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CLOWN de Jon Watts : la critique du film

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Carte d’identité :
Nom : Clown
Père : Jon Watts
Date de naissance : 2014
Majorité : 28 juin 2017
Type : Sortie Blu-ray/DVD
Nationalité : USA
Taille : 1h39 / Poids : NC
Genre
: Horreur

Livret de famille : Andy Powers, Laura Allen, Peter Stormare…

Signes particuliers : « Il » n’est toujours pas revenu.

LES COULROPHONES VONT DÉGUSTER !

LA CRITIQUE DE CLOWN

Résumé : Lorsque le clown engagé pour animer l’anniversaire de son fils leur fait faux bond, un père de famille doit prendre la relève et lui-même revêtir un déguisement de clown pour assurer le spectacle. Mais très vite, il réalise que le costume est devenu une seconde peau dont il ne pourra se débarasser. A moins d’accomplir une mission macabre… 

2012, Jon Watts est un mordu de cinoche totalement inconnu mais qui rêverait de faire des films un de ces quatre. Et comme le sait, s’il y a bien un genre idéal pour tous les néophytes qui s’imagine devenir le futur metteur en scène de demain, c’est bien le cinéma de genre. Alors pour se faire remarquer, le Jon Watts a eu une idée. Confectionner une fausse bande annonce sur un faux film d’horreur imaginaire. Et le bonhomme de conclure sa petite tentative de buzz par un message disant que c’est Eli Roth qui allait réaliser le long-métrage. Coup de bol, Eli Roth est tombé sur le truc. Deuxième coup de bol, non seulement il ne l’a pas mal pris, mais en plus il a proposé au jeune inconnu de produire son film ! Clown est né. Depuis, Jon watts a réalisé le mignon Cop Car, puis le prochain Spider-Man Homecoming. C’est ce qui s’appelle une belle histoire.

Clown, terreur et cinéma ont souvent fait bon ménage. Inutile de rappeler qu’une génération d’enfants toute entière a été traumatisée par le légendaire Il est Revenu de Tommy Wallace adapté de Stephen King. Mais on pourrait également citer pêle-mêle, le fameux Killer Klowns from Outer Space, Carnival of Souls, La Maison des Mille Morts et son capitaine Spaulding, voire même le Joker du Batman burtonien, et on en passe des vertes et des nanars de série B. Avec Clown, le réalisateur Jon Watts remettait à l’honneur une terreur enfantine coincée entre le rigolo et l’effrayant. Fortement marqué par une imagerie bisseuse nostalgique des années 80, Clown narre le cauchemar d’un brave gars qui enfile un costume clownesque pour l’anniversaire de son rejeton, lequel est maudit et va le conduire à devenir la chose d’un démon bouffeur d’enfants ! Un peu d’horreur transgressive, miam, on aime déjà rien qu’à l’idée !

Et Clown de passer pas loin de la petite réussite sympathique… Pas loin seulement car sans fondamentalement louper son affaire, Jon Watts ne va pas réussir à en faire le petit must espéré. D’un côté, Clown a tout pour séduire, ne se privant pas de briser le tabou cinématographique de la mort d’enfants à travers des scènes de boucherie délicieusement carnavalesques, malmenant nos chères têtes blondes dans des gerbes sanglantes que les amateurs de gore apprécieront. Mais malgré ses bonnes intentions, Clown reste tiraillé entre deux propositions. Si Jon Watts tente de bousculer un peu le genre avec une vraie bisserie graphique old school soutenue par des motifs craspecs et un ton lointainement dérangeant, le cinéaste conduit son film avec une approche à la limite du parodique, jouant la carte de la désamorce comique délirante, comme s’il se retenait d’assumer pleinement son jeu de massacre trashouille. Le pouvoir de séduction de sa série B finit par vite se dissiper tant ce parti pris vient barrer la route au malaise et à l’angoisse qu’auraient pu inspirer cette histoire démoniaque. Et contrairement à Il est Revenu en son temps, Clown de ne pas parvenir à faire vraiment flipper, en dehors d’une tardive scène dans une fête foraine, le seul vrai moment gentiment angoissant au programme d’un film un peu trop nonchalant, conduit par une mise en scène mollassonne et peu inventive, et qui se veut à la fois impertinent dans l’idée mais trop sage dans l’exécution, empruntant de surcroît un parcours trop balisé pour surprendre. Vite regardé, vite oublié.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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