes qu’impliquée avec rage dans cette guerre ouverte virant à la traque et à la quête de vengeance. D’autant plus dommage car l’on sent bien une volonté de ne pas limiter le film à une énième guerre flics vs cartels, mais d’apposer sur cet arc dramatique usité, de réels enjeux humains, doublés d’une critique de la politique et des méthodes américaines.sicarioNéanmoins viscéral et traversé de fulgurances démentes (la traversée de Juarez, par exemple), Sicario n’est peut-être pas la claque attendue, mais c’est dans le moindre des cas, un petit coup cinglant, soutenu par une écriture incisive et une efficacité éprouvée, dont la radicalité surprenante et assumée jusqu’au bout et sans détour, ne manquera de secouer le spectateur. Et chose plus rare, l’efficacité diabolique de cette plongée sombre à la maîtrise folle, ne compte pas que sur l’action pour se matérialiser à l’écran, ce qui vient inscrire quelque part, ce Sicario, dans la lignée spirituelle de Prisoners.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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4 commentaires à propos de “SICARIO de Denis Villeneuve : la critique du film [Festival de Deauville – Sortie Cinéma]

  1. J’aurais mis 7,5/10 😉
    Benicio est magique dans ce rôle. Il me fait penser un peu à Charles Bronson du temps de son âge d’or.
    Assez bien rythmé, hyper réaliste, Sicario nous happe dès le départ pour ne plus nous lâcher jusqu’au final. Final qui aurait mérité un leger développement supplémentaire.
    De même, quelques flashbacks succints, concernant le passé de Benicio ( femme et fille pour ne pas spoiler), aurait été appréciés pour appuyer sur sa détermination et son côté jusqu’au boutiste.
    2h de grand spectacle!
    À consommer sans modération. 😉

  2. C’est très bien d’être passionné et de vouloir partager sa passion. Par contre, si l’on veut faire du journalisme, je voys conseille de faire atrention à la ponctuation. Les , à la place des : cassent totalement le rythme des phrases, et la redondance de la faute la rend d’autant plus grave.

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