ROULEZ JEUNESSE de Julien Guetta : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Roulez Jeunesse
Père : Julien Guetta
Date de naissance : 2018
Majorité : 25 juillet 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h24 / Poids : NC
Genre
: Comédie dramatique

Livret de famille : Eric Judor, Laure Calamy, Brigitte Roüan…

Signes particuliers : Entre la comédie et le drame.

UNE BIEN CURIEUSE « COMÉDIE »

LA CRITIQUE DE ROULEZ JEUNESSE

Résumé : Alex, 43 ans, est dépanneur automobile dans le garage que dirige d’une main de fer sa mère. Un jour, il dépanne une jeune femme et passe la nuit chez elle, mais au petit matin elle a disparu lui laissant sur les bras trois enfants.

Gare à la tromperie sur la marchandise. En apparence si l’on se fie à sa bande-annonce efficace ou à son affiche évocatrice, Roulez Jeunesse est une joyeuse comédie débridée menée tambour battant par un Eric Judor dépassé par des événements qui lui tombe dessus comme un orage de grêle un soir d’été. En l’occurrence, un brave dépanneur automobile raccompagne chez elle une jeune femme en rade au bord de la route. Il passe la nuit chez elle et au petit matin, surprise, elle s’est barrée en lui laissant ses trois enfants sur les bras ! Un pitch de pure comédie donc, mais dans les faits le film de Julien Guetta est très loin de l’image que renvoie sa campagne promotionnelle axée sur l’humour à se taper le cul parterre. On croit y déceler tous les ingrédients d’une comédie délirante, on se retrouve à l’arrivée face à un film bien plus nuancé que prévu. On croit être en présence d’un long-métrage banalement classique, on se retrouve devant un effort qui ose quelque chose d’assez audacieux. Avec réussite ? Ça c’est un autre débat.

Avec Roulez Jeunesse, Julien Guetta tente un mélange très surprenant, mettant à égale proportion comédie et drame. En un sens, on pourrait presque dire que Roulez Jeunesse incarne vraiment le strict concept de la « comédie dramatique », aujourd’hui trop souvent employé à tort et à travers dès qu’un film glisse un soupçon de drame dans une comédie ou dès qu’une comédie part sur les bases d’un drame avant de filer sur le chemin de la farce. L’originalité de Roulez Jeunesse est finalement d’être véritablement fractionné, tant dans son récit que dans son essence profonde. Si une composante de l’intrigue a clairement pour but de faire rire, sa voisine intrinsèque est terriblement tragique, à tel point que l’on éprouve l’étrange sensation que deux films coexistent en un seul dans cet effort le cul assis entre deux chaises. Tout y est question d’écriture. Dans l’absolu et avec un choix plus ferme appliqué à la base, Guetta aurait pu faire de son Roulez Jeunesse une pure comédie cocasse rectiligne comme il aurait pu en faire un vrai drame profondément douloureux. Le cinéaste a fait le choix de l’entredeux, du glissement progressif de l’un vers l’autre, et le mariage surprend. Roulez Jeunesse n’est pas forcément totalement abouti ni dans sa part de comédie, ni dans sa part de drame, mais il se produit quelque chose entre rires et larmes, et c’est déjà pas mal.

BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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