GREEN ROOM de Jeremy Saulnier : la critique du film [Festival de Deauville]
Sortie cinéma

Partagez cet article

GREEN_ROOM_AFFICHEnote 2.5 -5
Nom : Green Room
Père : Jeremy Saulnier
Date de naissance : 2015
Majorité : 27 avril 2016
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h34 / Poids : NC
Genre : Thriller, horreur

Livret de famille : Anton Yelchin (Pat), Imogen Poots (Amber), Alia Shawkat (Sam), Patrick Stewart (Darcy),  Joe Cole (Reece), Callum Turner (Tiger), Mark Webber (Daniel), Eric Edelstein (Justin), Macon Blair (Gabe)…

Signes particuliers : Un groupe de rockers punk aux prises avec des skinheads ploucs et violents, Jeremy Saulnier filme et se régale…

AFFRONTEMENT UNDERGROUND

LA CRITIQUE

Résumé : Au terme d’une tournée désastreuse, le groupe de punk rock The Ain’t Rights accepte au pied levé de donner un dernier concert au fin fond de l’Oregon… pour finalement se retrouver à la merci d’un gang de skinheads particulièrement violents. Alors qu’ils retournent backstage après leur set, les membres du groupe tombent sur un cadavre encore chaud et deviennent alors la cible du patron du club et de ses sbires, plus que jamais déterminés à éliminer tout témoin gênant…Green-Room_2L’INTRO :

Jeune cinéaste bourré de talent, Jeremy Saulnier avait émergé en 2007 avec son premier long-métrage Murder Party. Mais ce ne sera qu’en 2013 que le cinéaste se révèlera vraiment, avec son second effort Blue Ruin, thriller dramatique acclamé en festivals, de Beaune à la Quinzaine des Réalisateurs cannoise, en passant par Locarno, Deauville ou Marrakech, d’où il repartira récompensé du Prix du Jury. Loué pour sa maîtrise du mélange des genres, l’intelligence de son écriture et la puissance de sa mise en scène, Jeremy Saulnier était déjà été taxé de cinéaste à suivre. Deux ans après cet exploit filmique, le metteur en scène américain est de retour en Normandie avec Green Room, une nouvelle poussée dans le cinéma de genre, ce troisième long-métrage avec Anton Yelchin, Imogen Poots ou Patrick Stewart, naviguant, comme les précédents, à la croisée des tons et registres.FRIGHT NIGHTL’AVIS :

Chaque année, le festival de Deauville aime à intégrer dans sa sélection officielle, un film « choc » qui malmènera les spectateurs. C’est à n’en pas douter, ce qui fait la force de la manifestation normande, qui s’applique à égrener tous les aspects du cinéma américain. Il y a deux ans, Jim Mikle s’attirait les foudres d’une partie du public (la partie coincée) avec son fabuleux We are what we are. L’an passé, le même auteur récidivait avec thriller eighties Cold in July. Cette année, Green Inferno avait fait parler de lui après un évanouissement dans la salle. Et voilà Green Room, programmé quelques jours plus tard. On ne comptait même plus le nombre de personnes quittant la salle au cours de la projection de ce thriller de genre à la violence éprouvante pour les âmes sensibles. L’histoire d’un groupe de hard rock venu jouer dans la mauvaise salle de concert, un repère miteux de junkies, de néo-nazis et de fous furieux en tous genres. Juste avant de repartir fissa de ce cloaque décrépi au terme d’un concert houleux, voilà que la bande est témoin d’un meurtre. Barricadé en loges pour échapper aux autochtones locaux qui n’ont pas l’intention de les laisser filer comme ça pour préserver le secret sur les activités bizarres, le drame vire au calvaire puis au cauchemar.green-roomThriller rugueux et rentre-dedans comme on aime, Green Room est du cinoche viscéral, accrocheur, furieux, une sorte de survival en huis-clos efficace et lardé d’aspérités, furieusement balancé à l’écran dans un déchainement de violence choc et underground.  Un coup d’éclat ? Pas complètement. Car on lui reprochera les mêmes défauts que le précédent Blue Ruin. Saulnier a décidément du mal avec sa gestion du rythme, et sa narration pâtit d’une certaine lourdeur, là où elle demanderait plus de fluidité pour vraiment régaler. Aussi jouissif soit-il lors de ses meilleures fulgurances, Green Room voit sa première partie trop longue, la seconde aussi (bien qu’elle ait comme objectif d’envoyer le bois). Le spectacle reste sympathiquement bandant, les yeux sensibles sont soumis à rude épreuve lorsque les envolées gores intermittentes chères au cinéaste déchirent l’écran, mais même si l’ennui ne s’installe jamais vraiment, l’effort reste associé à une petite frustration, celle de voir avec évidence que l’effort aurait pu être meilleur avec un sens du timing plus juste et une écriture plus effacée, plus racée au lieu d’être aussi confuse et laborieuse. Mais malgré ses incohérences, ses facilités et ses répétitions nombreuses, Green Room se range du côté de la bonne série B old school énervée, proposant un combat rageur, animé par sa belle distribution, Anton Yelchin en tête, Patrick Stewart ensuite, l’ancien X-Men campant pour une fois un bad guy, et enfin Imogen Poots, quoiqu »un poil trop effacée du tableau.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

AVEZ-VOUS VU ? :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.