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Le saviez-vous ? : Sur L’Exorciste, William Friedkin utilisait un revolver pour terrifier ses acteurs

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45 ans après sa sortie, L’Exorciste continue d’être l’un des films les plus terrifiants de l’histoire du cinéma. Et les anecdotes sur son tournage très éprouvant sont légion. On pourrait évoquer les blessures de certains comédiens (comme Ellen Burstyn sur une scène de « cascade » ou elle a été poussé violemment sans avoir été prévenue), l’idée d’avoir réfrigéré le plateau pour que l’on voit les souffles glacés des acteurs ou d’avoir utilisé des sons de cochons qu’on égorge pour les bruits émis par la jeune ado possédée. On pourrait raconter comment Friedkin avait rendu le tournage ludique pour la petite Linda Blair (13 ans à l’époque) en lui promettant des milkshake au chocolat quand elle réussissait une scène. On pourrait parler de la distribution originellement prévue (Jack Nicholson ou Al Pacino avaient été des prétendants pour le rôle du Père Karras), du traumatisme de la même Linda Blair encore marquée aujourd’hui par le film, ou encore revenir sur le côté « malédiction » avec un mystérieux incendie qui a retardé le début du tournage ou avec pas moins de neuf personnes qui ont perdu la vie dans l’équipe ou leurs proches pendant ou juste après celui-ci. Comme on pourrait s’attarder sur les rumeurs et (fausses) histoires sordides lancées à sa sortie pour faire le buzz. Bref, avec L’Exorciste, il y aura matière à faire une saga « Le saviez-vous ? ». On a choisi de se concentrer sur une anecdote, à la fois amusante et flippante quand on y pense.

L’Exorciste est un film qui fout les jetons. Ça, c’est un fait. Et son réalisateur, l’immense et complètement siphonné William Friedkin, a tout fait pour qu’il fasse peur. Jusque sur le tournage. Le cinéaste voulait créer une ambiance très particulière et essayait de capter des réactions de trouille vraiment authentiques. Il n’a rien trouvé de mieux que d’utiliser… un flingue ! Explications. Plusieurs membres de l’équipe dont Ellen Burstyn (qui joue la mère de la petite Reagan) se sont plaint que William Friedkin avait un revolver sur le tournage et s’en servait régulièrement entre les prises. Pour dire, Burstyn qualifiait même le réalisateur de « taré maniaque ». En gros, par surprise, le metteur en scène se mettait à tirer dans la maison avec des balles à blanc. Mais pourquoi donc ?! Tout simplement pour faire flipper et sursauter ses comédiens. Ce que ces derniers ne savaient pas, c’est les caméras les filmaient dans ces moments-là. William Friedkin n’avait plus qu’à récupérer les images hyper réalistes de leur peur panique, pour ensuite les insérer dans son montage. Résultat, dans le film, quand la petite Regan (Linda Blair) se met à faire des bruits étranges à l’étage, les plans que l’on voit des personnages terrifiés au rez-de-chaussée ne relèvent pas toujours d’un super jeu d’acteur mais d’une véritable montée de trouille ! Il était fou ce Friedkin mais en même temps, c’était un génie obsessionnellement en quête du plan parfait. Et si ses tournages étaient très exigeants, le jeu en valait souvent la chandelle quand on regarde des classiques tels que L’Exorciste, Cruising, The Sorcerer, French Connection ou Police Fédérale Los Angeles.

 

Par Nicolas Rieux

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