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UNE BARQUE SUR L’OCÉAN de Arnold de Parscau : la critique du film

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Carte d’identité :
Nom : Une barque sur l’océan
Père : Arnold de Parscau
Date de naissance : 2019
Majorité : 26 août 2020
Type : sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h35 / Poids : NC
Genre : Drame, Romance

 

Livret de famille : Hari Santika, Dorcas Coppin, Elisza Cahaya…

Signes particuliers : Pas honteux mais manque d’ambition.

 

 

UNE RÉINTERPRÉTATION DE MARTIN EDEN

NOTRE AVIS SUR UNE BARQUE SUR L’OCÉAN

Synopsis : Eka est un jeune Balinais de 25 ans vivant dans un petit village perdu au nord de Bali. Par amour pour Margaux, belle étudiante en piano expatriée sur l’île avec sa famille française dans une luxueuse villa, Eka décide d’apprendre à composer de la musique. Le jeune homme va se laisser envouter par ce monde artistique qu’il cherche à conquérir, lui faisant espérer une nouvelle vie loin de la pauvreté et de la dureté de son milieu. Mais sa chute sera à la mesure de son ascension vers le succès : vertigineuse et tragique.

  

Il y a environ un an, le réalisateur italien Pietro Marcello brillait avec son adaptation de Martin Eden, le classique de Jack London jugé difficile à porter à l’écran. L’histoire d’un jeune marin qui après défendu un fils de bonne famille au détour d’une rixe, pénétrait dans l’intimité de sa famille bourgeoise. C’est là qu’il va tomber instantanément amoureux de la sœur cadette, une jeune fille aussi belle que très instruite. Pour lui plaire, Martin Eden va essayer de se forger une culture et de devenir écrivain. Avec Une Barque sur l’océan, le réalisateur Arnold de Parscau reprend à son compte le roman de London en faisant glisser l’univers de la littérature vers la musique, et le cadre de l’Angleterre du début du XXème siècle vers le Bali d’aujourd’hui. Adapter Martin Eden n’était déjà pas simple, mais en transposer l’histoire était un pari plus qu’ambitieux. Et Arnold de Parscau s’en est pas trop mal sorti.

D’un bout à l’autre de Une Barque sur l’océan, on n’a de cesse de se dire qu’il manque un petit quelque chose d’indéfinissable pour vraiment transfigurer cette adaptation-relecture du chef-d’œuvre de Jack London. Pourtant, tout semble y être. La campagne Ulule a permis de réunir un financement décent pour produire un film cinématographique et non plombé par une facture télévisuelle, Arnold de Parscau s’est entouré de bons comédiens (Hari Santika -acteur non-professionnel très convaincant- et Dorcas Coppin vue dans Colette), l’écriture parvient à reproduire les thématiques importantes de l’histoire notamment celle de la lutte des classes, de l’art comme moyen de s’élever socialement et d’un amour par-delà les oppositions de monde façon Roméo et Juliette, et enfin le fait d’avoir choisi Bali comme cadre apporte un vrai plus qui ne résume pas à un simple exotisme suranné. Ce qui manque donc ? Peut-être une patte, un ton plus personnel et affirmé, bref de quoi rendre cette transposition un peu moins lisse et plus intensément fiévreuse. Si en l’état Une Barque sur l’océan est globalement agréable à suivre, il est lesté par le poids d’un récit mélodramatique pas très original et vite encerclé par les poncifs du genre. Notamment dans une dernière partie très mécanique et artificielle où l’on comprend ce que ressent le personnage mais l’on peine à le vivre avec lui. L’histoire qui se déroule sous nos yeux opère sans surprise et à distance, et l’on en retient surtout au final une belle musique signée Cyrille Marchesseau (au passage, le pari de la musique classique comme univers est largement relevé) et une jolie fin, certes un brin facile mais éprise de poésie et prolongeant les belles images vues auparavant en laissant poindre une sorte de charme tragique évanescent.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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