WHITE HOUSE DOWN de Roland Emmerich
Sortie DVD/Bluray – critique (action)

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note 6
Carte d’identité :
Nom : White House Down
Père : Roland Emmerich
Livret de famille : Channing Tatum (John Cale), Jamie Foxx (James Sawyer), Maggie Gyllenhaal (Finnerty), James Woods (Walker), Jason Clarke (Stenz), Richard Jenkins (Raphelson), Joey King (Emily), Nicolas Wright (le guide), Rachelle LeFevre (Melanie), Lance Reddick (Caufield), Matt Craven (Kellerman)…
Date de naissance : 2013
Majorité au : 28 août 2013 (en salles) et 04/01/14 (en DVD chez SPHE)
Nationalité : USA
Taille : 2h12
Poids : 150 millions $

Signes particuliers (+) : Un actioner survitaminé, à la fois distrayant, énergique, haletant et rythmé. Avec son mélange d’humour limite autoparodique et sa générosité spectaculaire, Emmerich ressuscite le héros à la John McClane dans un film qui pourrait allègrement passer pour le Die Hard 5 que l’on a pas vraiment eu. Plus violent qu’à l’accoutumée de son cinéma, le cinéaste livre un dense divertissement parfois moins stupide qu’il n’y paraît.

Signes particuliers (-) : Comme souvent chez Emmerich, le fond de l’histoire n’est pas exempt de détails intelligents mais la trame reste très stupide et multiplie les moments de sur-lyrisme entrant en collision avec le ridicule, d’autant que le second degré de la chose n’est pas toujours très clairement identifiable. Détail étonnant venant de lui, les effets spéciaux sont particulièrement hideux.

 

DIE HARD 6 : UNE BELLE JOURNÉE POUR DÉTRUIRE

Résumé : Policier au Capitole, John Cale profite d’un entretien pour un emploi à la sécurité du Président, pour visiter la Maison Blanche avec sa fille Emily, passionnée de politique et fan du Président pacifique en place, James Sawyer. Ce qui était une journée un peu stressante mais peu mouvementée va se transformer en cauchemar après l’attaque de l’édifice présidentiel par un groupe de terroristes. Cale va devoir sauver sa fille, le Président et l’Amérique tout entière en grand danger…

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L’INTRO :

Roland Emmerich est de retour aux affaires avec un gros film d’action refermant la parenthèse « plus petit budget » avec l’historique Anonymous sur la polémique de la paternité des écrits de Shakespeare. Alors qu’on l’attendait sur plusieurs fronts ces dernières temps, entre sa rêvée adaptation de Fondation d’Asimov ou les sequels annoncées d’Independence Day, Emmerich s’est offert une remise en route « tranquille » avec une grosse série B de luxe où le spécialiste de la destruction massive a décidé de concentrer tout ses talents de casseur spectaculaire sur un seul édifice : la Maison Blanche. Ce n’est d’ailleurs pas son année à elle, puisque c’est la seconde fois que la résidence présidentielle est mise à rude épreuve et se fait charcuter à l’arme lourde, quelques mois seulement après l’actioner bourrin d’Antoine Fuqua, La Chute de la Maison Blanche. Deux projets concurrents développés en même temps et un beau match en perspective qui se réglera dans les salles en cette année 2013. Pour l’heure, Fuqua avait dégainé le premier et menait d’un bon point d’avance grâce à la générosité rentre-dedans et la violence brute de décoffrage de sa bisserie à moyen budget redoutablement efficace, fun et décomplexée. Emmerich se devait d’égaliser mais en jouant sur son propre terrain et avec ses propres armes, d’autant que l’on sait pertinemment que la violence sèche et brutale n’a jamais vraiment été le crédo du cinéaste qui n’y a d’ailleurs plus vraiment remis les pieds depuis Universal Soldier, son premier projet ricain, il y a de cela 22 ans. D’impressionnants effets et trucages visuels et un dantesque sens inné de la destruction chaotique, oui par contre, ça c’est ce qu’Emmerich affectionne…

