MANHATTAN STORIES de Dustin Guy Defa : la critique du film
sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Manhattan Stories
Père : Dustin Guy Defa
Date de naissance : 2017
Majorité : 16 mai 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h25 / Poids : NC
Genre
: Comédie dramatique

Livret de famille : Abbi Jacobson, Michael Cera, Tavi Gevinson, Philipp Baker Hall, George Sample, Bene Coopersmith…

Signes particuliers : L’ombre de Woody Allen plane.

DES PERSONNAGES POUSSÉS PAR L’ÉNERGIE DE NEW-YORK

LA CRITIQUE DE MANHATTAN STORIES

Résumé : Une journée à Manhattan. Dès le réveil, Benny, fan de vinyles collectors et de chemises bariolées n’a qu’une obsession : aller récupérer un disque rare de Charlie Parker. Mais il doit aussi gérer la déprime de son coloc Ray qui ne sait comment se racheter après avoir posté en ligne, en guise de vengeance, des photos de nu de sa copine. Pendant ce temps, Claire, chroniqueuse judiciaire débutante passe sa première journée sur le terrain aux côtés de Phil, journaliste d’investigation pour un tabloïd ayant des méthodes douteuses pour obtenir un scoop. Leur enquête va les mener jusqu’à Jimmy, un horloger qui pourrait détenir, sans le savoir, les preuves d’un meurtre. Quelques blocks plus loin, Wendy, une étudiante désabusée du monde actuel, tente de persuader sa meilleure amie Mélanie qu’idéaux féministes et désirs sexuels ne sont pas incompatibles. S’ils ne se croisent pas toujours, une connexion existe entre tous : l’énergie de New-York. 

Quand un cinéaste s’essaie à la chronique douce-amère en peignant le portrait de personnages atypiques pris dans le tourbillon de l’effervescente New-York, difficile de ne pas penser au Woody Allen des grandes heures. La comparaison est certes facile, mais inéluctable. Et parce que le réalisateur de Manhattan et autres pépites a bien marqué le terrain de son empreinte pendant des années, venir jouer sur ses terres demande plus que du savoir-faire de copiste. Il faut une bonne dose d’inspiration pour réussir à se démarquer de ce qui a été fait, pour s’abreuver du modèle tout en s’en démarquant pour trouver quelque chose de neuf à raconter. Et c’est en grande partie ce qu’il manque à Dustin Guy Defa, dont Manhattan Stories est le premier long-métrage. 

Un collectionneur de vinyles, un coloc déprimé qui se sent coupable du sale tour qu’il a joué à son ex, un chroniqueuse judiciaire qui débute sous l’aile d’un journaliste en quête de scoop, un horloger au centre d’un meurtre, une étudiante désabusée, sa meilleure amie qui subit ses réflexions, telle est la vaste galerie qui anime Manhattan Stories, chronique choral qui s’amuse à constamment passer de la drôlerie à la tendresse, et vice-versa. Si ce premier effort de Dustin Guy Defa a pour lui un certain charme à la simplicité pas déplaisante, Manhattan Stories tourne malheureusement vite à vide, parce que n’est pas Woody Allen qui veut et parce que Defa peine à transcender son exercice de style qui ne va pas plus loin que son seul postulat. Le capital sympathie que le film parvient à s’octroyer ne suffit pas à combler les trous qui parsèment sa démarche, et faute d’un propos, d’une cohérence thématique autre qu’un simple « portrait de la diversité des new-yorkais » et d’un attachement immédiat pour des personnages finalement trop distants, Manhattan Stories s’étiole progressivement et finit par devenir un petit long-métrage que l’on regarde d’un œil amusé mais distancé. On sourit de temps à temps, on s’émeut parfois, mais l’ensemble à la rigueur chancelante, tend vers la futilité et le déjà-vu en mieux ailleurs. 

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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