PEARL HARBOR (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : Pearl Harbor
Père : Michael Bay
Livret de famille : Ben Affleck (McCawley), Kate Beckinsale (Evelyn), Josh Hartnett (Walker), William Lee Scott (Billy), Alec Baldwin (Doolitlle), Jaimie King (Bettie), Jon Voigt (Roosevelt), Cuba Gooding Jr (Miller), Tom Sizemore (Earl), Jennifer Garner (Sandra), Dan Aykroyd (Thurman), Scott Wilson (Marshall), William Fitchner (le père de Danny)…
Date de naissance : 2001
Nationalité : Etats-Unis
Taille/Poids : 3h03 – 140 millions $

Signes particuliers (+) : L’attaque de Pearl Harbor reconstituée avec de gros moyens.

Signes particuliers (-) : Une nanar de luxe, romance en guimauve friquée alternant le ridicule et le débile. Le pire et le plus interminable des M. Bay.

 

FILM KAMIKAZE COULANT À PIC

Résumé : Un pan de la Deuxième Guerre Mondial et notamment l’attaque surprise de l’armée japonaise sur la base militaire américaine de Pearl Harbor vu au travers des récits des soldats Rafe McCawley et Danny Walker…

Parce que simplement en rire ne serait pas un argument suffisant pour qualifier ce Pearl Harbor, nouveau méfait de Michael Bay après son inégal Armageddon, que dire du coup ?

Le cinéaste qui a toujours affiché son goût pour les « militaire-ries » grandiloquentes s’attaque à l’un des traumatismes de l’histoire américaine, l’attaque qualifiée de « lâche » outre-atlantique, de la base asiatique de Pearl Harbor par l’armée japonaise et ses célèbres avions kamikazes fonçant dans un sens suicidaire du devoir sur les installations et porte-avions US.

Et première surprise, Bay ne fait pas vraiment du Bay habituel. Plutôt lisible, délaissant son style de montage ultra-cuté insupportable pour privilégier une recherche du lyrisme, cette épopée épique laissait augurer du bon… sur le papier. Car finalement, on se demande rapidement si l’on ne préfèrerait pas que Bay fasse du Bay au contraire. Car clairement, on n’y gagne pas au change !

Si le grand moment tant attendu de l’attaque guerrière, qui comme dans tout film fleuve vient assez tardivement, se révèle efficace fort d’une mise en scène honorable, il faut voir pour le croire ce que l’on est obligé de se taper pour profiter de ce moment intense. En lieu et place du film de guerre espéré, Bay nous pond une romance atroce de mièvrerie, véritable guimauve affligeante de bêtise. Concurrent sérieux au titre de « nanar de luxe » des années 2000, le cinéaste texan tente de renouer avec la grande tradition hollywoodienne d’antan des grosses machines de guerre lyrique fleuve. Mais à trop vouloir donner à son film un cachet légèrement rétro et passionné, exaltant les moindres valeurs et sentiments, Bay offre un immense moment de connerie incroyable fourmillant de scènes à l’esthétique aussi ringarde et beauf que dépassée. Entre les séquences faussement émouvantes sur fond de coucher de soleil, les ralentis incessants ridicules, les scènes d’amour rappelant les pires pubs pour des parfums Dior ou la BO insupportable, Pearl Harbor est un condensé caricatural d’un ancien cinéma comme si Bay n’avait jamais compris ce qui faisait la force des puissants classiques du grand âge d’or hollywoodien dont il s’inspire (et ceux de Spielberg au passage, qu’il pompe ça et là). Sirupeux au possible, cliché de la première à la dernière minute, on savait Bay capable de pires tortures pour cinéphile, il prouve là en sortant la grosse artillerie lourde qu’il pouvait descendre encore plus bas qu’on ne le pensait par une sous-bouse infâme et débilitante convoquant plus le rire (même pas gêné) que l’émotion poignante. On frôle la parodie.

Bande-annonce :

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