EXPANDABLES 2 : UNITÉ SPÉCIALE (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : The Expandables 2 : Back from War
Parents : Simon West
Livret de famille : Sylvester Stallone (Barney), Jason Statham (Lee), Bruce Willis (Church), Arnold Schwarzenegger (Trench), Jean-Claude van Damme (Vilain), Chuck Norris (Booker), Jet Li (Yin), Dolph Lundgren (Gunnar), Terry Crews (Hale), Randy Couture (Toll), Liam Hemsworth (Bill the kid), Yu Nan (Maggie), Charisma Carpenter (Lacy)…
Date de naissance-Nationalité : 2012 / États-Unis
Taille/Poids : 1h42 – 100 millions $

Signes particuliers (+) : Fun, bourrin et décomplexé comme le premier mais x2. Des guests, de l’humour, de l’auto-dérision et du spectacle.

Signes particuliers (-) : La réal brouillonne du tâcheron Simon West. Un script très confus.

 

EXPANDABLES ROUND 2 : LET’S PLAY AGAIN !

Résumé : L’équipe des Expandables doit repartir en mission en Albanie à la recherche d’un coffre fort perdu dans le crash d’un avion contenant quelque de précieux que le Gouvernement veut à tout prix récupéré… le coffre faisant l’objet de nombreuses convoitises, la mission ne s’annonce pas reposante !

C’est avec un plaisir régressif non-dissimulé que l’on avait accueilli il y a deux ans la bande des Expandables, groupe de mercenaires aux trognes burinées par l’expérience empilant les kilos de biceps comme des cageots de tomates dans le hangar d’un agriculteur provençal. Stallone avait fait joué ses relations et convoqué tous ses potes de muscu pour un délire bourrin, aussi simpliste que méchamment fun. Entre les Statham, les Lundgren, les Jet Li, les Mickey Rourke et consorts auxquels s’ajoutait le père Rambo, l’acteur/cinéaste s’était même octroyé le luxe d’un petit passage de ses amis Bruce Willis et Arnold Schwarzenegger. Expandables ne respirait pas la finesse, l’avait même évacué aux chiottes dès l’écriture, et proposait le plus simplement du monde, un gigantesque barnum nourri à l’action, basique à souhait mais spectaculaire et à la limite de l’auto-parodie du genre. La sincérité du résultat avait donné un moment de pure jubilation estivale en 2010.

Et voilà qu’à notre plus grand plaisir, la troupe rempile, conscients que pour beaucoup, ils sont en train là de tirer leurs dernières salves dans le genre. Alors autant faire de ce baroud d’honneur un nouveau moment de pure éclate, fendarde comme jamais. Sauf que, nuance, cette fois Stallone, qui récidive au scénario associé à David Callaham, va faire un effort pour inviter la réalité des choses et de la fin d’une époque dans un script qui va se jouer sur deux niveaux. Le premier étant l’entertainment qui dépote sévère et le second, un jouissif sous-texte crépusculaire sur une génération d’anciennes stars du film musclé qui aujourd’hui, sont vieillissantes et s’apprêtent à tirer un de ces jours leur révérence, au moins dans le registre. Autre innovation, Stallone ne rempilera pas derrière la caméra. La mise en scène sera assumée par le tâcheron Simon West, qui n’a pas toujours fait des miracles dès lors qu’il s’agit d’emballer des scènes d’action efficaces, par manque de personnalité et une tendance au bordélique. Espérons donc que Expandables 2 sera plus proche de son marrant Les Ailes de L’enfer que de la navrante purge Lara Croft.

