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LE CHOC DU FUTUR de Marc Collin : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Le Choc du Futur
Père : Marc Collin
Date de naissance : 2018
Majorité : 19 juin 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille
: 1h24 / Poids : NC
Genre : Musical

Livret de famille : Alma Jodorowsky, Clara Luciani, Philippe Rebbot…

Signes particuliers : Un objet filmique étonnant.

À L’AUBE DE LA MUSIQUE ÉLECTRONIQUE

LA CRITIQUE DE LE CHOC DU FUTUR

Synopsis : Paris 1978, dans une industrie musicale à prédominance masculine, Ana utilise de nouvelles machines électroniques pour se faire entendre, créant ainsi un nouveau son qui marquera les décennies à venir : la musique du Futur.

Musicien et compositeur de métier, Marc Collin s’essaie à la mise en scène avec Le Choc du Futur, un film musical qui utilise l’histoire d’une jeune passionnée de musique post-moderne pour évoquer l’arrivée des sons électroniques en France à la fin des années 70. Tourné pour trois roupies et demi selon une idéologie artistique qui n’est pas sans rappeler celle de la Nouvelle Vague, Le Choc du Futur est un portrait dépouillé adossé à une esquisse d’intrigue sans réels rebondissements, avec peu d’acteurs, un unique appartement pour cadre et une poignée d’heures comme plage narrative. Plus qu’un « film » classique, il est davantage une immersion statique mais sonore, essayant de capter l’esprit d’un vent de nouveauté qui a soufflé à la fin seventies alors que Sheila ou Cloclo saturaient l’espace audio pendant qu’une génération s’apprêtait à jaillir dans le sillage de Jean-Michel Jarre, pour n’en citer qu’un.

Le Choc du Futur est un étrange ofni, dont on pourrait lister les désagréments tant il semble n’avoir pas grand-chose pour lui sur le papier. Un extrême minimalisme qui trahit son désargentement, un décor quasi unique dans lequel se cogne une intrigue qui se boucle sur elle-même, peu d’ambitions formelles affichées et un double niveau de lecture féministe maladroitement formulé. On en viendrait presque à se demander parfois si l’on ne serait pas à la lisière de l’exercice amateur mal maîtrisé. Et pourtant, curieusement, alors que le film tourne en rond en répétant les mêmes scènes à foison, on finit par se prendre au jeu de cette promenade musicale à l’intimisme immersif. Le Choc du Futur dégage un quelque chose d’hypnotisant qu’il est difficile d’expliquer. Convaincue et convaincante dans ce qu’elle joue, la magnifique et talentueuse Alma Jodorowsky n’est peut-être pas étrangère à l’attachement ressenti. Elle prête son volontarisme pour illustrer ce regard sur la musique et sur les artistes féminines révolutionnaires souvent oubliées par l’histoire. En effet, en filigrane, l’idée de Marc Collin était aussi d’évoquer l’aspect patriarcal du monde de la musique et de rappeler que derrière un Jean-Michel Jarre nommé personnalité de l’année par People en 1977, il y avait des tas d’artistes dans l’ombre, dont des femmes comme Eliane Radigue que le cinéaste n’hésite pas à évoquer en interview. A échelle de cinéma, cela nous rappelle l’histoire d’Alice Guy, l’une des pionnières du cinéma souvent oubliée derrière des noms d’hommes tels que les frères Lumières ou Méliès.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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