GUY de Alex Lutz : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Guy
Père : Alex Lutz
Date de naissance : 2018
Majorité : 29 août 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h41 / Poids : NC
Genre
: Comédie dramatique

Livret de famille : Alex Lutz, Tom Dingler, Pascale Arbillot, Dani, Julien Clerc, Nicole Calfan, Elodie Bouchez, Brigitte Rouän…

Signes particuliers : L’un des plus beaux films français de l’année.

UN BIJOU SIGNÉ ALEX LUTZ

LA CRITIQUE DE GUY

Résumé : Gauthier, un jeune journaliste, apprend par sa mère qu’il serait le fils illégitime de Guy Jamet, un artiste de variété française ayant eu son heure de gloire entre les années 60 et 90. Celui-ci est justement en train de sortir un album de reprises et de faire une tournée. Gauthier décide de le suivre, caméra au poing, dans sa vie quotidienne et ses concerts de province, pour en faire un portrait documentaire.

Pour son second long-métrage en tant que réalisateur, Alex Lutz se met en scène dans la peau d’un vieux chanteur populaire d’antan, suivi et filmé pour les besoins d’un portrait-documentaire réalisé par un jeune homme qu’il ne sait pas être son fils. Avec Guy, Alex Lutz s’essaie à une sorte de pari conceptuel. Son film épouse le regard de cet objectif suivant ce personnage, et c’est en caméra subjective façon « mockumentaire » que l’on s’immisce dans la vie de Guy Jamet, son héros de fiction, entre images de vie, archives recrées et interviews confessionnelles. Le pari était audacieux, l’essai est transformé en exploit cinématographique puisque Guy est un petit miracle de cinéma et assurément l’un des plus beaux et des meilleurs films de l’année.

1h40. C’est le temps de la brève parenthèse que nous offre Alex Lutz en compagnie de son chanteur désuet inspiré par un mélange rappelant autant Sardou que Dave, Guy Béart ou Enrico Macias, mais aussi Cloclo, Adamo, Frédéric François voire Ringo. 1h40 donc, et en l’espace de ce moment si court pour brosser l’histoire d’une vie, Alex Lutz de nous attacher viscéralement à son personnage, de nous faire pénétrer dans son intimité à tel point que l’on croirait presque l’avoir toujours connu. Plus l’effeuillage de son existence se déroule avec délicatesse entre la réalité du présent d’un homme vieillissant et son glorieux passé évoqué à travers ses souvenirs contés, plus Guy de charge de particules qui vont de la drôlerie hilarante à l’émotion qui prend aux tripes, en passant par la profondeur d’une sublime et subtile réflexion sur l’existence. Du rire aux larmes avec les petites phrases vachardes de ce personnage truculent et les confidences les plus intimes d’un homme dévoilant sa vie sans fard, Guy se fait la démonstration d’un équilibre parfait qui emporte les cœurs et résonne dans les têtes. Car Alex Lutz ne se contente jamais d’un simple exercice de style vide et vain. Outre un postulat qui fonctionne terriblement bien, avec au passage une performance d’acteur impressionnante (Lutz est à césariser de toute urgence), Guy retrace une existence universelle, et parle de la vie, de la vieillesse, du spectre de la mort, des réussites et des échecs, des aboutissements et des regrets, il parle de filiation, de transmission, des hommes avec leurs qualités et leurs défauts, leurs atouts et leurs faiblesses. C’est probablement le plus fascinant dans l’œuvre bouleversante d’Alex Lutz, cette capacité à partir du personnel pour dériver vers le général, à scruter un homme et à en extirper la quintessence de la vie. Tout cela sans prétention, sans snobisme bobo-parisien venu d’un élitiste qui croit avoir tout compris mieux que tout le monde. Guy est ludique, touchant, bourré d’humour et de tendresse, plein de bienveillance et de poésie aussi. Un formidable bijou qui emporte tout sur son passage, cohérent, intelligent, piquant, désarmant. Ne passez surtout pas à côté d’un magnifique moment de cinéma, c’est un bonheur à ne pas manquer !

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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