BRIGHT STAR (critique)

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Carte d’identité :
Nom : Bright Star
Père : Jane Campion
Livret de famille : Abbie Cornish (Fanny Brawne), Ben Whishaw (John Keats), Paul Schneider (Brown), Kerry Fox (Mme Brawne), Edie Martin (Toots), Thomas Brodie-Sangster (Samuel)…
Date de naissance : 2009
Nationalité : États-Unis, Angleterre, Canada
Taille/Poids : 1h59 – 8,5 millions $

Signes particuliers (+) : Esthétiquement très beau.

Signes particuliers (-) : Chiant… mais chiant. Campion ne prend pas de risques et verse dans le mélo académique léché pénible qui tourne en rond et rebute plus qu’il ne fascine.

 

BAILLE STAR

Résumé : Dans l’Angleterre du XVIIIème, le jeune poète anglais John Keats fait la connaissance de sa voisine Fanny Brawne. Dans un premier temps, les deux jeunes n’ont rien qui pourrait les rapprocher. Fanny n’est pas intéressée ni fasciné par la littérature. John la trouve élégante mais trop effrontée. Pourtant, les évènements vont les amener à débuter et entretenir une liaison amoureuse. Leur relation va se renforcer au point que leur attachement mutuel va se transformer en un lien très fort, devant résister à de nombreux obstacles…

Le cinéma de la néo-zélandaise Jane Campion s’inscrit depuis toujours dans une veine poético-lyrique et fiévreuse où l’élégance académique rime avec un certain formalisme théâtral soigné. Diplômée d’anthropologie, il est peu étonnant de la voir autant se pencher sur l’homme, ses relations à autrui et son fonctionnement intrinsèque dans toute sa complexité avec une inclinaison toute particulière pour les oeuvres d’époque qu’elle traite avec un naturalisme formel, renvoyant stylistiquement parlant, à sa formation et ses études pour la grande peinture. La cinéaste tente à chaque fois de décortiquer la force des sentiments contrariés, les situations inextricables où l’intérêt personnel vient se heurter à des considérations plus générales de contexte, de classes sociales, le tout souvent dans un registre de tragédie très littéraire.

Nouveau film, nouveau drame romantique d’époque pour la cinéaste, situant cette fois-ci son récit dans l’Angleterre pré-victorienne, pour y retracer les dernières années du jeune poète anglais John Keats notamment à partir de sa rencontre avec la belle Fanny Brawne avec laquelle il entretiendra une relation passionnelle, contrainte par certains problèmes de rangs sociaux mais également par la maladie qui frappa le jeune auteur précocement. Bright Star, nommé dans de nombreux festivals dont Cannes, est à la fois du pur Jane Campion sans être pour autant le meilleur film de la réalisatrice. Si l’on y retrouve ses thématiques habituelles et son style traditionnel, autant l’avouer clairement : Bright Star est aussi bien chiant. On ne peut retirer à Campion la beauté de ses images, la poésie qui se dégage de cette belle histoire passionnée et réservée, la délicatesse d’une rencontre conduisant à des sentiments subtils. Bright Star est comme un poème façon romantisme transposé en image avec retenue. Mais au-delà de l’exercice de style, il est aussi une œuvre bien académique, bien longue, ne parvenant pas à conjuguer passion et puissance évocatrice sans céder à une certaine tendance au style artistique poseur. Les amoureux du cinéma de Campion devrait adhérer, les autres, risquent de fortement s’ennuyer devant tant de classicisme lent et répétitif. Et la question d’être posée : la beauté poétique cinématographique est-elle obligatoirement à conjuguer avec un cinéma lourd comme une vieille machine que l’on actionne péniblement ? Campion : sans doute une question d’affinité. Mais ce film là, manque terriblement de singularité.

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