LA DERNIÈRE MAISON SUR LA PLAGE de Franco Prosperi
Critique – Sortie DVD/Blu-ray

Partagez cet article
0 votes

Derniere-Maison-plage-le-passeur-critique-afficheMondo-mètre
note 5.5 -10
Carte d’identité :
Nom : La Settima Donna
Père : Franco Prosperi
Date de naissance : 1978
Majorité : 03 février 2015
Type : Sortie en DVD
Nationalité : Italie
Taille : 1h26 / Poids : NC
Genre : Thriller, Horreur, Drame

Livret de famille : Florinda Bolkan (Christine), Ray Lovelock (Aldo), Flavio Andreini (Walter), Sherry Buchanan (Elisa), Stefano Cedrati (Nino), Laura Tanziani (Lucia), Laura Trotter (Claudia), Luisa Maneri (Matilde)…

Signes particuliers : Une bisserie italienne à ranger dans la section « rape & revenge », exploitant le filon La Dernière Maison sur la Gauche en cherchant à se vendre comme « pire ».

LE DERNIER FILM SUR LA GAUCHE… DE L’ÉTAGÈRE

LA CRITIQUE

Résumé : Après le braquage d’une banque, trois malfrats tombent en panne de voiture. Contraints de se réfugier dans une villa en bord de mer, ils vont se trouver face à un groupe de jeunes filles répétant là une pièce de théâtre. En planque le temps de trouver une solution, les trois brutes vont faire subir les pires atrocités à leurs otages. Lesquels, le moment venu, sauront se venger à la hauteur de leur violence.Capture d’écran 2015-02-01 à 21.33.57L’INTRO :

Spécialiste de la récupération des succès de son homologue américain, le cinéma italien des années 70 et 80 fourmillent de pépites bisseuses plus ou moins connues, qui ravissent depuis tant d’années les amateurs de cinoche de genre. L’éditeur Artus Films, spécialisé dans le créneau depuis des lustres, et qui au passage fête cette année ses dix ans d’existence, s’acharne à les faire revivre avec passion et délicieuse cinéphilie underground. Après nous avoir ressorti une pelletée de joyaux, transalpins ou ibériques, comme La Mariée Sanglante, Supercargo contre Diabolikus, La Planète des Vampires, Horreurs Nazies et on en passe des vertes et des pas mûres, Artus Films commence l’année 2015 en grande pompe avec La Dernière Maison sur la Plage, un titre français qui fleurait bon la récupération pas du tout discrète. Dans la foulée du désormais culte La Dernière Maison sur la Gauche de Wes Craven, sorti en 1972, le cinéma italien a tenté de s’engouffrer dans la vague de ces films chocs à mi-chemin entre le rape and revenge et le thriller soft-érotique. Si l’on retiendra surtout de ces « méfaits » le très bon La Maison au Fond du Parc de Ruggero Deodato avec David Hess (1980), bien plus qu’un triste Vacanze per un Massacro de Fernando Di Leo (pour ne citer que lui), sorti en 1979, reste le cas La Settima Donna de Franco Prosperi alias La Dernière Maison sur la Plage. Un film typique, avec tous les codes du registre, des braqueurs qui s’incrustent dans une maison, des femmes qui vont passer à la casserole et subir leur tyrannie bestiale, des meurtres sordides et une « vengeance » que l’on attend de pied ferme, pendant tout le film.Last-HouseL’AVIS :

Pour le situer rapidement, Francesco Prosperi fait partie de ces inénarrables et méconnus faiseurs du cinéma bis italien, planqués derrière les grands noms comme Fulci, Deodato, Margheriti et autre Umberto Lenzi. Souvent surnommé « Franco Prosperi », ce qui amène à une certaine confusion avec l’autre réalisateur du même nom, celui derrière les documentaires Mondo Cane réalisés avec Gualtiero Jacopetti, ce cinéaste qui aura débuté sous la houlette de Mario Bava (assistant réal sur Hercule contre les Vampires ou La Fille qui en savait trop), nous aura gratifié de quelques perles savoureuses, parfois sous le pseudonyme américanisé (fidèle à la mode italienne) de Frank Shannon. On lui doit notamment le sympathique Mondo Cannibale, le très mauvais Terreur, Les Cannibales coréalisé avec Jess Franco, ou encore Technique d’un Meurtre avec Franco Nero. Et bien entendu, La Dernière Maison sur la Plage, pondu en 1978.Capture d’écran 2015-02-01 à 21.42.35Pur produit d’exploitation bisseux à l’italienne qui n’aura jamais connu les honneurs d’une intégration dans le haut du panier du genre, La Dernière Maison sur la Plage est un film qui saura néanmoins satisfaire les amateurs et qui aura sa place dans une bibliothèque de fans collectionneurs. Sorte de mélange racoleur comme on les aime entre La Dernière Maison sur la Gauche et le classique kubrickien Orange Mécanique mais version nanar, La Dernière Maison sur la Plage joue de l’alliage typique « violence et érotisme trash » dans un « home invasion »/ »rape and revenge » à base de séquestration, de viols et de sévices abominables commis par trois braqueurs sans foi ni loi, et subis par une batterie de donzelles recluses dans une belle maison le temps d’un weekend. Scénario limité servant juste de caution à l’affaire, acteurs de seconde zone jouant comme des pieds, faux raccords dans tous les sens et mise en scène sans arrêt dans l’exagération théâtrale (ralentis, musique appuyée, sur-dramatisation et tout le toutim), La Dernière Maison sur la Plage est bel et bien du pur film de genre italien de l’époque !Last-House-2Curiosité sympathique mais dépourvue de tout génie, on regrettera tout de même une œuvre trop mineure pour convaincre pleinement et souffrant de l’ombre des meilleures réussites du registre. Souvent trop frustrant, Prosperi use et abuse du hors champ dans ses séquences les plus choquantes, alors qu’elles constituent la principale raison d’être de son film, dans la mesure où l’on difficilement se rabattre sur une tension trop faiblarde pour faire frémir, ou sur des ressorts dramatiques inexistants en dehors du postulat de départ. Vite répétitif dans sa démarche par manque d’inspiration, La Dernière Maison sur la Plage finit par amuser à défaut de séduire totalement. tumblr_lhvd2j9vO81qzr8nao1_1280

LE TEST BLU-RAY

Coté bonus, l’éditeur Artus Films adjoint à sa trouvaille un excellent documentaire de près d’une heure sur « Le Rape and Revenge italien ». Un documentaire conduit par David Didelot, derrière le fanzine Videotopsie. Le spécialiste du bis italien nous embarque avec sa passion, sur les traces du sous-genre à l’italienne, décryptant sa naissance, son essence et ses codes, entre historicité et anecdotes savoureuses. Un petit régal passionnant, peut-être même plus que le film lui-même, d’autant que Didelot s’applique à replacer le genre dans son contexte pour l’aborder sur un angle sociologique, livrant une analyse pertinente de la société italienne de l’époque par le prisme de son cinéma.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.