LOVE HUNTERS de Ben Young : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Hounds of Love
Père : Ben Young
Date de naissance : 2016
Majorité : 12 juillet 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : Australie
Taille : 1h50 / Poids : NC
Genre : Thriller

Livret de famille : Ashleigh Cummings, Emma Booth, Stephen Curry, Susie Porter…

Signes particuliers : Un thriller psychologique très maîtrisé.

L’HORREUR PEUT SE CACHER PARTOUT

LA CRITIQUE DE LOVE HUNTERS

Résumé : Australie, été 1987. Un soir, alors que la jeune Vicki Maloney se rend à une soirée, elle est abordée dans la rue par Evelyn et John White, deux trentenaires qui l’invitent chez eux. Sur place, elle comprend qu’elle est tombée dans un piège. Séquestrée, sa seule chance de survie sera d’exploiter les failles du couple… 

Curieux objet que ce Love Hunters en provenance d’Australie, premier long-métrage du réalisateur Ben Young. Le cinéaste y navigue entre le cinéma de genre, le thriller psychologique, le portrait d’une romance malsaine et le drame profondément anxiogène. Dans une banlieue au calme apparent, un couple de désaxés enlève des jeunes filles, qu’ils séquestrent et violent avant de les tuer. Vicki, une adolescente ayant fait le mur pour se rendre à une soirée, va croiser la route de ce duo de pervers psychopathes. Le début d’un long calvaire cauchemardesque. Présenté à la Mostra de Venise puis au festival de Beaune, Love Hunters avait reçu un bel accueil qui a fait croître la notoriété de cette petite série B venue de loin pour malmener les spectateurs français en salles à compter du 12 juillet prochain.

Il y a beaucoup de choses très séduisantes dans Love Hunters. A commencer par la façon dont le réalisateur Ben Young pose son cadre. Plutôt que de prendre le chemin de bas-fonds mal famés propices à l’émergence de tous les détraqués, le réalisateur a choisi de fixer son thriller dans une banlieue résidentielle propre en apparence et qui inspirerait la confiance si elle ne cachait pas des monstres  humains tranquillement posés dans leurs petites bicoques douillettes. Plutôt que d’axer son film sur sa victime pour en faire un survival comme on a pu en voir des dizaines ces dernières années, Young a préféré se tourner vers la psychologie de ses geôliers, ce couple étrange et déséquilibré où l’un domine l’autre, où l’amour est rongeur, où le pouvoir de cette domination pas loin de la perversion narcissique va conduire vers l’horreur. Car au fond, c’est ce qu’a voulu montrer Ben Young à travers Love Hunters. Une relation amoureuse ambiguë et destructrice qui pousse une faible à suivre un fort à la pseudo-virilité de façade (laquelle est vite effritée), qui la manipule et se sert d’elle comme masque de sa lâcheté. Cette relation au cœur du film est sans doute le plus fascinant dans Love Hunters, et c’est ce qui lui apporte une certaine originalité du regard et de l’approche. D’autant que la pauvre victime de ces bourreaux médiocres est perçue comme un moteur souvent hors-champs, pour mieux décrypter les rouages de cette mécanique cruelle et ambivalente, et pour mieux explorer en profondeur des personnages remarquablement travaillés. Tout cela, sans jamais que ladite victime soit oubliée. Le dosage injecté par Ben Young est savant, idéal pour attirer à la fois l’empathie sur cette adolescente kidnappée à laquelle on s’attache, et pour donner du relief au vrai sujet du film.

Love Hunters est presque un tour de force, qui ne souffre que de petites maladresses d’un premier film. Le fait que Ben Young joue largement la carte de l’énigmatique, s’attardant sur le présent sans chercher à l’expliquer (on ne connaît pas l’origine de la folie de ces psychopathes), renforce la férocité d’une œuvre épurée de fioritures, qui n’a pas besoin d’être voyeuriste pour être dérangeante, malaisante et efficace (les abominations sont souvent reléguées hors du cadre). Tout fonctionne bien et avec intelligence, et si le film ne parvient pas à se hisser vers des sommets, faute d’avoir su vraiment creuser de manière optimale ses thématiques jugées principales, l’effort est digne d’un excellent portrait qui fait froid dans le dos.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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