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EDMOND d’Alexis Michalik : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Edmond
Père : Alexis Michalik
Date de naissance : 2018
Majorité : 09 janvier 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h50 / Poids : NC
Genre : Comédie, Biopic

Livret de famille : Thomas Solivérès, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner, Tom Leeb, Lucie Boujenah, Clémentine Célarié, Igor Gotesman, Simon Abkarian, Dominique Pinon, Alice de Lencquesaing, Antoine Duléry…

Signes particuliers : Un divertissement sympathique et enlevé.

DU THÉÂTRE À L’ÉCRAN

LA CRITIQUE DE EDMOND

Synopsis : Décembre 1897, Paris. Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : elle n’est pas encore écrite. Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de cœur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit. Pour l’instant, il n’a que le titre : « Cyrano de Bergerac ».

Succès retentissant sur les planches, Edmond est l’adaptation au cinéma de la pièce de théâtre éponyme, par son propre auteur Alexis Michalik. L’histoire, librement inspiré de la vie du poète-dramaturge Edmond Rostand, relate l’improbable création de Cyrano de Bergerac, son chef-d’œuvre devenu la pièce la plus célèbre de l’histoire du théâtre français. À l’écran, le jeune Thomas Solivérès (Spirou et Fantasio) prête ses traits à Edmond Rostand, entouré d’Olivier Gourmet, Mathilde Seigner, Tom Leeb, Lucie Boujenah mais aussi Simon Abkarian, Clémentine Célarié ou Dominique Pinon.

Edmond est un film bicéphale, aussi mal aimable dans sa mise en scène qu’il est agréable à suivre pour son histoire. D’un bout à l’autre, l’effort d’Alexis Michalik est constamment partagé entre le spectacle artificiel et poussiéreux et la belle success story attachante, drôle et romanesque. Dans l’écriture, Edmond épouse ce qu’il raconte, parlant de la naissance d’un chef-d’œuvre du théâtre français en suivant lui-même un fil narratif construit comme la comédie théâtrale qu’il met à l’honneur, avec plusieurs actes et le recours au rire, à l’émotion, à la romance et à la douce tragédie. Mais pour illustrer son récit de création planté au XIXème siècle, Alexis Michalik tombe dans tous les clichés visuels possibles pour une œuvre historique, multipliant les plans ampoulés par manque d’idées de mise en scène, abusant d’une musique de soutien insupportable et s’acharnant à fabriquer du lyrisme factice avec les gros sabots d’un marchand de tapis. Michalik en fait trop tout le temps et confond souvent emphase et surcharge, académisme et vieillerie, poésie et bavardage, et la liste pourrait être longue. Autant de mauvais choix qui contrarie le joli chemin d’une comédie enlevée.

Il devient vite triste de voir ces choix artistiques rédhibitoires venir gâcher le plaisir d’un film pourtant sympathique et plaisant à suivre, truffé de jolies scènes et porté par des comédiens convaincus et convaincants. Ce manque de maîtrise, de créativité, et de talent pour comprendre qu’une mise en scène est au service d’une histoire et ne doit pas chercher à supplanter celle-ci, en est d’autant plus frustrant. Clairement, voilà un film qui aurait bien mérité un réalisateur d’un autre calibre, plus expérimenté et capable d’extraire le film des ornières de l’œuvre ampoulée.


BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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