21 JUMP STREET (critique)

Partagez cet article
0 votes

Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : 21 Jump Street
Parents : Phil Lord et Chris Miller
Livret de famille : Channing Tatum, Jonah Hill, Brie Larson, Dave Franco, Rob Riggle, Ice Cube, Deray Davis, Dax Flame…
Date de naissance : 2012
Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 1h49 – 42 millions $

Signes particuliers (+) : Un divertissement en mode « détente ». Une surprise géniale.

Signes particuliers (-) : En dehors d’une séquence hilarante, le reste frise la paresse. Pas drôle, poussif. Le genre qui fait du bruit et s’agite dans tous les sens, pour rien. Un problème de cible.

 

2,1 JUMP STREET. C’EST LA CRISE…

Résumé : Schmidt et Jenko, deux policiers fraichement promus et peu doués mais passionnés par leur job qu’ils trouvent cool, sont mutés au commissariat du 21 Jump street. Cette antenne, dont les locaux sont dans une vielle église, leur donne pour mission de s’infiltrer dans le milieu étudiant pour y enquêter sur les trafics de drogue et démanteler un réseau…

Mais qu’est-il arrivé au jeune comédien, star montante de la nouvelle génération ricaine, Jonah Hill ? Une transformation improbable par chirurgie ? Une métamorphose d’origine surnaturelle ? Une remise en forme aux propriétés magiques au Touquet ? La « bouboule » talentueuse découverte dans les comédies de Judd Apatow avant d’être reconnue pour son rôle sobre et fin dans Le Stratège aux côtés de Brad Pitt, n’est plus. Après une cure d’amincissement drastique et un sacré paquet de kilos en moins, le jeune comédien à la déjà longue expérience est un nouvel homme, clairement pas celui jouant dans la comédie estivale concurrente The Sitter qui sortira quasiment en même temps que ce 21 Jump Street, adaptation, ou plutôt, transposition, de la célèbre série éponyme de la fin des années 80. Et quand on dit que Jonah Hill est un nouvel homme, c’est rien de le dire. Associé au fadasse Channing Tatum, découvert du côté des girly Sexy Dance et qui depuis cartonne avec son faciès de minet tombeur de ses dames, Jonah Hill multiplie désormais les casquettes dans des projets qu’il maîtrise. Après s’y être employé quelques rares fois au petit écran, Hill endosse courageusement le costume de co-scénariste pour la première fois au cinéma et de producteur (ce qu’il avait fait déjà par contre, sur le Bruno de Sasha Baron Cohen et sur son The Sitter).

Pour les puristes de la série culte qui débarqua sur TF1 en 1990, mieux vaut prévenir que guérir : 21 Jump Street version cinéma est plus une transposition qu’une adaptation. Comprenez par là que le film dévie très largement de ce qu’était la série policière qui avait popularisé le jeune Johnny Depp. Dirigé par le tandem Phil Lord et Chris Miller, auteurs précédemment du long-métrage d’animation Tempête de Boulettes Géantes et coécrit par le pourtant pas mauvais Michael Bacall (acteur chez Tarantino et derrière les scripts de Scott Pilgrim ou du déjanté Projet X) 21 Jump Street le film, s’inscrit dans la veine typique des portées à l’écran de séries cultes des eighties après les Starsky et Hutch et autre Shérif Fais Moi Peur. Un pari risqué tant le film affiche une volonté de rajeunissement du matériau d’origine en le calibrant plus dans un esprit de comédie policière potache que de produit destiné aux nostalgiques du show télévisé. On se demande alors quelle cible est visée. Les adeptes de la série ont vieilli et n’ont que peu de chances d’être intéressés par un film tenu par deux jeunes vedettes en tête d’affiche et qui n’entretient que peu de rapport avec leur petite Madeleine de Proust. Les plus jeunes, eux, ne savent même pas de quoi il en retourne, n’ayant, pour la plupart, jamais entendu parler de l’escouade de flic de la vieille église du 21 Jump street. Pourtant, le succès sera au rendez-vous, au moins sur le sol américain puisque le film cartonnera au box-office ricain, remboursant largement sa mise de départ.

Et ce succès espéré, d’autant qu’un second volet avait été lancé en production avant même la sortie du premier volet, on se demande bien à quoi il peut être dû. Aux minettes hystériques à l’idée de retrouver leur Channing Tatum d’amour avec sa petite gueule juvénile et ses biscottos tout propres ? Aux fans des comédies de l’ami Apatow, qui suivent sa petite bande ici représentée par Jonah Hill ? Ou tout simplement à la propension de nos voisins outre-Atlantique à se déplacer en masse dès qu’une comédie ras des pâquerettes et décérébrée pointe le bout de son nez sur les écrans ? Probablement la troisième solution car 21 Jump Street est une piètre comédie doublée d’un mauvais film policier.

Comédie potache régressive enchaînant les gags d’une lourdeur effarante, le film du duo Lord/Miller prend immédiatement ses distances de la série qui lui sert de modèle pour virer à la comédie pour ado crétine comme ses pieds. Gags éculés à base de quiproquo grotesques ou de situations à l’humour simple et facile, clins d’œil sur-appuyés au spectateur en mode cool attitude, 21 Jump Street joue le credo du buddy movie djeun’s en se démarquant de l’esprit et des thématiques de la série pour faire peau neuve s’ancrant seulement et uniquement dans l’humour bas du front en délaissant toute noirceur ou peinture sociale indirecte d’une époque et d’une catégorie sociale. De la série, le film ne conserve que le postulat de départ d’un commissariat recrutant de jeunes policiers au look encore d’étudiants pour les infiltrer au lycée afin qu’ils y mènent des enquêtes sur les trafics de drogue. Exit les problèmes de la jeunesse et les questionnements sur son fonctionnement et des dérives, 21 Jump Street se contente ensuite de traiter son sujet sur un angle plus orienté vers la parodie de la jeunesse que sérieux. Et d’une série policière, on passe à une transposition résolument comique ne recherchant que le gagesque permanent poussant à l’indigestion de niaiserie. Seul subsiste de ce naufrage, le promis et attendu caméo nostalgico-clin d’œil d’un Johnny Depp hilarant dans son rôle d’antan du flic Tom Hanson, caméo d’autant plus jubilatoire que l’on ne le voit pas venir. Passées ces quelques minutes jouant à fond et avec malice la carte de la nostalgie, Lord/Miller et leur bande s’en retournent à leur vain humour foireux amusant peut-être un public plus jeune (le film est sans aucun doute très générationnel et destiné à une cible plus jeune) mais laissant de marbre un public plus adulte, celui attiré par la marque « 21 Jump Street« . On espérait mieux de Jonah Hill, créateur de l’histoire dans ses grandes lignes et certainement pas le voir tomber aussi bas, bien loin de son mentor et de son humour, le déjà pas si génial Judd Apatow duquel on avait peur de retrouver le style en pointillé. C’eût pourtant été un moindre mal à la réflexion.

Action, humour et rythme endiablé, voilà le cocktail proposé par ce qui n’est pas une trahison tant les intentions sont claires et assumées, mais un détournement en bon et due forme, remakant un show célèbre à d’autres fins. Le résultat est mauvais mais a commercialement fonctionné. Tant mieux pour lui mais ce sera certainement sans nous la prochaine fois, en 2014, quand les deux glandus qui servent ici de héros devront s’infiltrer… à la fac !

Bande-annonce :


21 Jump Street – Trailer #1 [VOST-HD] par Eklecty-City

Un commentaire à propos de “21 JUMP STREET (critique)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.