IT’S ALIVE (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : It’s Alive
Parents : Josef Rusnak
Livret de famille : Bijou Phillips, James Murray, Jack Ellis, Sky Bennett, Ty Glaser, Laura Giosh, Arkie Reece…
Date de naissance : 2008
Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 1h20 – 10 millions $.

Signes particuliers (+) :Quelques scènes chocs. Du gore et de la nudité, c’est déjà ça de pris.

Signes particuliers (-) : Une trahison de l’esprit de l’original. Aseptisé, faussement transgressif et sauvant la bonne morale. Ennuyeux et très mal écrit.

 

PAPA, COMMENT ON FAIT LES BÉBÉS ?

Résumé : Une jeune maman donne naissance à un rejeton qui se révèle meurtrier et monstrueux…

Et d’un de plus dans la folle vague des remakes américains des classiques de l’horreur des années 70-80. Cette fois-ci, c’est le modeste Le Monstre est Vivant, petit monument atypique signé Larry Cohen en 1974, d’être revu et remis au goûts du jour dans une version plus proprette sonnant moins le old school à petit budget. Prix à Avoriaz en 1975, ce petit bijou d’impertinence et d’anti-conformisme bousculait les tabous avec férocité. La sacro-sainte et intouchable maternité passait à la moulinette du retors et inventif d’un Cohen imaginant dans son esprit décalé, ce récit d’une jeune mère accouchant d’un rejeton monstrueusement diabolique et meurtrier assassinant dès sa naissance, infirmières et docteurs. La candeur du nouveau-né en prenait un coup, d’autant que s’engageait une course-poursuite entre la police et le père et le bébé récalcitrant avec pour objectif d’abattre la chose ! Et dire qu’au cinéma, c’est toujours « tout sauf les enfants » !

Le cinéaste Josef Rusnak (auteur du méconnu Passé Virtuel) se voit ainsi confier la dure tâche de passer derrière Larry Cohen pour remodeler tout ça et en tirer un film plus adaptés aux standards de notre époque. Si le film reprend grosso-modo les éléments de départ de l’original, il s’en dévie assez sensiblement et surtout bien rapidement pour refondre le film dans un récit plus consensuel, explicatif, perdant en force et en impertinence bien sûr. On pouvait aisément s’y attendre. Exit donc la chasse à l’homme, au bébé plutôt devrait-on dire, et bienvenue une longue histoire de lien maternel se tissant entre une mère protectrice tentant vainement de masquer les méfaits de son abominable rejeton. Rusnak se focalise davantage sur la maternité horrifique vécue par la jeune Léonore Davies entre amour et instinct maternel et épuisement face à l’impossibilité de gérer à la longue, les horreurs commises par son bébé tueur.

Si le film en soi est regardable comme un petit produit d’horreur pour dimanche après-midi pluvieux, ne cassant pas quatre pattes à un canard et offrant quelques séquences gores entre deux plans de seins maternels (que la comédienne au nom de porno star Bijou Phillipps a de très beaux au passage, même si ce commentaire n’apporte fondamentalement rien à cette critique) ce It’s Alive version années 2000 est loin de son modèle originel et manque cruellement de beaucoup de choses. D’abord, d’une intrigue un poil plus trépidante, et moins enfermée et redondante. Deuxièmement, de meurtres un peu plus piquants et hardcore. Très mal filmés, ces derniers manquent surtout de générosité pour un film du genre, qui semble compenser son postulat osé par une grande politesse dans le traitement. Un postulat osé qui d’ailleurs souffre de son recentrage sur le personnage de la mère et de son épuisement psychologique et qui enlève la charge radicale de la version de Larry Cohen, la poliçant et la lissant terriblement pour la rendre plus acceptable pour la morale et à plus forte raison avec la justification de la situation qui est donnée et qui frôle la bêtise en sauvant la morale finale.

Bourrés d’incohérence (les réactions de la mère manquent de toute logique, le père ne comprend rien mais comprend très facilement la situation en une demi-seconde, comme illuminé soudainement de clairvoyance, le final est ridicule) ce divertissement oscille entre le potable et le navet. On ne sait pas trop. Enfin si, c’est nul dans l’ensemble et raté mais d’une nullité qui se regarde. Cela dit, autant revoir la version Larry Cohen, plus cheap mais plus jouissive.

Bande-annonce :

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