Comme Expandables 2 a les mêmes intentions que son prédécesseur, Stallone sait comment faire plaisir. Quand le casting définitif du premier fut bouclé, ont commencé à être pointées un peu partout les absences. Chacun y aurait bien vu untel ou untel. Pas de panique. Puisqu’un deux est prévu, autant monter encore d’un cran dans la démence avec une liste de nom à faire pâlir un financier de studio face à la somme que va coûter rien que le casting. Alors pour le anciens, Stallone rempile bien sûr mais aussi Dolph Lundgren (bon, ok, il était mort dans le premier mais on s’en fout. Nouveau film, nouvelle histoire), Jason Statham, Jet Li, le combattant Randy Couture, Terry Crews et bien entendu, Bruce Willis et un Schwarzy qui signe officiellement son retour au cinéma post-politique. Ces deux derniers ont des rôles un peu plus importants et développés que dans le premier où ils ne faisaient qu’un caméo sympathique. Imaginez deux secondes de voir flingue à la main, côte-à-côte, le trio Arnold, Sylvester et Bruce ! Toutes la culture actionner des années 80 qui remonte d’un coup à la surface ! Et pour couronner le tour de force, il fallait bien sûr des petits nouveaux. On passera sur la femme de service, Yu Nan, qui n’apporte pas grand-chose (et surtout qui ne fait office de gros bras comme ça aurait pu l’être avec une Michelle Rodriguez par exemple) pour s’attarder plutôt sur deux plaisirs bandants : Jean-Claude Van Damme (qui avait décliné l’offre sur le un mais qui du coup débarque sur le deux) et le légendaire et narnardesque Texas Rangers qui fait du kung-fu, Chuck Norris !

100 millions de dollars plus tard avec la participation de la boîte de production de films bis Nu Image (qui décidément continue à prendre de l’ampleur dans le paysage ciné ricain) et voilà que toute cette joyeuse équipe se lance à grands coups de pétoires, dans de titanesques aventures qui s’annoncent destructrices comme un carnage grandeur nature. Et ça, pour péter, ça va péter. Le budget est proportionnel aux kilos de muscles à l’image. Et dans un mélange d’action tantôt violente, tantôt ultra-spectaculaire, d’humour débridé hyper-drôle fonctionnant souvent aux taglines expéditives et à l’auto-parodie référentielle, Expandables 2 nous en donne pour notre argent. C’est bien simple, on prend plein la tronche pendant 100 minutes sans que ça en devienne agaçant grâce à quelques moments de pose laissant le champ libre au film de pouvoir déballer son humour décalé. Clins d’œil appuyés à Rambo, à Terminator, à Chuck Norris, le seul mec qui est capable de tout, ce second Expandables est franchement cocasse et mortel question humour ravageur. Voir Schwarzenegger dans une smart mini, ça n’a pas de prix. De même que voir le trio Stallone-Willis-Schwarzy converser sur le fait que leur place est dans un musée. Une scène aussi amusante que triste quelque part puisque avec mélancolie et nostalgie, elle vient nous rappeler que ces mecs là vont sur leur fin et la relève n’a pas la même aura. Ce ne sont certainement pas (tout respect que l’on peut avoir pour eux) les Vin Diesel ou les The Rock qui viendront nous faire oublier les Rocky, Rambo, Terminator, Jack Slater, John McClane et consorts.

Drôle, bourrin et fun, voilà les ingrédients de cette séquelle réussie qui comporte son lot de défauts que l’on pardonne devant, à nouveau, la sincérité de ces gaillards là qui s’éclatent autant qu’ils nous éclatent. Simon West fait le job mais se rate sur plusieurs séquences qui virent au n’importe quoi. Mais bon, on passe dessus tant l’ensemble à un côté de toute façon quasi-cartoonesque et portnawak. On passe aussi sur les raccourcis scénaristiques puisqu’ils sont le scénario entier donc… De même, c’est pas toujours très bien joué de la part d’un casting que l’on a vu mieux faire quand même, pas aidé il faut dire par les dialogues les plus débiles de l’histoire récente du cinéma (vannes mis à part, mais plutôt dans les dialogues simples et anodins on va dire). Mais bon, comme on le disait, on n’est pas venu pour la finesse et la qualité. Expandables 2 est une nouvelle mission remplie. Un gros divertissement calibré pour déménager, nourrie à la testostérone (et franchement, on nous avait annoncé ça sur l’arnaque Fast and Furious 5, ben là, c’est carrément autre chose au moins !) et à la virilité old school où des futurs papis donnent ce qui leur reste comme jus. On les sent usés mais aussi rusés, car avec un peu de traficotage par-ci par-là, ça le fait quand même, encore et toujours ! Quel pied ! Et dire qu’on parle déjà de Wesley Snipes, Clint Eastwood et Nicolas Cage pour le 3 !!

Bande-annonce :

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