L’ENQUÊTE de Vincent Garenq
Critique – Sortie Ciné

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note 6 -10
Carte d’identité :
Nom : L’Enquête
Père : Vincent Garenq
Date de naissance : 2013
Majorité : 11 février 2015
Type : Sortie Ciné
Nationalité : France, Belgique
Taille : 1h46 / Poids : 7,9 M€
Genre : Thriller, Drame

Livret de famille : Gilles Lellouche (Denis Robert), Charles Berling (Renaud van Ruymbeke), Laurent Capelluto (Imad Lahoud), Florence Loiret-Caille (Géraldine), Christian Kmiotek (Hempel), Gregoire Bonnet (Laurent), Antoine Gouy (Florian Bourges), Eric Naggar (Gergorin), Gilles Arbona (Rondot), Hervé Falloux (De Villepin)…

Signes particuliers : L’affaire Clearstream, l’une des plus gros scandales médiatiques de ces dernières années, affaire qui aura éclaboussée toutes les strates de l’état, est portée au cinéma par le réalisateur de Présumé Coupable à travers l’enquête du journaliste qui a tout déclenchée.

EN IMMERSION DANS « L’AFFAIRE DES AFFAIRES »

LA CRITIQUE

Résumé : 2001. Le journaliste Denis Robert met le feu aux poudres dans le monde de la finance en dénonçant le fonctionnement opaque de la société bancaire Clearstream. Sa quête de vérité pour tenter de révéler « l’Affaire des affaires » va rejoindre celle du juge Renaud Van Ruymbeke, très engagé contre la corruption. Leurs chemins vont les conduire au cœur d’une machination politico-financière baptisée « l’affaire Clearstream » qui va secouer la Vème République.441559.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxL’INTRO :

Pour le grand public, l’affaire Clearstream est devenue au film des années une sorte de souvenir opaque dont on aura retenu qu’il s’agissait d’une histoire de malversations financières, de corruption, d’hommes politiques et de ventes d’armes. Les détails et les enjeux précis se sont noyés dans une masse d’informations complexes mêlées au reste de l’actualité, et peu les auront vraiment bien saisi dans toute leur ampleur. Au final, restent essentiellement des généralités loin de l’arborescence de cette affaire tentaculaire aux ramifications tentaculaires. Sur la base de l’enquête et des écrits de Denis Robert, ex-journaliste de Libération qui aura fait éclater la sale affaire avec ses recherches dérangeantes, avant d’être éclaboussé lui-même par les conséquences surpuissantes de tsunami qu’il aura initié, le réalisateur Vincent Garenq (avec l’aide de Stéphane Cabel, scénariste du Pacte des Loups ou du Concile de Pierre) tire un thriller journalistico-politique s’immergeant pleinement dans le scandale, « l’affaire des affaires », qui aura défrayé la chronique médiatique en 2001. C’est l’acteur Gilles Lellouche qui endosse les habits du journaliste Denis Robert, Charles Berling jouant quand à lui le juge Renaud Van Ruymbeke.545268.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

L’AVIS :

Et si Vincent Garenq était en train de s’imposer comme le spécialise des transpositions sur grand écran, de grands faits divers ou affaires marquantes. Après Présumé Coupable il y a quatre ans (sur l’affaire d’Outreau avec Philippe Torreton) et en attendant Kalinka (avec Daniel Auteuil sur l’affaire Bamberski-Krombach), le cinéaste signe avec L’Enquête, un véritable pari cinématographique, mine de rien fort courageux. Celui de parvenir à mettre en images et de retranscrire l’une des affaires les plus difficiles et compliquées jamais suivies dans les médias. 487054.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Thriller journalistico-financier solide, intéressant et documenté, L’Enquête est un drame bien ficelé et suffisamment captivant pour tenir en haleine malgré son sujet pas des plus sexy sur le papier. L’Enquête permet surtout de condenser la trop nébuleuse affaire Clearstream pour nous en donner un aperçu de sa généralité dans une version simplifiée, ramenée à hauteur d’yeux de « méconnaisseurs ». Avec beaucoup de doigté et d’agilité scénaristique, Vincent Garenq s’applique avec un esprit ludique et synthétique, à nous présenter cette affaire ultra-médiatisée en son temps, en l’expliquant avec le plus de clarté possible. Par souci de sérieux et de crédibilité, le réalisateur essaie inlassablement de trouver le juste milieu entre le récit fidèle mais simplifiée, intelligible pour tous sans pour autant tomber dans le « Clearstream pour les Nuls ». Juste et méticuleux, le cinéaste s’en sort du mieux qu’il pouvait, même si parfois, sa tentative louable viendra se heurter aux limites d’un sujet qui, même décomplexifiée, reste tout de même très tortueux en raison de sa densité. 452087.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Fort d’un très bon Gilles Lellouche, d’une mise en scène factuelle mais efficace, et d’une narration exigeante mais qui sait s’adapter, l’exercice de Vincent Garenq se suit sans déplaisir, comme une enquête suscitant puis cultivant en permanence l’intérêt. Mais au-delà de son récit judiciaire, L’Enquête laisse surtout le spectateur avec un amer constat entre les mains. Un constat que tout le monde sait déjà : les puissants gagnent toujours, les plus faibles perdent toujours, et la justice est souvent sacrifiée au profit du pouvoir et d’intérêts dominants. L’Enquête clame des choses dont on a tous conscience et narre le déroulé d’une injustice évidente. Mais même s’il enfonce des portes ouvertes en dénonçant ce triste cynisme qui englue notre société actuelle, qu’importe, cela permet de les empêcher de se refermer. C’est toujours ça de pris et c’est fait avec savoir-faire.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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