JENNIFER’S BODY (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : Jennifer’s Body
Père : Karyn Kusama
Livret de famille : Megan Fox (Jennifer), Amanda Seyfried (Needy), Johnny Simmons (Chip), Adam Brody (Nikolaï), J.K. Simmons (Mr Wroblewski), Amy Sedaris (Lesnicki), Chris Pratt (officier Duda), Kyle Gallner (Colin)…
Date de naissance : 2009 / Nationalité : Etats-Unis
Taille/Poids : 1h45 – 16 millions $

Signes particuliers (+) : Au second degré, le film peut être pris comme un pastiche kitsch assumé et amusé qui ne se prend pas au sérieux.

Signes particuliers (-) : Mauvais, limite ridicule, Jennifer’s Body est quelque part entre le doux nanar rigolo et la purge navrante mal écrite, mal réalisée et mal fichue. Et la belle Megan y est mais si mauvaise.

 

MEGAN FOX’S BODY

Résumé : Jennifer est la reine de son lycée, celle pour laquelle aucun homme ne peut résister. A la suite d’une mauvaise rencontre avec un groupe de rock se servant d’elle pour accomplir un rite destiné à pactiser avec le diable pour les rendre célèbres, Jennifer se retrouve affligée d’une malédiction l’obligeant à « manger » littéralement des hommes pour survivre. Needy, son amie d’enfance, va découvrir ce terrible secret…

Jennifer’s Body, de par son titre évocateur et son récit, a tout du film calibré et formaté pour mettre en valeur la nouvelle starlette du cinéma popularisée par la saga Transformers, j’ai nommé l’incendiaire Megan Fox. La concernant, il est aussi un moyen de l’ouvrir à autre chose que le blockbuster de Michael Bay où elle n’occupe qu’un rôle de faire-valoir, coincée entre la star montante Shia LeBoeuf et les robots, véritables vedettes du métrage. Et au passage, il est un moyen pour la jeune actrice de prouver qu’elle est capable de jouer la comédie, chose peu aisée sur la franchise robotisée où son boulot se limite à un lapidaire : « sois belle et tais toi ». Portant le film sur son nom, avec à ses côtés la jeune Amanda Seyfried, vaguement vue dans la série Veronica Mars, Megan Fox a un boulevard devant elle pour accroître son statut de néo-super star excitant tout mâle par sa plastique de rêve. Et c’est par un revirement de situation ironique que Jennifer’s Body va être à la fois une ouverture et une fermeture cinématographique pou la jeune comédienne.

Avec Jennifer’s Body, la cinéaste Karyn Kusama (Girlfight et l’affligeant futuriste Aeon Flux avec Charlize Theron) tente le mélange très estampillé eighties, de comédie et d’horreur au travers d’une petite série B très référentielle jouant à fond la carte de la culture pop et bis de ces années là avec au passage un revival sur grand écran de l’ambiance chère à la série culte de Joss Wheddon, Buffy contre les Vampires. Le film multiplie les clins d’œil à tout un pan d’un cinéma dont beaucoup sont nostalgiques et se veut, façon Vampires, vous avez dit Vampires, une sympathique comédie horrifique légèrement décalée sur fond de transition entre l’adolescence et le monde des adultes. Assumant ses allures doucement hommage au cinéma kitsch pour teenager, Jennifer’s Body est finalement bien plus ambitieux que ce à quoi l’on s’attend car tentant de renouer avec une ambiance aujourd’hui révolue faute de parvenir à en retrouver l’essence. Et le but d’atteindre un coefficient sympathie d’être presque effleuré du bout du doigt. Presque seulement…

Car parallèlement à ses intentions pourtant visibles et pour lesquelles l’on serait presque tenté de se prendre d’affection pour ce modeste délire tendrement bis, Kusama fait preuve d’une incompétence cinématographique terrible que ses compétences cinéphiliques ne comblent pas. Car la culture resservie dans le but de toucher le spectateur sur sa nostalgie d’un certain cinéma dont il pouvait être amoureux, ne peut fonctionner que si elle est au service d’un vrai bon film intelligent, ce que n’est certainement pas Jennifer’s Body, handicapé lourdement pas bien trop de défaut. Contrairement à la série de Joss Wheddon évoquée ci-dessus, Kusama peine à faire exister ses personnages et il faut une excellente Amanda Seyfried pour hisser le sien… au-dessus de celui de sa « rivale ». Car Jennifer’s Body est aussi l’occasion de voir ce que vaut réellement Megan Fox et le résultat n’est pas beau à voir. Devant « jouer » pour une fois et pas seulement « faire acte de présence », on se rend bine vite compte qu’elle est tout simplement une bien piètre comédienne n’ayant que son physique parfait pour parler pour elle. Et l’inévitable d’arriver, Megan Fox est rapidement dépassée et presque occultée par sa consoeur qui va d’ailleurs se révéler pour enfin, voir sa carrière décoller. Et ce n’est que justice. Car dans le même temps, Megan Fox montre bien qu’elle n’est qu’une énième pin-up incapable de jouer la comédie autrement qu’en… étant belle et se taisant ! Ce qui sera confirmé à l’issue de la projection puisque l’on retiendra surtout d’elle dans ce nanar friqué, que sa plastique irréprochable et se scènes sexy à la limite érotisante (dont une de nue… où l’on ne voit rien attention, on se détend).

Spectacle finalement assez navrant côtoyant même le ridicule au détour de séquences aussi mal jouées que filmées (mon dieu, ces flash-back pathétiques) Jennifer’s Body essaie maladroitement de s’octroyer une certaine saveur mais la mayonnaise ne prend pas. L’hommage aux comédies horrifiques des années 80 est vite noyé dans ce qui ressemblerait presque plus à un pastiche du genre. Mal filmé, mal cadré, mal monté, on en retiendra que la tentative avortée (et du coup presque frustrante de ne pas avoir eu un Landis par exemple aux commandes) ainsi qu’une Amanda Seyfried partie pour devenir une véritable star. Et pour Megan Fox ? En dehors d’affoler le tensiomètre à chaque scène par sa beauté (plus naturelle et moins putassière que chez Bay) elle prouvera malheureusement son piètre talent. Virée depuis de la saga Transformers par Spielberg pour ses sorties de starlette prétentieuse sur M. Bay, elle est en passe de retourner là d’où elle vient… sa carrière s’enlisant tristement. Dommage, qu’elle se reconvertisse dans les calendriers, on pourra au moins continuer à profiter du meilleur d’elle-même.

Bande-annonce :

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