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LES MEILLEURES INTENTIONS de Ana García Blaya : la critique du film

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Carte d’identité :
Nom : Las buenas intenciones
Mère : Ana Garcia Blaya
Date de naissance : 2019
Majorité : 15 juillet 2020
Type : sortie en salles
Nationalité : Argentin
Taille : 1h27 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Javier Drolas, Amanda Minujín, Sebastián Arzeno…

Signes particuliers : Une chronique douce-amère pleine d’émotions.

PORTRAIT DE FAMILLE

NOTRE AVIS SUR LES MEILLEURES INTENTIONS

Synopsis : Début des années 90. Amanda, l’ainée de 10 ans, son frère et sa sœur vivent alternativement sous le toit de leurs parents séparés à Buenos Aires. Le statu quo est bouleversé lorsque leur mère annonce vouloir déménager avec son compagnon au Paraguay en amenant les enfants avec elle. Amanda se sent plus proche de son père « bohème », sa mère étant plus stricte mais plus responsable. Elle devra se battre pour faire entendre sa voix.

Curieux parcours que celui d’Ana Garcia Blaya, devenue réalisatrice presque par hasard. Il y après de dix ans, la jeune femme participe à un atelier d’écriture et choisit de raconter une histoire inspirée de sa propre vie. Cinq ans plus tard, son père décède et sa sœur lui propose de présenter ce « scénario » à un concours de premiers longs-métrages organisé par un Institut National argentin. Surprise, elle gagne et se retrouve propulsée metteur en scène. Les Meilleures Intentions évoque son enfance au milieu de ses parents séparés. D’un côté, une mère aimante et responsable, de l’autre un père un peu plus bohème et tête en l’air.

Pour un premier long-métrage réalisé avec la fraîcheur d’une inexpérience presque assumée (quoiqu’elle ait un passé d’assistante de production et de monteuse), Ana Garcia Blaya surprend par la maîtrise qui sous-tend ses Meilleures Intentions. Maîtrise dans l’écriture, d’une grande maturité, maîtrise dans la mise en scène, souvent inspirée et maîtrise dans le montage, chose plus logique vu son historique professionnel.

La néo-réalisatrice arrive vraiment à nous immerger dans ses souvenirs d’enfance, dans cette Argentine des années 90 en pleine crise économique, dans ce quotidien dysfonctionnel avec un père totalement dépassé par ses responsabilités, dans ses archives personnelles qu’elle distille tout au long de son film. Un père qui va être le cœur ce premier effort sans en être pourtant le héro. Parce que Les Meilleures Intentions n’est pas un film-mémoire objectif, au contraire, c’est un film qui traite de la subjectivité du regard de l’enfance. Depuis un regard d’enfant, ce père représentait une vie un peu plus folle, un peu plus fun, un peu moins stricte, une sorte d’idéal de liberté transmettant davantage un goût pour l’artistique plus qu’une éducation. Pour le regard d’adulte d’une mère à l’opposé, il était surtout irresponsable, totalement à la ramasse devant les réalités concrètes. Mais parce que Ana Garcia Blaya nous positionne dans sa perception de l’époque où elle idéalisait ce père bohème, le récit lui rend hommage, il le rend follement attachant, merveilleusement fantasque et débridé. Le spectateur aura lui un regard peut-être en décalage, conscient de cette subjectivité enfantine mais Blaya sait y faire pour nous emporter dans la valse de ses ressentis et de ses émotions de l’époque, et pour nous faire partager cette admiration qu’elle avait pour cet homme.

Tour à tour drôle ou émouvant, sans cesse (très) bien équilibré entre le lumineux et la gravité, Les Bonnes Intentions est une petite pépite qui déborde de tendresse et d’amour. Un récit riche qui questionne beaucoup de choses sur les rapports familiaux, porté par une sincérité d’âme bouleversante.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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