KUNG FU KILLER de Teddy Chan : la critique du film
Sortie DVD

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Kung fu jungle_DVDMondo-mètre
note 2.5 -5
Carte d’identité :
Nom : Kung Fu Jungle
Père : Teddy Chan
Date de naissance : 2014
Majorité : 06 juillet 2016
Type : Sortie DVD
Nationalité : Chinois, HK
Taille : 1h40 / Poids : NC
Genre : Action

Livret de famille : Donnie Yen, Wang Baoqiang, Charlie Yeung, Bing Bai, David Chiang, Alex Fong…

Signes particuliers : Donnie Yen, cinquante ans, toujours aussi fringuant.

DONNIE YEN ET LE RESTE DU MONDE

LA CRITIQUE DE KUNG FU KILLER

Résumé : Un instructeur d’arts martiaux à l’académie de police est emprisonné pour avoir tué un homme. Désirant sortir de prison, il offre ses services pour attraper un tueur en série dont les victimes sont toutes des pratiquants d’arts martiaux de haut niveau en échange de sa liberté…kung_fu_jungle_killerMalgré le cap de la cinquantaine franchie, la superstar du cinéma d’action chinois Donnie Yen se porte bien, même si ses dernières sorties n’ont pas été franchement convaincantes d’un point de vue qualitatif. En tout cas, pour ceux qui auraient des doutes, Donnie Yen a toujours la forme et Kung Fu Jungle est là pour en faire la démonstration. Nouvelle réalisation du touche-à-tout, acteur-producteur-scénariste-réalisateur, Teddy Chan (Bodyguards et Assassins en 2009), Kung Fu Jungle (rebaptisé Kung-Fu Killer en France) ambitionne de renouer avec une certaine tradition du cinéma martial à l’ancienne, tout en se voulant moderne dans le style. Un pari audacieux qui aimerait bien redonner des couleurs au cinéma d’action made in Hong-Kong. Sans forcément y parvenir, malheureusement.kung-fu-killer3Taillé sur mesure pour Donnie Yen que l’on prend plaisir à retrouver à chaque nouvelle sortie, Kung Fu Jungle se révèle être un divertissement sympathique et efficace, même s’il ne viendra sans doute pas bouleverser le genre, ni s’inscrire dans ses annales. Le film de Teddy Chan alterne le meilleur et le moins bon, et laisse un peu sur sa faim, incapable de toujours bien exécuter ses bonnes idées de départ, en plus de souffrir d’un script à la fois expéditif et souvent bancal. Son inconstance, narrative et filmique, affaiblit un rendu final frustrant au regard du gros potentiel gâché par un metteur en scène qui n’avait pas forcément la trempe pour transcender les ambitions initiales d’un projet voyant grand sans s’en donner les moyens.kung-fu-jungle-hong-kong-2014-hd-mkv_snapshot_00-24-04_2015-01-14_14-33-35Sur la forme, Kung Fu Jungle emprunte la structure des films d’enquêtes policières (on y retrouve un canevas proche d’un Seven par exemple) et croise le genre avec le pur film de baston qui dépote. Le pur film d’arts martiaux, plus précisément. Entre deux prises martiales, coups de poings ou coups de pied décochés, pas mal de théorie sur la noblesse des arts martiaux et beaucoup de voltige câblée. Dommage, ce n’est pas ce que fait de mieux Donnie Yen, excellent chorégraphe que l’on a toujours préféré voir œuvrer dans la brutalité bestiale et le réalisme des combats. Sur le fond, le film s’abandonne à des thématiques jouant avec la philosophie des arts martiaux, celle que le cinéma chinois aime à draguer depuis quelques années, rappelant qu’ils n’ont pas pour vocation d’être une compétition entre ténors, qu’ils doivent être au service d’une certaine spiritualité, et non le théâtre d’enjeux mégalo entre maîtres cherchant à devenir numéro un. Une illustration que Teddy Chan déroule avec pas mal de balourdise, appuyant sur les clichés et les tirades répétitives manquant de finesse dans la démonstration.kung_fu_jungle_2014_04Pour le reste, on soulignera essentiellement un amas de séquences impressionnantes mais pas toujours menées au terme de la jouissance. Un combat final spectaculaire et plus réussi dans l’esprit qu’il ne l’est dans sa mise en image (tout aussi bon soit-il, il aurait pu être tellement dément, confié à un cinéaste plus virtuose) ou encore tout un passage dans un village de pêcheur, sans doute la meilleure partie du métrage, mais encore une fois, qu’un Tsui Hark par exemple, aurait bien mieux exploité. On passera sur la qualité de jeu générale qui laisse souvent à désirer (appuyant à fond sur la pédale du surjeu caricatural), sur les nombreuses facilités (un grand méchant aux motivations fumeuses) ou encore sur un petit festival d’effets spéciaux en CGI du plus mauvais goût, remplaçant d’authentiques cascades jugées dangereuses ou trop compliquées à mettre en images. Des effets dignes des productions Asylum, comme autant de fausses notes dans ce spectacle intense mais boiteux.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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