Le Crime de l’Orient-Express : Interview de Kenneth Branagh

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A l’occasion de la sortie du Crime de l’Orient-Express, son adaptation du célèbre roman d’Agatha Christie, nous avons pu rencontrer l’acteur-réalisateur Kenneth Branagh pour le compte de l’émission Mardi Cinéma L’hebdo (France 2).

Synopsis : Le luxe et le calme d’un voyage en Orient Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Les 13 passagers sont tous suspects et le fameux détective Hercule Poirot se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau. D’après le célèbre roman d’Agatha Christie.

LE 13 DÉCEMBRE AU CINÉMA

 

Beaucoup de gens connaissent l’histoire du Crime de l’Orient-Express, à travers le roman d’Agatha Christie ou les précédentes adaptations. Qu’est-ce que votre version apporte de nouveau selon vous ?

Kenneth Branagh : On a changé le début de l’histoire. On a rajouté une introduction à Jérusalem pour présenter un nouveau Hercule Poirot, un peu plus romanesque, un peu plus névrosé, mais toujours aussi bon dans son travail. On voulait aussi présenter ses aptitudes avant sa montée à bord du train. Les passagers de l’Orient-Express devaient craindre la présence de Poirot dès sa montée car ils le connaissent de réputation. On a aussi changé quelques personnages ou quelques détails. Par exemple, Penélope Cruz joue un personnage qui normalement est dans un autre roman. Enfin, on a un peu modifié la fin. Après que l’on ait découvert qui a commis le crime et pourquoi, on a essayé de s’attarder sur la question du « Et maintenant ? ». Qu’est-ce que la « justice » ? Pour le Poirot du début, il y avait ce qui est bon et ce qui mauvais, rien au milieu. A la fin, il est forcé de changer ses perspectives.

Vous étiez fan des romans d’Agatha Christie avant de faire le film ?

Kenneth Branagh : Bien sûr. Ses romans étaient très divertissants mais au-delà de ça, j’aime la façon dont elle scrute ses personnages. Elle a beaucoup voyagé seule dans sa vie, elle est même allée dans des endroits dangereux pour une femme seule, et ça lui a permis d’acquérir une solide expérience de la vie. Les détails dans sa façon de retranscrire le monde vont au-delà du seul côté divertissant. Lire ses livres est une expérience très enrichissante pour appréhender le monde.

Dans votre version, il y a surtout ce mix des tons qui est assez savoureux. Il y a de l’aventure, du suspens, mais il y a aussi de l’humour. C’est ce qui fait la force du film à votre avis ?

Kenneth Branagh : Je suis content que vous évoquiez cela. On voulait emprunter le chemin des grands classiques hollywoodiens de l’ancienne époque, celle des John Ford, des David Lean, des John Sturges… On voulait vraiment s’attarder sur les différents personnages, s’approcher vraiment d’eux pour que le public se demande sans cesse s’ils mentent. Quand vous avez plein de stars, vous pouvez jouer de cela car le public les connaît et s’attache plus facilement à eux. Je savais que je voulais quelque chose qui ne soit pas trop théâtral, plutôt quelque chose qui soit épique en dehors du train, et intimiste à l’intérieur. Et je voulais surtout que l’on voyage partout, au-dessus, en-dessous, à l’intérieur du train. Tout ça jusqu’au climax quasi-biblique. L’histoire est très riche et c’est sans doute ce qui permet de vivre différentes expériences tout au long du film.

Diriger un film n’est pas une chose simple, mais diriger un film et jouer dedans, c’est encore pire ! Et votre performance est incroyable. Saviez-vous dès que le départ qu’Hercule Poirot était un rôle pour vous ?

Kenneth Branagh : Oui car à la lecture du script, je suis tombé amoureux du personnage dès la première scène, à Jérusalem. Son intelligence est fascinante. Willem Dafoe m’a dit un jour « Poirot dirige l’enquête et tu diriges le film ! ». Dans les deux cas, on cherche la vérité. Quand vous réalisez, vous prêtez beaucoup d’attention aux gens que vous filmez et Poirot est pareil, il prête beaucoup d’attention aux gens qu’il côtoie.

Pour le rôle, j’ai écouté beaucoup de choses en belge. Un peu en français mais surtout en belge afin de capter l’accent. Agatha Christie disait que Poirot parlait un anglais parfait d’un point de vue grammatical. Il faisait exprès de s’exprimer avec un accent rudimentaire afin de donner une image dont on se méfierait moins. C’est comme sa moustache, elle a un effet presque comique qui fait que l’on pense qu’il est un peu idiot car il en a l’air. Mais en réalité… C’est une terrible erreur de le croire ! En tout cas, j’ai énormément travaillé car avant de diriger d’autres acteurs, je devais être impeccable dans ma propre interprétation.

Merci à Kenneth Branagh & 20th Century Fox

Propos recueillis et traduits par Nicolas Rieux

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