LES SUFFRAGETTES de Sarah Gavron : la critique du film [sortie cinéma]

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note 5.5 -10
Carte d’identité :
Nom : Suffragette
Père : Sarah Gavron
Date de naissance : 2014
Majorité : 18 novembre 2015
Type : Sortie en salles
Nationalité : Angleterre
Taille : 1h46 / Poids : NC
Genre : Drame, Historique

Livret de famille : Carey Mulligan (Maud), Helena Bonham Carter (Edith), Meryl Streep (Mme Pankhurst), Brendan Gleeson (Arthur Steed), Anne-Marie Duff (Violet), Ben Whishaw (Sonny), Romola Garai (Alice), Finbar Lynch (Hugh)…

Signes particuliers : Un drame historique qui met en lumière le célèbre mouvement qui aura tant fait avancer les droits des femmes.

C’EST LA LUTTE FINALE

LA CRITIQUE

Résumé : Au début du siècle dernier, en Angleterre, des femmes de toutes conditions décident de se battre pour obtenir le droit de vote. Face à leurs revendications, les réactions du gouvernement sont de plus en plus brutales et les obligent à entrer dans la clandestinité pour une lutte de plus en plus radicale. Puisque les manifestations pacifiques n’ont rien donné, celles que l’on appelle les suffragettes finissent par avoir recours à la violence pour se faire entendre. Dans ce combat pour l’égalité, elles sont prêtes à tout risquer: leur travail, leur maison, leurs enfants, et même leur vie. Maud est l’une de ces femmes. Jeune, mariée, mère, elle va se jeter dans le tourbillon d’une histoire que plus rien n’arrêtera…suffragettesL’INTRO :

Réalisatrice du charmant Rendez-vous à Brick Lane en 2008, la cinéaste Sarah Gavron signe aujourd’hui son deuxième long-métrage de cinéma, un drame historique inspiré de faits réels, remontant le temps pour atterrir en 1912, en Angleterre, alors que le combat des Suffragettes faisait rage pour faire avancer les droits des femmes, à commencer par le droit de vote. Sobrement baptisé Les Suffragettes, le film de Gavron s’immerge dans cette période troublée, tout juste avant que la Première Guerre Mondiale ne vienne balayer provisoirement, les revendications de millions de femmes. Et si cet effort est à classer dans la catégorie « films historiques », il ne manque pas de faire un petit appel du pied à d’actualité, rappelant dans son générique de fin, que dans certains pays encore aujourd’hui, ce droit essentiel est toujours dénié. Porté par la douce et talentueuse Carey Mulligan, épaulé par Helena Bonham Carter, Brendan Gleeson, Ann-Marie Duff, Ben Whishaw ou encore Meryl Street en caution de luxe puisqu’elle n’apparaît en réalité que quelques minutes, Les Suffragettes est né de l’étonnement de son auteure, en regard de la rareté des beaux rôles féminins au cinéma. Le scénario a été rédigé par Abi Morgan, déjà derrière celui Rendez-vous à Brick Lane mais aussi du Shame de Steve McQueen.17156100681_320b35b7d5_oL’AVIS :

Il est toujours très difficile de manœuvrer dans le cinéma historique, à plus forte raison quand il s’agit d’un biopic (ici non sur une personne en particulier mais sur un combat unifiant) et il est encore plus difficile d’arriver à insuffler un regard créatif original dans un genre très souvent engoncé dans des codes narratifs traditionnels appelant souvent un classicisme respectueux de la prédominance du sujet au-delà des envies artistiques de son auteur. A défaut de faire « innovant », Sarah Gavron s’efface derrière son entreprise et s’efforce de son mieux de faire « appliqué ». Et c’est en définitive, ce qui résume le mieux Les Suffragettes, drame consciencieux et façonné avec savoir-faire, qui s’attache à rendre compte du mieux possible, d’une période scandaleuse pour les femmes anglaises (et par extension du monde), dont le combat fut aussi méritant que difficile et juste. Ludique et instructif, Les Suffragettes parvient à conjuguer avec adresse, portrait intimiste et tableau plus général, liant le sort de son beau personnage féminin (la frêle Maud – Carey Mulligan) à celui de milliers de femmes prêtes à se faire entendre après des années de silence et de brimades. Des moqueries aux réprimandes, des violences aux sacrifices cruels pour la cause, Les Suffragettes porte avec sérieux son sujet à l’écran, et sait trouver les images justes pour toucher, faisant écho à l’interprétation d’une formidable Carey Mulligan tout en force et en sensibilité. Un bel ouvrage, peut-être sans génie, mais au moins propre et exemplaire dans sa démarche sincère, essayant d’éviter au passage tout manichéisme, pour mettre en exergue avec crédibilité, son attachement historique fidèle.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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