LES FANTÔMES D’ISMAËL d’Arnaud Desplechin : la critique du film [Cannes 2017]
Sortie cinéma / Festival de Cannes

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les fantomes d'ismaelMondomètre
note 3.5 -5
Carte d’identité :
Nom : Les fantômes d’Ismaël
Père : Arnaud Desplechin
Date de naissance : 2016
Majorité : 17 mai 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h54 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Mathieu Amalric, Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg, Louis Garrel, Alba Rohrwacher, Hippolyte Girardot…

Signes particuliers : Desplechin fait l’ouverture du 70ème festival de Cannes avec du pur Desplechin.

QUAND LES TOURMENTS DU PASSÉ RESSURGISSENT…

LA CRITIQUE DE LES FANTÔMES D’ISMAËL

Résumé : À la veille du tournage de son nouveau film, la vie d’un cinéaste est chamboulée par la réapparition d’un amour disparu…les_fantomes_d'ismael_4Deux ans après le succès critique de Trois Souvenirs de ma Jeunesse, Arnaud Desplechin est déjà de retour avec une neuvième œuvre réunissant (encore) plusieurs grands talents du cinéma français. Matthieu Amalric (son acteur fétiche), Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg et Louis Garrel se partagent l’affiche du drame Les Fantômes d’Ismaël, présenté en ouverture de la nouvelle édition festival de Cannes.les_fantomes_d'ismael_3Comme souvent chez Desplechin, une étrange forme de confusion narrative maîtrisée, enrobe un récit aux nombreuses ramifications. Comme souvent chez Desplechin, l’aspect théâtralisé de l’expression tient un film au carrefour des arts. Et comme souvent chez Desplechin, un pouvoir de fascination des images et des dialogues coexiste avec un certain hermétisme difficile à percer dans l’immédiate instantanéité de la projection. De fait, Les Fantômes d’Ismaël agacera autant les détracteurs du cinéaste, qu’il n’envoûtera ses plus fervents admirateurs. A travers cette histoire de résurgence d’un amour perdu, dans la vie d’un homme instable qui a réussi à trouver l’apaisement au contact d’une relation saine, Arnaud Desplechin développe toute une réflexion sur la présence aliénante du passé dans notre présent, et les démons qu’il engendre. Le tout en parlant d’art, d’amour, de famille et de la vie, ses axes de toujours. Une fois encore, le réalisateur fait ce qu’il aime faire, déconstruire son récit, multiplier les intrigues parallèles et parasites, jouer avec la fantasmagorie pour mieux réinventer le conte mélancolique romanesque, coupler le verbeux littéraire et l’image fiévreuse, et élaborer une œuvre vertigineuse dans laquelle on peut autant se perdre que se retrouver.les_fantomes_d'ismael_1Cherchant l’envoûtement mélancolique à travers sa lancinante et orageuse agitation, Les Fantômes d’Ismaël bénéficie autant de la rigueur propre au cinéma de Desplechin, qu’il n’agace par la répétition de motifs que l’on sent plus forcés que d’ordinaire, comme si la marginalité de son auteur était devenue une sorte de marque de fabrique déployée de manière artificielle. Sur la longueur, Les Fantômes d’Ismaël perd un peu de son pouvoir obsédant et tend à énerver car son parfum de mystère si séduisant, se perd dans les dédales d’un film sur-élaboré et sur-composé, notamment quand le cinéaste fait intervenir Paul Dédalus, ce personnage récurrent et presque extra-diégétique, qu’il aime à retravailler de film en film et qui intervient ici en marge de l’histoire première, dans un délire fictionnel symbolique. Et progressivement, de se déliter l’art de la sur-construction maîtrisée, pour tomber dans la déconstruction cacophonique. Reste un film fascinant par intermittence, et des comédiens en état de grâce.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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