EDEN de Megan Griffith
Avant-première – critique (drame)

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note 3
Carte d’identité :
Nom : The Abduction of Eden
Père : Megan Griffiths
Livret de famille : Jamie Chung (Eden), Beau Bridges (Bob), Scott Mechlowicz (Jessie), Matt O’Leary (Vaughan)…
Date de naissance : 2012
Majorité au : 13 novembre 2013 (en salles)
Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 1h38 – Budget NC

Signes particuliers (+) : La prestation de Jamie Chung enfin dans un premier rôle intéressant.

Signes particuliers (-) : Plus un drama téléfilmé insipide qu’un véritable film de cinéma, avec tout ce que cela comprend de raccourcis scénaristiques, de trame simpliste peu étoffée et de nullité de fond affligeante. Inutile.

 

UN FILM FAST AND PAS FURIOUS

Résumé : Eden, jolie brin de jeune femme pure, sort un soir dans un bar avec une amie. Elle sera fera kidnappée par un beau-parleur qui la vendra à un réseau de prostitution international. Le début de son calvaire…

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L’INTRO :

Un sombre et tragique fait divers comme matériau de base, de jolies jeunes femmes kidnappées et séquestrées par un vaste réseau de prostitution forcée, la mignonne Jamie Chung enfin en vedette, une affiche attirante, un classement « R » et la promesse d’un drame indépendant âpre et réaliste réalisé par une metteur en scène, Megan Griffiths, qui s’est faite remarquée par des courts appréciés et un premier long présenté à Sundance… Il n’en fallait pas plus pour qu’Eden attire notre attention d’autant que le film a reçu quelques prix, venant notamment du public dont il a conquis visiblement les cœurs… Inédit chez nous, on pensait (à tort du coup) qu’Eden le resterait pour fort longtemps voire à vie, d’autant que sa sortie américaine commence à dater, y compris en DVD et VOD. Mais surprise inattendue, le film sortira dans les salles françaises sous la bannière Universal en novembre prochain. Présent dans les bacs anglais depuis septembre dernier, ce fut l’occasion pour nous d’y jeter un coup d’œil. Le désenchantement aura été à la mesure de l’envie de le découvrir.

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On aura vraiment eu du mal à comprendre (et c’est pas faute d’avoir essayé) en quoi Eden a pu vaguement plaire aux publics des festivals de Seattle, San Diego et d’Austin. De même que l’on a eu beaucoup à faire la différence entre ce film de cinéma et un pauvre téléfilm bouche-trou de jeudi après-midi sur TF1. Après avoir lu dans les journaux le récit de la pauvre Kim Chong, une jeune femme qui a vécu l’enfer d’être kidnappée pour être vendue dans le cadre d’un horrible trafic de jeunes filles, le scénariste Richard B. Phillips a décidé de contacter cette victime pour adapter son histoire au cinéma. En collaboration avec elle, c’est à quatre mains qu’ils ont rédigé le script d’Eden avant que Megan Griffiths s’en voit confier la réalisation. Le résultat est tout simplement catastrophique malgré ses bonnes intentions de coller à la réalité et notamment au parcours psychologique de la jeune femme avec un lointain appel du pied au fameux syndrome de Stockholm à force d’être coincée dans un mode de vie sans échappatoire possible.

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L’AVIS :

Eden pèche à tous les niveaux en dehors de la prestation irréprochable d’une Jamie Chung qui confirme tout le bien que l’on pense de la jeune comédienne. Mou, sans âme ni épaisseur et surtout sans aspérité, le travail de Megan Griffiths s’arc-boute sur une structure dramatique des plus mauvaises, illustrant (au lieu de « raconter ») son histoire non pas avec des ficelles mais des cordes de marin gros calibre. Sans finesse d’écriture et se bornant à suivre tout droit la ligne blanche tracée par un script lisse ne déviant jamais pour étoffer son sujet, Eden se retrouve engoncé dans son canevas des plus simplistes se contentant de mettre bout à bout des moments sans jamais former quelque-chose. Le métrage ne véhicule alors aucune émotion, pas plus qu’il ne laisse le temps de s’attacher à son personnage dont il brosse le portrait à grands coups d’ellipses anéantissant les enjeux un à un (avec comme seule idée, ce nom, Eden, renvoyant à la symbolique de sa pureté originelle salie). Dix minutes de présentation, une dizaine d’autres d’exposition du postulat et voilà qu’en vingt minutes, Eden vient de survoler une année entière sans que l’on ait eu le temps d’être attiré par ce cruel récit que l’on aurait voulu voir tel qu’il devait l’être à l’origine, douloureux, torturé, hargneux, crasseux. Face à un tel sujet, il eut été préférable de ne rien faire plutôt que cette pauvre mise en image peu travaillée et peu inspirée, essayant de porter à la connaissance de tous une horreur sans nom mais n’exploitant finalement rien de sa matière à force de sans cesse faire dans le résumé bâclé sans consistance.

Bande-annonce :

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