HYENA de Gerard Johnson [Critique – Sortie Ciné]

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HyenaMondo-mètre
note 6.5 -10
Carte d’identité :
Nom : Hyena
Père : Gerard Johnson
Date de naissance : 2014
Majorité : 06 mai 2015
Type : Sortie en salles
Nationalité : Angleterre
Taille : 1h52 / Poids : NC
Genre : Polar

Livret de famille : Peter Ferdinando (Michael), Stephen Graham (David), Neil Maskell (Martin), Elisa Lasowski (Ariana), Myanna Buring (Lisa), Richard Dormer (Nick), Tony Pitts (Keith)…

Signes particuliers : Quand l’un des maîtres du thriller adoube le travail d’un de ses jeunes confrères, ça mérite au moins d’y jeter un oeil, sinon les deux.

LA BONNE SURPRISE DU DERNIER « ÉTRANGE FESTIVAL »

LA CRITIQUE

Résumé : Michael Logan est un mélange complexe d’alcoolique occasionnel et d’officier de police corrompu. Mais l’univers sinistre dans lequel il évolue est en pleine mutation. L’arrivée en masse de gangsters sans pitié venus d’Albanie menace de bouleverser le paysage criminel londonien. Jusqu’ici son instinct lui avait toujours donné une longueur d’avance, mais son comportement de plus en plus autodestructeur et la brutalité des nouveaux chefs de gangs vont le plonger dans une spirale de peurs et de doutes. Hyena-film-still-009L’INTRO :

Enfant énamouré du cinéma de Nicolas Winding Refn, le britannique Gerard Johnson a présenté son nouveau long-métrage Hyena dans une bardée de festivals, laissant derrière lui un public globalement conquis par cette descente infernale dans les bas-fonds de la corruption policière anglaise. Jusqu’au point d’être anobli par son maître spirituel lui-même, le père de Drive ayant présenté Hyena comme étant « le nom du futur du thriller ». Rien que ça !HyenaL’AVIS :

Polar sec, nihiliste et râpeux au fond de la gorge, comme l’étaient en leur temps les joyaux danois de son modèle Refn (la trilogie Pusher), Hyena est une plongée viscérale et sans concession dans un cercle étouffant où se retrouve piégé et pris en étau, un flic corrompu dont l’avenir s’assombrit de minute en minute sur fond de corde raide, de pègre turco-albanaise, de trafic, de violence et de double-enquêtes à haut risque. Stylisé et tourné caméra à l’épaule au plus proche de la « merde » dans laquelle patauge son anti-héros notoire pris dans un maelstrom cauchemardesque où tout son univers à l’équilibre précaire se délite sous ses pieds, ce petit uppercut made in England vient réveiller un genre en quête d’un nouveau souffle. Et même si l’on sent Gerard Johnson trop sous influence de son modèle alors que son portrait viscéral ne propose pas fondamentalement quelque-chose de très neuf en définitive, il n’en signe pas moins une descente abyssale conjuguant recherche désespérée d’une échappatoire salvatrice et quête d’un salut moral personnel. Car le plus fascinant dans Hyena, c’est sans aucun doute son personnage principal buriné, incarné avec force par un Peter Fernandino habité et scarifié par tous les oripeaux du ripou archétypal désabusé, cher à ce genre de cinéma rugueux qui colle aux basques.Hyena_2Imbriqué dans une veine sociale typique du cinéma britannique (et du cinéma danois, ce qui renforce d’autant plus la proximité avec le cinéma de Refn), Hyena témoigne d’un caractère racé et féroce, lorgnant également du côté du Bad Lieutenant de Ferrara, avec comme petite originalité, l’insémination in-vitro de quelques séquences décalées (et souvent musicales) qui tranche à vif avec cet abandon brûlant et poisseux loin du Londres de la City, de Kensington ou de Notting Hill. Certains y verront un exercice à retardement sur un train stylistique déjà passé, d’autres un retour inspiré vers un cinéma mêlant des influences à piocher dans les années 80 et 90. Une chose est sûre, Hyena est un vrai bon film, mais qui n’a rien de novateur.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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