A CEUX QUI NOUS ONT OFFENSÉS d’Adam Smith : la critique du film
Sortie cinéma

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note 3 -5
Carte d’identité :
Nom : Trespass againt us
Père : Adam Smith
Date de naissance : 2016
Majorité : 1er mars 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h39 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Michael Fassbender, Brendan Gleeson, Lyndsey Marshal, Sean Harris, Georgie Smith…

Signes particuliers : Entre le film de gangster et le drame familial.

LES TRADITIONS ET LA FAMILLE D’ABORD

LA CRITIQUE DE A CEUX QUI NOUS ONT OFFENSÉS

Résumé : Les Cutler vivent comme des hors-la-loi depuis toujours dans une des plus riches campagnes anglaises, braconnant, cambriolant les résidences secondaires et narguant la police. Luttant pour faire perdurer leur mode de vie, Chad est tiraillé entre les principes archaïques de son père et la volonté de faire le nécessaire pour ses enfants. Mais la police, les traquant sans relâche, l’obligera peut-être à choisir entre sa culture et le bonheur des siens… 

TRESPASS AGAINST US

A Ceux qui nous ont offensés a failli être un documentaire après que son scénariste, Alastair Siddons, soit tombé sur un article retraçant le parcours d’une famille de gitans des Cotswolds (dans le centre-ouest de l’Angleterre), devenue célèbre dans le comté pour leur impressionnante activité criminelle. Prenant ces marginaux comme inspiration première, Siddons a finalement décidé de s’orienter vers la fiction, pour mieux exploiter le potentiel dramatique de son sujet. A Ceux qui nous ont offensés est réalisé par Adam Smith, dont c’est le premier long-métrage après quelques courts, documentaires ou épisodes de série (comme Doctor Who). Le film dresse le portrait des Cutler, une famille de gitans aux allures de petit gang organisé, vivant en marge de la société dans des caravanes en lisière de forêt.a ceux qui nous ont offensés 2

Loin des polars intenses et effrénés aux allures de fresques criminelles teintées de lyrisme, A Ceux qui nous ont offensés est un drame familial où le ressort gangstériste est relégué au second plan, le film d’Adam Smith préférant prendre ses distances avec l’énième recyclage de l’arc narratif de l’ascension et la chute d’un gang, pour mieux s’attacher au portrait d’un clan de gens du voyage vivant de petits larcins divers, et s’intéresser aux liens qui unissent ses membres. Si l’on pense lointainement à l’excellent Animal Kingdom de David Michôd pour son immersion dans une famille de hors-la-loi marginale, A Ceux qui nous ont offensés prend la tangente d’avec l’épopée criminelle classique et privilégie un regard intimiste sur ce microcosme atypique, le narration se resserrant quasi-entièrement sur les liens familiaux, entre amour et haine, qui unissent le clan Cutler, dominé par un patriarche autoritaire (Brendan Gleeson) et observé du point de vue du fils (le toujours formidable Michael Fassbender) en quête d’une autre vie, s’opposant ainsi à un paternel refusant tout compromis pour préserver la solidarité du groupe et un mode de vie ancestral embrassé avec fierté. En creux, derrière ce portrait d’une famille au bord de la rupture quand les visions sur l’avenir commencent à diverger, Adam Smith parle surtout de la difficulté de tourner le dos aux traditions et aux valeurs familiales pour embrasser sa propre voie et ses propres désirs. Un sujet pas loin d’être universel, que le réalisateur place au centre de son récit, mais sans toutefois bien réussir à en extraire cette universalité recherchée.

TRESPASS AGAINST US

Dans le style, Adam Smith décrit son film comme une version britannique du Chat Noir, Chat Blanc de Kusturica. On n’ira pas jusqu’à pareille comparaison, mais A Ceux qui nous ont offensés est néanmoins un drame attachant, entre le tragique et le romanesque, sur un dilemme familial scruté entre tendresse et déchirement. L’interprétation générale de très haut niveau est la pierre angulaire qui apporte un surplus d’intérêt à ce petit film américain (et non irlandais comme on pourrait le croire) luttant pour s’extraire du marécage de l’anecdotique, et y parvenant en partie. Mais autant voir le verre à moitié plein.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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