DIXIELAND de Hank Bedford : la critique du film [Festival de Deauville]

Partagez cet article
0 votes

dixielandnote 5 -10
Nom : Dixieland
Père : Hank Bedford
Date de naissance : 2015
Majorité : indéterminée
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h30 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Chris Zylka (Kermit), Riley Keough (Rachel), Faith Hill (Arletta), Steve Earle (Randy), Brad Carter (Larry Pretty)…

Signes particuliers : Un drame qui vise la sincérité, premier long-métrage d’un cinéaste à suivre.

KERMIT LE REPRIS DE JUSTICE

LA CRITIQUE

Résumé : A sa sortie de prison, Kermit retourne s’installer sur un terrain de mobile-homes tels qu’on en trouve dans le sud profond des États-Unis. Décidé à recommencer une nouvelle vie, il tombe amoureux de sa jolie voisine, Rachel, et lui fait la promesse de trouver rapidement de l’argent pour aider sa mère malade. Son passé de jeune homme violent et de criminel ne tarde alors pas à le rattraper…DIXIELAND_StillL’INTRO :

Dixieland est peut-être l’un des films qui aura le plus partagé le public du dernier festival de Deauville, entre ses partisans et ses détracteurs. Il n’aura pas été le seul, loin s’en faut, mais ce premier long-métrage du jeune réalisateur Hank Bedford aura eu le mérite de faire parler. Bedford aura gravi les échelons un par un, avant de diriger son premier film. Il sera tout d’abord passé par l’exercice formateur du court-métrage (Down South en 2009), il aura ensuite fait ses armes et appris le métier en étant l’assistant d’une pelletée de cinéastes (Tarsem Singh, David O. Russell, Scott Cooper, Bennett Miller) et en 2015, ce jeune auteur sorti de son Tennessee natal, se sera attaqué à ce premier effort plein de rage et de mordant, produit par ses parents, et sorti ovationné du célèbre festival de Tribeca, avant d’arriver à Deauville.cdn.indiewire.comL’AVIS :

Avec Dixieland, Hank Bedford parle de ce qu’il connaît, le Tennessee de sa jeunesse. Il s’attache aux quelques jours qui vont suivre la sortie de prison d’un jeune homme, désireux de tirer un trait sur le passé pour bien repartir dans sa vie. Kermit (oui, c’est son nom et on le surnomme « la grenouille » en plus) va tomber amoureux de sa nouvelle voisine, une strip-teaseuse sexy, sous le joug d’un patron de night-club de sinistre augure. Kermit ambitionne de devenir coiffeur, métier appris lors de séjour en taule, sa mère aimante, est là pour l’épauler. Bref, Kermit est prêt à aller de l’avant, même si sa motivation ne semble pas évidente, considérant la neurasthénie de son allure de grand gaillard tatoué et « zonard ». Sauf que les vents contraires vont vite faire surface. Peut-on échapper à la dure réalité de la ville de Jackson ? Peut-on échapper au misérabilisme de cette Amérique profonde tissant ses filets comme une araignée autour de sa proie ? La difficulté de s’affranchir du poids du désespoir, qui semble planer au-dessus de cette contrée suffocante, voilà ce que l’on retrouve au centre de Dixieland, premier effort méritant, mais qui s’ingénie à barrer la route au lumineux, en le laissant se prendre inlassablement les pieds dans le dramatique et la noirceur. Hank Bedford était plein de bonnes intentions avec sa modeste entreprise pleine d’humilité et d’envie. Mais son drame indé entremêlant les ressorts de la fiction et du documentaire, pour dessiner une belle histoire foudroyante placée entre espoir et survie, ne propose malheureusement pas grand-chose de franchement nouveau (combien de fois on pense au récent Lost River de Ryan Gosling, par exemple) et surtout, tombe dans bien des pièges inhérents à quantité de premiers films, pièges qui ébranlent cet exercice volontaire mais bancal. En première ligne sur le front, une obsession évidente pour la mise en scène, qui erre entre authenticité minimaliste brute et recherche du beau plan poseur. Un mariage qui prend mal, et à l’arrivée, un film qui est surtout malmené par son manque de consistance. Dixieland regorge de qualités mais elles sont empêtrées dans une maîtrise trop relative et une absence de vision forte.

LA BANDE-ANNONCE : Prochainement

Par Nicolas Rieux

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.