LE COMBAT ORDINAIRE de Laurent Tuel : la critique du film [Sortie Ciné]

Partagez cet article

le_combat_ordinaireMondo-mètre
note 6 -10
Carte d’identité :
Nom : Le Combat Ordinaire
Père : Laurent Tuel
Date de naissance : 2014
Majorité : 15 juillet 2015
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h40 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Nicolas Duvauchelle (Marco), Maud Wyler (Emily), André Wilms (Moret), Liliane Rovère (mère de Marco), Olivier Perrier (père de Marco), Jérémy Azencott (Gilles), Randiane Naly (Naïma), Gérard Bohanne (Pablo), Ludovic Berthillot (Bastounet)…

Signes particuliers : Un drame porté par un impressionnant Nicolas Duvauchelle.

NICOLAS DUVAUCHELLE FACE À LUI-MÊME

LA CRITIQUE

Résumé : « Le combat ordinaire » c’est le combat de Marco, jeune trentenaire, un brin bourru, mais animé de bonnes intentions et qui, à partir de petites choses, de belles rencontres, d’instants précieux, souvent tendres, parfois troublants, va se reconstruire et vaincre ses vieux démons.le-combat-ordinaire-photos-53ff2ac5a94a2L’INTRO :

S’il y a bien un réalisateur français que l’on a du mal à cerner depuis pas mal d’années, c’est bien Laurent Tuel. Difficile de trouver une cohérence dans la carrière de celui qui a signé le drame psychologique Le Rocher d’Acapulco, le film de genre Un Jeu d’enfants, l’hilarant Jean-Philippe ou le thriller Le Premier Cercle avec Jean Reno. Et ce n’est pas la fumeuse comédie cycliste La Grande Boucle qui allait aider à nous prendre d’affection pour un metteur en scène qui, jusque là, n’a jamais affiché une réelle emprise sur son cinéma, passant plus pour un faiseur sans style que pour un brillant auteur. La donne pourrait bien changer avec Le Combat Ordinaire, son sixième long-métrage, porté par Nicolas Duvauchelle, et avec Maud Wyler ou André Wilms. L’histoire d’un jeune homme handicapé par les fortes crises d’angoisses dont il souffre depuis toujours. Le film est l’histoire de son combat au quotidien, pour se reconstruire, ou plutôt pour se construire.003738.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxL’AVIS :

Avec ce drame psychologique soumis à une ambiance suffocante et par le prisme d’un personnage à la fois marginal par son handicap et pourtant terriblement normal en soi, Laurent Tuel touche à plein de choses universelles qui forment la danse de la vie, avec ses joies et ses tragédies. Finalement, les crises d’angoisse de Marco ne sont que la marque caractérisée de ces étapes angoissantes qui jalonnent le parcours d’une existence. Du deuil à la peur de l’engagement, des questionnements professionnels aux angoisses de la paternité, des déceptions humaines aux plus petits drames qui nous touchent et nous laissent comme autant de scarifications sur le corps, sorte de cartographie de notre passage sur terre, Le Combat Ordinaire n’est pas tant l’histoire du combat d’un homme contre une maladie mais plutôt le combat d’un homme contre la vie elle-même et ses aspérités. Marco lutte, se débat, progresse, recule, se force, avance, malgré le puissant vent contraire chargé de ses problèmes introspectifs. Brossant un portrait d’homme par bribes, par petits moments « anodins » et pourtant emblématiques qui, ensemble, forment un tout, Le Combat Ordinaire est un film à l’image de son titre, une histoire ordinaire, d’un homme ordinaire, dans une vie ordinaire, luttant comme beaucoup contre lui-même, contre ses angoisses et ses démons, contre ses fêlures et ses tragédies.le_combat_ordinaire_2

Sur la foi d’un impressionnant Nicolas Duvauchelle, toujours d’une saisissante justesse quoiqu’il joue, Le Combat Ordinaire marque au passage (et enfin) une tentative de réelle maîtrise de Laurent Tuel à l’égard de son travail. Le cinéaste ne se contente pas d’une approche superficielle et sans vision et livre un film à contre-courant du classicisme auquel il nous avait habitué, prenant à bras le corps son sujet pour s’efforcer de lui associer une mise en scène personnelle, sensorielle, s’appliquant à nous plonger au plus près de son personnage et de ses ressentis étouffants. Sa noble démarche est esquintée par quelques petites maladresses allant d’un script parfois brouillon à une surcharge de motifs parfois superflus ou un brin poseurs en passant par certains partis pris pas toujours bien maîtrisés (le style caméra à l’épaule, pourquoi pas, les cadrages, décadrages et zooms inutiles, non). Mais l’effort est souvent percutant et fascinant. Une modeste réussite imparfaite.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

AVEZ-VOUS VU ? :

Un commentaire à propos de “LE COMBAT ORDINAIRE de Laurent Tuel : la critique du film [Sortie Ciné]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.