PERVERT! (critique)

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Carte d’identité :
Nom : Pervert!
Parents : Jonathan Yudis
Livret de famille : Mary Carrey, Sean Andrews, Darrell Sandeen, Juliette Clarke, Sally Jean, Candice Hussain…
Date de naissance : 2005
Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 1h21 – 50.000 $

Signes particuliers (+) : Un hommage fendard aux films de Russ Meyer. Complètement fêlé et déjanté avec des idées venues d’outre-espace. Bourré d’humour et de gags potaches.

Signes particuliers (-) : Le concept finit par tourner en rond, de même que le style, l’humour etc…

 

PETIT BUDGET POUR GROS NICHONS

Résumé : James rend visite à son père Hezechia pour les vacances, dans sa ferme en plein désert. Le vieil homme, obsédé sexuel lubrique, vit avec une prostituée, Cheryl, qu’il paye pour qu’elle joue le rôle de sa compagne. Mais des meurtres sadiques ont lieu. James suspecte son père d’autant que ce dernier réalise d’étranges œuvres d’art à base de viande…

Il est des films laissant pantois, sans voix, avec cette impression d’avoir traverser un tunnel nous ayant emmené dans une sorte d’univers parallèle où rien ne ressemble au nôtre. Pervert! est de ceux-là. Et la santé mentale de Jonathan Yudis d’être sérieusement à remettre en question tant ce trip hallucinatoire venu d’un autre monde semble tout droit sorti du crâne timbré d’un cinéaste devant envisager de calmer la drogue. Film indépendant confidentiel à très petit budget (50.000 dollars) Pervert! n’a en fait rien d’un film mais serait plutôt à ranger au rayon des délires barrés.

Difficile de résumer ou d’expliquer l’expérience que constitue le film de Yudis tant sa singularité est son principal argument et constituant premier. Trip cartoonesque mêlant hommage à Russ Meyer, délire à la Benny Hill et culture potache à la Troma, il se targue d’afficher un non-sens de chaque instant. Pêle-mêle, Pervert! mélange une vague histoire de retrouvailles entre un fils débile et son vieux pervers de père taré, vivant avec une prostituée se baladant sans raison apparente seins à l’air à peu près tout le temps, une fumeuse intrigue de meurtres sauvages causés par un sexe vivant se détachant du corps de son propriétaire. S’ajoute à cela, de brèves saynètes en forme d’interludes où des femmes dansent à poil dans le désert (dont une mystérieuse femme shaman), un garagiste néo-nazi gay, des repas à base d’épis de maïs mangés comme une bonne fellation en bon et due forme, une infirmière retors et perverse brûlant ses patients obsédé à la cigarette pour les calmer, des œuvres d’art en bacon et bifsteak, un sorcier vaudou criant par intermittence, des serpents en plastique agités à la main…


Bref, Pervert! est un grand n’importe quoi prétexte à filmer des nichons très volumineux et des paires de fesses à gogo (les scènes où la porno star Mary Carey s’enduit les seins de miel ou conduit habillée mais seins hors de sa robe laissent perplexe) le tout dans un enrobage totalement décalé et déjanté mêlant les références et emprunts pastichés. Sur des bruitages à la Benny Hill, Yudis fait des clins d’œil à U Turn ou au Natural Born Killer d’Oliver Stone, au Frissons de Cronenberg mais surtout au déviant Russ Meyer, première et évidente inspiration d’un film hommage foutrarque, comble du portnawak cinématographique. Si l’expérience se veut amusante, si certains gags sont hilarants (fort reconnaître), autant dire clairement que ce délire underground de la contre-culture américaine est quand même assez vite saoulant pour quiconque attend un minimum d’exigence cinéphilique. Car on surnage en pleine indigence mais il semble rapidement évident que le but n’était pas à la grande œuvre de cinéma mais tout le contraire, au grand n’importe quoi fourre-tout à base d’absurde, de gore, de rock et de sexe non sans perversité loufoque. Tout est donc affaire d’attente pour au final, soit une bouse infâme, soit un chef d’œuvre déjanté. En tout cas, un film unique (heureusement d’ailleurs) pour amateur d’underground kitsch et déviant assumé et de plastiques pulpeuses filmées en contre-plongée pour bien faire ressortir l’énormité de certaines courbes. Pervert! ne se prend jamais au sérieux (de toute façon, ce serait râpé) et se consomme avec l’idée que l’on se lance dans un ovni bien spécial. Mais attention, mieux vaut être un tant soit peu bourré avant, l’affaire trash passe mieux et se révèle bien plus drôle !

Bande-annonce (tout sein ici masqué étant bien sûr à découvrir dans le film…):

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