MAN DOWN de Dito Montiel : la critique du film [Blu-ray]
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Carte d’identité :
Nom : Man Down
Père : Dito Montiel
Date de naissance : 2017
Majorité : 1er décembre 2017
Type : Sortie Blu-ray
Nationalité : USA
Taille : 1h35 / Poids : NC
Genre
: Thriller, Drame, Guerre

Livret de famille : Shia LaBeouf, Kate Mara, Jai Courtney…

Signes particuliers : Un film moyen qui se rattrape sur sa fin.

SHIA LABEOUF TIENT DEBOUT

LA CRITIQUE DE MAN DOWN

Résumé : De retour d’une opération traumatisante en Afghanistan, Gabriel Drummer, membre du corps des Marines, découvre une Amérique complètement dévastée. En son absence, la guerre a traversé les frontières : le chaos règne partout sur le territoire et ceux qui ont survécu sont livrés à eux-mêmes. Alors que plus aucun espoir ne semble permis, Gabriel va tout tenter pour retrouver sa femme et son fils restés au pays. 

On avait quitté Dito Montiel sur un effort en demi-teinte, on le retrouve sur un nouveau long-métrage au résultat similaire. Il y a trois ans, le réalisateur offrait à Robin Williams son ultime rôle au cinéma avec l’émouvant Boulevard, chronique mélancolique d’un homme désabusé en pleine crise identitaire et existentialiste. Aujourd’hui, le cinéaste tente de réanimer la carrière poussive du perché Shia LaBeouf avec Man Down, thriller post-pocalyptique et drame de guerre tournant autour d’un soldat revenu d’Afghanistan et déambulant dans une Amérique en ruines, à la recherche de sa famille. Du moins, ça c’est pour le pitch très basique car l’intrigue de Man Down est plus complexe que cela, le film se raccrochant à une construction éclatée évoluant sur quatre temporalités différentes pour reconstituer un puzzle chargé en mystères.

Avec Man Down, Dito Montiel fait des choix très marqués, narratifs comme esthétiques, mais aucun ne s’avère pleinement payants. Narratif d’abord, comme quand il se lance dans un récit à la construction bouleversée alternant quatre périodes agencées selon des allers et retours bondissant entre passé(s) et présent. Esthétique, comme le parti pris de cette photo sur-exposée, travaillée dans des teintes très (trop) éclairées  à la colorimétrie grisâtre sans relief. Malheureusement, le cinéaste ne parvient à réellement maîtriser ses intentions, et ses partis pris radicaux se retournent un à un contre lui. Côté script, Man Down peine à tirer le meilleur de son écriture non-linéaire. Montiel nous balade entre quatre moments clés, trois dans le passé et un dans un présent… très futuriste. Dans le passé, il y a cet entretien avec un officier à la suite d’un « incident », entretien qui permet en flash-back, de revenir sur l’entraînement et le départ à la guerre, puis sur un épisode tragique sur le terrain. Dans le futur, on a cette Amérique délabrée, et notre héros qui évolue dans ce monde post-apocalyptique à la recherche de sa famille disparue. L’image est délavée, cafardeuse, filtrée comme si l’on avait coché l’option « blafard » sur Instagram. Man Down, affublé de cet esthétisme peu agréable, avance alors doucement, dans une confusion plus gênante que vraiment intrigante et l’on ne comprend ou veut en venir Montiel (pas Bernard hein). D’autant qu’il ne montre rien de bien original, ni côté « film de guerre » sur le bourbier en Afghanistan, ni côté « thriller post-apocalyptique » avec cette Amérique en ruines avec un univers manquant d’ambitions et de moyens.

Mais bizarrement, alors que l’on est à deux doigts de se désintéresser de la chose, le salut de Man Down viendra sur la fin, quant il surprendra enfin au terme d’une traversée du désert très nonchalante. Alors que le film abat ses cartes dans son dernier acte, dévoilant enfin les tenants et les aboutissants de son puzzle jusqu’alors brumeux, l’effet fonctionne. Le propos révélé n’est pas observé avec une grande finesse, bien au contraire, mais Montiel parvient à faire naître de l’émotion alors que tout son Man Down se transforme en drame poignant sur le stress post-traumatique de ces soldats revenus de l’enfer et forcés de mener plusieurs batailles de front, celle sur le terrain, celle de l’éloignement de leur famille, et celle de la réinsertion. On n’entrera pas dans les détails pour préserver le suspens mais une chose est sûre, Man Down se réévalue à la lumière de ce dernier tiers qui lui apporte un nouvel éclairage, et une lecture soudainement plus intéressante. Reste que l’on est toujours un peu dubitatif sur ce genre de film-concept qui finalement, n’embarque le spectateur qu’à la faveur d’un coup d’éclat final, lequel remonte le niveau sans toutefois faire oublier les tares précédemment reprochables. En tout cas, après avoir erré dans un certain chaos narratif que l’on croyait peu maîtrisé, Man Down se rattrape au gré de ses rebondissements de fin qui lui donnent du sens et ouvrent la voie à un propos intéressant, abordé de manière métaphorique. En dehors de sa façon de faire plutôt originale, le film de Dito Montiel n’apporte cela dit rien de plus à sa thématique, moult fois traitée par le passé avec bien plus d’intelligence. Mais l’effort est louable, le film regardante comme un sympathique petit DTV dont on n’attend rien, et la performance remarquable de Shia LaBeouf mérite le coup de projecteur.

BANDE ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

 

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