GRABBERS (critique – horreur)

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note 7
Carte d’identité :
Nom : Grabbers
Père : Jon Wright
Livret de famille : Richard Coyle (O’Shea), Ruth Bradley (Lisa), Russell Tovey (Dr Adam Smith), Lalor Roddy (Paddy), David Pearse (Brian Maher), Bronagh Gallagher (Una Maher), Pascal Scott (Dr Gleeson)…
Date de naissance : 2012 / Nationalité : Angleterre-Irlande
Taille/Poids : 1h34 – 4 millions £

Signes particuliers (+) : Une délicieuse comédie horrifique référentielle, renvoyant aux films de monstres des années 70/80. Personnages hauts en couleurs, univers singulier et dépaysant et un excellent mélange de fantastique et de second degré. Et de beaux effets spéciaux pour cette petite pépite.

Signes particuliers (-) : La BO inégale.

 

VIVONS MIEUX, VIVONS BOURRÉS !

Résumé : La tranquillité des paisibles côtes d’Erin island au large de l’Irlande, est troublée par une créature extraterrestre assoiffée d’eau et de sang. Le policier alcoolique Ciaran O’Shea, une jolie fliquette en intérim Lisa Nolan, un pêcheur imbibé d’alcool et un scientifique vont tout faire pour combattre la menace…

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Après un premier long-métrage en 2009, la comédie horrifique Tormented, le réalisateur Jon Wright enchaîne avec son second film de cinéma, encore un film de genre opérant comme un retour dans le temps, direction les années 80. Grabbers est plus précisément un film de monstre à l’ancienne avec ses créatures tentaculaires kitsch dans l’idée mais bien fichues dans les faits, créées avec des CGI plutôt bluffants compte tenu du modeste budget de 4 millions de livres alloué à cette sympathique coproduction irlando-britannique franchement et fraîchement très plaisante. Présenté hors compétition au dernier festival de Gérardmer et à L’Etrange Festival parisien, Grabbers a fait son petit effet en recevant un très chaleureux accueil public bien mérité, lui qui avait déjà été sacré au NIFFF de Neuchâtel, à Strasbourg (le prix du public justement) ou encore à Nice.

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Comme Tormented avant lui, Grabbers n’est pas qu’une petite série B horrifique agitant son monstre dans tous les sens pour se rendre faussement spectaculaire. C’est surtout et avant tout, une comédie presque burlesque dans l’âme, un brin barrée, et prenant racine sur une île irlandaise au large des côtes, peuplée de rednecks locaux ayant pour la plupart comme hobbie principal, la consommation excessive de bière et de whisky, à l’image de O’Shea, un représentant de la loi très porté sur la bouteille. Alors que débarque une jeune fliquette de la ville pour assurer un intérim, des créatures venues de l’espace dans une météorite qui se crashe vont semer la zizanie dans cette contrée d’ordinaire très calme et animée seulement par ses pochtrons, des personnages hauts en couleur qui régale dans le script somme toute assez basique mais qui fonctionne pondu par Jon Wright, une sorte de fils spirituel d’Edgar Wright, le père de Shaun of The Dead. Car impossible de ne pas évoquer le phénomène culte zombiesque anglais en parlant de Grabbers pour la simple et bonne raison que, comme lui, la modeste péloche de Jon Wright s’ancre parfaitement dans la veine de ces œuvres de la nouvelle génération de l’horreur britannique. Des films qui fleurent bon un parfum eighties agréable et nostalgique et qui mélangent systématiquement horreur et comédie pour un rendu au ton singulier, typique de cette vague qui ne cesse de nous séduire. Début 2000, Shaun of the Dead semble avoir été le déclic efficace relançant et modernisant le registre d’une cinématographie qui tourne définitivement l’illustre page souvenir du mythe de la Hammer. En voyant Grabbers, on pense par exemple à tous les Attack the Block, Bienvenue au Cottage, Doghouse ou Cockneys vs Zombies… Des films inscrits dans différents sous-genres de l’horreur mais qui partage la même essence structurelle, animés par le même esprit référentiel aux années 80.

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Et Jon Wright semble aimer ce mélange des genres et œuvre dans ce mariage avec talent. Une fois de plus, il mêlera comédie décalée virant parfois au loufoque (combattre le monstre complètement bourré pour être immunisé, ça s’invente pas) et horreur rétro avec sa créature rappelant les vieilles péloches de genre très amatrices de ce genre de monstre. Avec sa bonhommie divertissante, son ton marqué du sceau de la « franche rigolade » second degré, sa non-prétention et son absence de sérieux et ses sympathiques séquences horrifiques très rétro dans leur réalisation et leur conception, Grabbers est une petite surprise qui fait du bien et qui fait perdurer cette horreur à l’anglaise distrayante et revigorante.

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Jon Wright franchit clairement un palier dans sa carrière. Plus maîtrisé, plus esthétisé et cinématographique, Grabbers est une petite péloche qui ne paye pas de mine comme ses personnages imbibés, très séduisante. Une comédie horrifique mineure mais qui fait passer un agréable moment pour tout amateur de genre entre une première partie qui rappelle le cinéma des années 70 et une seconde plus proche de celui des années 80, le tout dominé par un esprit irlandais éthylico-cool jouissif, dans l’esprit du récent L’irlandais (The Guard) de John Michael McDonagh riant des clichés locaux assumés.

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Beaucoup de générosité, du rire second degré, du fantastico-horrifique bien foutu, des acteurs convaincants (entre l’excellent Richard Coyle touchant, la belle Ruth Bradley et l’hilarant Lalor Roddy en pêcheur pochtron) et une mise en scène très soigné malgré la modestie du projet, Grabbers est une petite pépite efficace comme la Grande-Bretagne aime à nous en offrir chaque année. C’est devenu presque une tradition et une qui tient bon. On aime ça !

Bande-annonce :

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