MANCHESTER BY THE SEA de Kenneth Lonergan : la critique du film
Sortie cinéma

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note 3 -5
Carte d’identité :
Nom : Manchester by the sea
Père : Kenneth Lornegan
Date de naissance : 2016
Majorité : 14 décembre 2016
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h15 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Casey Affleck, Michelle Williams, Kyle Chandler, Lucas Hedges, Gretchen Mol, C.J. Wilson…

Signes particuliers : Un drame qui s’applique peut-être un peu trop à être « bouleversant », au point de ne plus l’être.

LES MOUCHOIRS SONT DE SORTIE

LA CRITIQUE DE MANCHESTER BY THE SEA

Résumé : Manchester By the Sea nous raconte l’histoire des Chandler, une famille de classe ouvrière, du Massachusetts. Après le décès soudain de son frère Joe (Kyle Chandler), Lee (Casey Affleck) est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick (Lucas Hedges). Il se retrouve confronté à un passé tragique qui l’a séparé de sa femme Randi (Michelle Williams) et de la communauté où il est né et a grandi. manchester-by-the-sea-casey-affleck-lucas-hedges-promoPassé son succès à Sundance puis au London Film Festival, Manchester by the Sea n’a de cesse de faire parler de lui alors qu’une hype grandissante en fait déjà l’un des favoris pour les prochains Oscars, l’excellent Casey Affleck trustant notamment la tête des pronostics pour la statuette du Meilleur Acteur. Troisième long-métrage en tant que réalisateur de l’ex-scénariste Kenneth Lonergan (Gangs of New York, Mafia Blues), Manchester by the Sea est un drame douloureux sur le deuil, l’histoire d’un homme apprenant le décès de son frère, victime d’une maladie cardiaque. Revenant dans sa petite ville natale de Manchester (aux Etats-Unis) pour s’occuper des formalités et de son neveu, désormais orphelin, Lee Chandler va devoir affronter à la fois le poids de la perte d’un être cher, mais également ses propres démons nés dans un passé tragique qui l’avait amener à fuir son ancienne vie. Préparez les mouchoirs, Manchester by the Sea promet un déluge d’émotions, accompagnées d’un possible torrent de larmes.manchester-by-the-sea-3Manchester by the Sea est un film étrange, œuvre polymorphe tiraillée entre les deux visages qu’elle arbore et qu’elle tente de conjuguer de manière à la fois complémentaire et contradictoire. D’un côté, il est un film se rapprochant d’une certaine conception du cinéma d’auteur, visant une apparente épure pénétrant en profondeur dans son récit en s’abandonnant à la chronique délicate, loin des codes des gros mélodrames hollywoodiens aux clichés usités. Comme pour mieux aller gratter des sentiments justes et non les faire naître dans le toc d’une œuvre aux intentions préfabriquées. De l’autre, il est aussi un film lorgnant grandement vers le pathos, utilisant tout ce qu’il peut utiliser, pour faire couler de chaudes larmes affluant d’un sujet douloureux et appuyant sans cesse sur ce qu’il faut pour parvenir à ses fins. Un peu comme ce cinéma hollywoodien dont il semblait justement s’éloigner et s’inscrire en faux. Lonergan met ainsi dos à dos, une ambiance sourde au réalisme poignant et viscéral accompagné de plans d’une puissante humanité et cherchant à extirper des émotions profondes et authentiques, et parallèlement, des ressorts presque trop faciles, comme ce recours incessant à une musique omniprésente, souvent du classique appuyé, soulignant sans cesse ce qui n’a pas forcement besoin de l’être. Subtil par moments quand il parvient à réellement se concentrer sur ses personnages écorchés vifs pour mieux transmettre avec véracité leurs états intérieurs, Manchester by the Sea peut étrangement manquer de finesse dans la foulée d’une séquence réussie, et dérive parfois doucement vers des horizons qui lui feraient presque oublier son essence première, pouvoir se revendiquer d’un style intimiste, solaire et différent.manchester-by-the-sea-4Sans avoir la tonalité d’une guimauve indigeste au sentimentalisme sirupeux mais s’égarant parfois dans la maladresse en sur-signifiant son sujet aux allures d’imposant véhicule lacrymal, Manchester by the Sea fait mouche et bouleverse par intermittence. L’intermittence est d’ailleurs ce qui le caractérise le mieux et à tous les niveaux. Capable d’être aussi brillant qu’à côté de ses chaussures, capable d’être aussi sensible qu’hermétique, capable d’être magnifiquement interprété comme de sonner faux (notamment dans certains dialogues, postures, gestuelles, entrées et sorties de champ), Manchester by the Sea est une réussite en demi-teinte ou un échec attachant. C’est selon si l’on préfère voir la coupe à moitié vide ou à moitié pleine. Une chose est sûre, l’ensemble fonctionne, pas aussi bien qu’il ne l’aurait pu avec davantage de subtilité, une meilleure maîtrise de sa construction éclatée ou des choix plus radicaux, mais ça fonctionne.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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