LOCK OUT (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : LockOut
Parents : James Mather et Stephen St. Leger
Livret de famille : Guy Pearce (Snow), Maggie Grace (Emilie Warnock), Joseph Gilgun (Hydell), Vincent Regan (Alex), Peter Stormare (Langral), Lennie James…
Date de naissance : 2012
Nationalité : France
Taille/Poids : 1h36 – 30 millions $

Signes particuliers (+) : Un effort de divertissement spectaculaire à la ricaine made in France, pays du fromage, des bérets et des comédies. Décomplexé.

Signes particuliers (-) : Un peu trop décomplexé même. Un script basique et prévisible écrit en 3 min. chrono. Des improbabilités comiques. Bourrin mais sans saveur.

 

DANS UN CINÉMA, PERSONNE NE VOUS ENTEND HURLER…

Résumé : Une grave mutinerie se déclenches sur la station orbitale MS-1, prison futuriste où les criminels sont placés en coma artificiel appelé « stase ». Ce nouveau système carcéral test devant encore faire ses preuves avait été conçu justement pour éviter ce genre de situation mais tout vrille lors d’un malheureuse visite de la fille du Président américain, Emilie Warnock. Pour la sortir des griffes de 500 prisonniers ultra-dangereux, l’agent Snow, en délicatesse avec sa hiérarchie et risquant la prison lui-même, est envoyé sur place et chargé de s’infiltrer dans les lieux.

Nouvelle production ambitieuse et internationale made in EuropaCorp supervisée en partie par notre bon vieux Luc Besson, Lock Out est un produit calibré dans la droite lignée de la recette des récents Colombiana, From Paris With Love et autre Taken. En clair, un budget plutôt confortable de 30 millions d’euro, de jeunes talents derrière la caméra, un scénario simple et basique, des stars internationales (Guy Pearce et Maggie Grace vue dans la série Lost en têtes d’affiche, entourées de Peter Stormare ou Lennie James découvert dans la série Jéricho et Joseph Gilgun, excellent dans la saison 3 de la série anglaise The Misfits…) et roulez jeunesse. Pour le contenu, c’est assez direct que simple aussi, de l’action, de l’humour, du fun mais surtout de l’action (ah bon, déjà dit).

Le binôme irlandais de metteurs en scène à la barre aura mis six mois à rédiger le script de ce Lock Out, ce qui paraît étonnant puisqu’il semblerait pourtant avoir torché en trois jours, à l’arrache, au détour d’un coin de bureau. Mais bon, certains ont besoin visiblement de plus de temps que d’autres à travail égal. Car cette dernière production estampillée Besson ne s’embarrasse pas de détails et ne fait pas dans le recherché. Mêlant New York 97 et Fortress 2, Lock Out repose avant tout sur un pitch des plus cons et des plus simplistes et ne développe pas grand-chose, se contentant d’aligner les clichés dans un récit très conventionnel ne cherchant pas midi à quatorze heures. La marque Besson en somme : plus c’est con, mieux c’est. Du moins, c’est ce qu’il semble croire avec ces diverses séries B qui déboulent de ses murs ces temps-ci et qui généralement se plantent en beauté d’ailleurs, aussi bien en France qu’à l’International. Ambitieux le gros Luc ? Oui. Il aimerait tant devenir une usine à séries B funs et décomplexées mais la qualité est rarement au rendez-vous et le pire, c’est que ça se sent à 20.000 avant même que l’on entre dans la salle.

Le duo Mather et St. Leger ne se fait donc pas bien chier sur l’affaire et mène leur barque sans vraiment se creuser le bulbe pour proposer une histoire un brin réfléchie allant au-delà des apparences. Les deux metteurs en scène, découverts après un court-métrage remarqué (Prey Alone) se lancent tête baissée dans la réalisation d’un actionner en forme de huis clos efficace et on ne peut plus basique où un agent des services secrets se confronte à 500 prisonniers pour sortir la fille du Président d’une mauvaise passe. En clair, un mec baraqué va devoir se bastonner avec des gars patibulaires et fêlés pour sauver une belle un tantinet insupportable mais finalement « attachiante ». Au programme du coup, action et action avec un grand renfort d’humour très typique de l’esprit eighties où le gentil héro un peu bourru, solitaire et cynique est avant tout un marrant qui se bagarre en lançant des vannes à tour de bras. Die Hard, vous dîtes ? Bruce Willis ? Ah oui, c’est pas faux.

Lock Out fait passer son moment et comme certaines des prod Besson, amuse et essaie d’envoyer le bois en mélangeant coups de tatane et tranche de rigolade sans chercher à péter plus haut que son cul. L’affaire marche mais reste bien creuse en substance devant la bêtise (assumée ?) de la chose. Clairement, on ne passe pas un grand moment de cinéma et Lock Out est un bien piètre film. Mais rythmé, divertissant et presque agréable si l’on débranche son cerveau pour profiter d’un spectacle satisfaisant les plus bas instincts, on pourra y trouver son compte, d’autant plus si l’on fait abstraction de la nullité de certains effets spéciaux conçus avec des moufles (la séquence en moto sur l’autoroute va si vite que l’on a du mal à réaliser s’il s’agit d’animation sortie d’un vieux jeu vidéo sur playstation mais en tout cas, elle est bien laide visuellement). Souvent complètement débile voire alignant des scènes incongrues tout droit venues d’un Christophe Lambert (depuis Fortress 2, on ne nous avait plus fait le coup de la sortie dans l’espace à l’arrache mais celle de Lock Out vaut son pesant de cacahuètes dans le genre « passage nanardesque hilarant d’improbabilité »).

Qu’on se rassure, Luc Besson est toujours là pour assurer le spectacle avec des produits d’une bêtise effarante. Lock Out vient perpétuer la tradition. C’est crétin et avec un second degré, on peut presque y passer un moment de détente agréable en, tour à tour, se marrant soit des vannes soit de la connerie du truc, soit en profitant d’un Guy Pearce tout muscle dehors qui fracasse de la tête de plouc pour les beaux cheveux coiffés avec Elsève d’une blondinette mignonne. Finalement, il va finir par nous attendrir le gros Luc avec ces âneries. C’est pas le haut du panier mais bon, en n’étant pas trop difficile… Bon, c’est naze en fait. Mais presque rigolo aussi.

Bande-annonce :

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