PIGGY – critique (thriller)

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note 5
Carte d’identité :
Nom : Piggy
Pères : Kieron Hawkes
Livret de famille : Paul Anderson (Piggy), Martin Compston (Joe), Neil Maskell (John), Louise Dylan (Claire), Joshua Herdman (Anthony), Roland Manookian (Craig), Ed Skrein (Jamie) …
Date de naissance : 2012
Majorité au : inconnue
Nationalité : Angleterre
Taille : 1h46
Poids : 900.000 $

Signes particuliers (+) : Un effort intéressant dans le sillage d’un nouveau cinéma anglais « hardboiled » mêlant thématiques sociales et ultra-violence dans un élégant thriller dramatique.

Signes particuliers (-) : Trop de maladresses dans un film qui a du mal à faire évoluer son script qui, par ailleurs, est handicapé par un secret de polichinelle indirect et jalousement gardé. Une partition musicale insupportable d’omniprésence et une gestion du rythme difficile.

 

MISTER PIGGY

Résumé : Joe est un peureux qui a du mal à s’adapter à la société. Son lien social vers l’extérieur, c’est son frère John, qu’il idolâtre. Mais John va être lâchement assassiné à la sortie d’un bar après une altercation avec une bande de délinquants. Aidé par le mystérieux Piggy, un ancien ami de John sorti de nulle part après le drame, Joe va vivre dans une croisade vengeresse et ultra-violente…

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L’INTRO :

Très attendu, très survendu aussi, Piggy était une grosse attente, un thriller psychologique hardcore britannique, premier film de son jeune metteur en scène, Kieron Hawkes, qui aura fait parler de lui au Royaume-Uni par son interdiction radicale aux moins de 18 ans ! Un film sombre à la lisière de l’horreur emmené par la bonne tête gentillette de Martin Compston (The Damned United, Alice Creed) mais aussi par le bluffant et terrifiant Paul Anderson (Sherlock Holmes, Passion – rien à voir donc avec le tâcheron hollywoodien) et Neil Maskell (Kill List). Un film d’hommes avec comme seul visage féminin, le blondinet visage de Louise Dylan, aperçue dans Lesbian Vampire Killer. Piggy est un tout petit budget de moins d’un million de dollars qui voit grand par ses envies de se muer en thriller intimiste torturé à mi-chemin du drame social. Un film qui vise un nouveau cinéma de genre plus intense et profond, un peu dans le sillage de celui de Ben Wheatley et justement son Kill List, même si les deux œuvres n’entretiennent aucun rapport thématique.

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L’AVIS :

On était impatient de découvrir ce brûlot anglais qui a fait le buzz outre-Manche. La déception aura malheureusement été à la hauteur des attentes. Piggy n’est pas un mauvais film, mais il peine à convaincre pleinement, handicapé d’emblée par un détail à l’importance très relative mais qui a vite le don d’agacer profondément : l’omniprésence de sa partition musique qui en devient très rapidement fatigante et énervante. Sur plus d’1h40 de métrage, elle doit couvrir au moins 1h20 de film et semble ne jamais vouloir s’arrêter ! Agaçant. Une maladresse que l’on mettra sur le compte de l’inexpérience de son réalisateur qui n’a pas encore une totale maîtrise dans son travail. Toutefois, Piggy, et son histoire de vigilante brutale, compte aussi sur des qualités évidentes. Une ambiance sombrement attirante, un script qui essaie de s’acoquiner à une certaine profondeur dramatique grâce à son personnage principal, le pauvre chétif et couard Joe (Compston), et une atmosphère qui nage élégamment entre les genres, traversant le drame noir, l’horreur (on est proche du torture porn sans jamais y entrer) et le thriller violemment réaliste. On pense à certaines bobines récentes comme l’australien The Horseman, ces films de genre qui ne le sont pas vraiment mais qui s’en approche par leur violence radicale. Furieux, rentre-dedans, Piggy essaie de s’ériger comme une boule de nerf qui fonctionne comme une cocotte-minute prête à exploser, avec un je-ne-sais-quoi de fantastique qui baigne son climat étrange. Kieron Hawkes, jeune auteur non sans talent, réussit son coup sur certains aspects, malheureusement contrariés par d’autres bien moins maîtrisés.

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Car dans le même temps, Piggy, avec son arc dramatique légèrement redondant, essaie de nous embarquer dans une virée psychologisante qui a ce petit don d’énerver en ce qu’elle s’acharne à préserver non sans maniérisme, un suspens rapidement éventé, un secret de polichinelle jalousement gardé mais décelable dès les 30-40 premières minutes, et que Hawkes fait durer et durer jusqu’au bout sans d’ailleurs le clamer ouvertement mais en restant dans un évasif mystérieux mais qui se trahit tout seul par son manque de finesse.  Avec sa fin aux multiples interprétations possibles, il en est une qui semble évidente compte tenu de la teneur de l’histoire, mais qui n’est pas affirmée pour rester dans le diégétiquement inexpliqué laissant une ouverture à une solution de fin personnelle. Sauf qu’en toute cohérence, la seule plausible est celle comprise depuis bien trop longtemps, rendant le film du coup aussi creux qu’une coquille vide. Piggy perd alors de son intérêt au-delà du statut de petite bombe sanglante et énervée dans lequel il essaie de se draper.

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Avec son duo antithétique et sa vision noire de la violence irraisonnée d’une société anglaise en pleine déliquescence, Piggy est une sorte d’uppercut manqué, un film qui frôle le menton et déstabilise un peu sans réussir toutefois à vous envoyer au tapis, s’explosant ainsi au retour de coup critique alors qu’il est encore branlant sur ses jambes après son attaque portée. Si techniquement il vaut le coup d’œil pour sa magnifique photo, son élégante image, et ses velléités d’œuvre fulgurante et socialisante, il ne parvient pas dans le même temps à convaincre pleinement, d’autant que son sens du rythme n’est pas toujours très adroitement géré (quelques longueurs à prévoir) et qu’il souffre d’une absence de réelle progression dramatique une fois son univers installé. Reste toutefois un petit film mineur et hésitant mais aléatoirement intéressant, qui sans être imparfait, peut valoir le coup d’œil pour certaines de ses qualités et pour son alternative aux nombreux métrages de genre racoleurs.

Bande-annonce :

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