CALL ME BY YOUR NAME de Luca Guadagnino : la critique du film
sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Call me by your name
Père : Luca Guadagnino
Date de naissance : 2017
Majorité : 28 février 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : France, Italie
Taille : 2h13 / Poids : NC
Genre
: Drame, Romance

Livret de famille : Armie Hammer, Timothée Chalamet, Michael Stuhlbarg, Amira Casar, Esther Garrel…

Signes particuliers : Largement nommé aux Oscars.

OU LA NOBLESSE DE L’AMOUR

LA CRITIQUE DE CALL ME BY YOUR NAME

Résumé : Été 1983. Elio Perlman, 17 ans, passe ses vacances dans la villa du XVIIe siècle que possède sa famille en Italie, à jouer de la musique classique, à lire et à flirter avec son amie Marzia. Son père, éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine, et sa mère, traductrice, lui ont donné une excellente éducation, et il est proche de ses parents. Sa sophistication et ses talents intellectuels font d’Elio un jeune homme mûr pour son âge, mais il conserve aussi une certaine innocence, en particulier pour ce qui touche à l’amour. Un jour, Oliver, un séduisant Américain qui prépare son doctorat, vient travailler auprès du père d’Elio. Elio et Oliver vont bientôt découvrir l’éveil du désir, au cours d’un été ensoleillé dans la campagne italienne qui changera leur vie à jamais. 

Deux ans après A Bigger Splash, sa revisite du chef-d’œuvre La Piscine de Jacques Deray, le réalisateur transalpin Luca Guadagnino retrouve un dispositif un peu similaire pour adapter le roman à succès Plus tard ou jamais d’André Aciman, paru en 2008. Une grande maison quelque part dans le nord de l’Italie, un été chaud, plusieurs personnages confinés dans les alentours d’un petit village champêtre, un parfum de sensualité qui flotte dans l’air, et une arrivée qui va faire vaciller des sentiments et draguer une tension émotionnelle et sexuelle enflammant les lieux. Avec Call Me By your Name, Luca Guadignino conclue une trilogie sur l’amour et le désir entamée avec Amore en 2009, avant de changer de registre et partir convoler du côté du cinéma de genre avec son prochain remake de Suspiria.

Récit d’une relation entre l’ambiguë et le passionnel nouée entre deux personnages sous le ciel ensoleillé d’une Italie propice à l’exaltation des désirs, Call Me By your Name est la preuve qu’il y beaucoup de cinéma en Luca Guadagnino. Virtuose de la mise en scène d’un intimisme qui touche à des sentiments universels, le cinéaste déploie une puissante romance trouble, un film d’une justesse magnifique sur les premiers émois amoureux, sur la recherche de soi entre abandon et difficulté à assumer ce que l’on est, et ce que l’on ressent. Il se dégage une intense et fiévreuse poésie de cet exercice qui balaie le sulfureux de son histoire d’un revers de la main (la liaison amoureuse entre un ado de 17 ans et un jeune adulte âgé de 24 ans), lui préférant une grâce et une délicatesse qui convoque de la noblesse à ce récit initiatique sensuel et ensorcelant, où l’amour ressort grandi. Porté par des comédiens exceptionnels en apesanteur autour de cette ode à la pureté où l’amour devient comme un art, Call Me By your Name fait fi du scandaleux qui aurait pu imprégner son récit d’apprentissage, et lui préfère une approche solaire.

Dans ce décor de carte postale et cet été idyllique où tout paraît toujours trop beau pour être vrai, des personnages au cadre en passant par la douceur de vivre et le parfum d’insouciance, le cinéaste nous conte une histoire presque irréelle et pourtant si tangible dans ce qu’elle appelle. Comme un songe d’été porté par une délicate brise cinématographique, on s’abreuve de la subtile beauté, des parfums, des sensations, des personnages formidables qui alimentent le vaste décorum de ce mélodrame, de la musique aussi, magique et très présente, et on se laisse s’étourdir par cette romance irrévérencieuse et si délicieusement authentique.

BANDE ANNONCE :


Par Nicolas Rieux

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