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Mais il semblerait que le cinéma de l’époque Universal Soldier lui manquait. Plus que ça, Emmerich semble surtout frustré de ne plus retrouver d’équivalent aux mythiques Die Hard et autres actioner eighties de cet acabit, au point de se lancer dans le pari fou de les faire revivre par un film qui emprunte ouvertement à la saga McClane, Piège de Cristal en tête mais délocalisé dans les murs et couloirs de la Maison Blanche Présidentielle. Mieux, on dirait même que le teuton généreux ait décidé de rétablir l’honneur de ladite franchise, récemment mise à sac avec le désastreux cinquième opus unanimement considéré comme honteux, en livrant ce qui aurait pu/dû être sa suite logique. White House Down, grosse production à 150 millions de dollars, pourrait en effet passer sans problème pour un épisode des aventures du malchanceux Bruce Willis en marcel blanc, sauf que le nom est changé et que la superstar est remplacée par le jeune Channing Tatum qui, d’un acteur énervant au regard de buffle shooté aux Xanax, est en train progressivement de muer en néo-expendables cool et appréciable. L’acteur tout en muscles partage la vedette avec Jamie Foxx qui enfile le classieux costard d’un Président à la Obama en encore plus cool et sympa alors que la distribution aligne en rang du sacré beau monde avec rien de moins que James Woods (qui a pris un sacré coup quand même), Maggie Gyllenhaal, Richard Jenkins, l’excellent et patibulaire Jason Clarke, Lance Reddick et la toute mignonne Joey King dans la peau de la courageuse fillette à son dady, révélation récemment époustouflante de l’horrifique Conjuring de James Wan.

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L’AVIS :

Avec White House Down, Emmerich croise la série très à la mode Homeland (l’ennemi est à l’intérieur) avec le culte Die Hard et livre surtout un vibrant hommage à la saga McClane en question, à laquelle il emprunte énormément de choses, du ton général comico-pétaradant à la décontraction désinvolte du héros rassurant en toutes circonstances, en passant par la caractérisation de son personnage central héroïque par malchance (il était là au mauvais endroit au mauvais moment… refrain bien connu) et nombre de détails, les relations difficiles avec sa fillette, une ex-femme qui lui assène piques sur piques, le marcel blanc saillant et obligatoire, l’humour toujours, même quand l’action se fait intense. Drôle, spectaculaire, sans temps morts et archi-efficace, White House Down renoue avec la grande tradition de l’actioner rigolo, un pur produit dézinguant du méchant deux heures durant au rythme des munitions qui fusent, des empoignades énervées et des explosions dévastatrices. Emmerich ne laisse pas de place à l’ennui et mène sa barque sur un rythme endiablé et distrayant avec une énormité réjouissante aussi idiote qu’amusante et haletante, sauvant ainsi des meubles que l’on voyait déjà fracassés à grands coups de tirs de boulets rouges.

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Car rien ne va plus chez Emmerich dans ses phases de pré-production. Il va peut-être falloir à l’occasion sérieusement envisager de s’entourer de scénaristes crédibles ou nous expliquer ce qui cloche avec ceux qui collabore avec le germanique. Après les années Harald Kloser, son ex-compositeur devenu pathétique scénariste (voir le travail accompli sur 2012, 10.000 BC), Emmerich a finalement compris, se tournant vers John Orloff pour Anonymous. Cette fois, voici venir James Vanderbilt, un bonhomme au crédit indubitable (Basic de McTiernan, Zodiac de Fincher, les reboots de Spiderman) devenu la superstar du moment à Hollywood (il a signé le futur reboot de Robocop, a écrit le prochain Kevin McDonald et se chargera des deux sequels annoncées d’Independence Day, toujours aux côtés d’Emmerich). Bref, Vanderbilt est un solide mais là, Houston, il y a un problème. Sans cesse dans l’hommage ou l’emprunt aux Die Hard, l’écriture de White House Down en oublie juste de regarder sa propre route et de se blinder d’un minimum de sens. Le dérapage dans le bas côté était inévitable. On le sent dès une entame particulièrement débile en termes rédactionnels, avant que le film n’enchaîne une succession de passages idiots à un rythme bien soutenu. Dans ce festival d’incohérences, d’improbabilités, de non-sens, de raccourcis et facilités, les clichés de la taille de l’Himalaya finissent par ne même plus choquer tellement ils ne représentent qu’un détail dans cette entreprise vacillante et d’autant plus frustrante que beaucoup semblent les excuser au nom du second degré, là où personne ne laissait passer quoique ce soit sur un 2012 nettement moins stupide dans le fond de ce qu’il racontait. Les personnages sont stupides, les twists bas de gamme, quantité de séquences sont surréalistes de bêtise et le sur-lyrisme nauséabond déployé (le discours du Président Pullman dans ID4 s’oublie vite avec White House Down) est à mi-chemin entre le ridiculement drôle, le kistch absurde et le parodique premier degré.

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Si le spectacle généreux est clairement au rendez-vous de ce quinzième film du cinéaste americano-allemand, malheureusement, on ne peut pas dire qu’il réussisse à convaincre pleinement. Au contraire, White House Down est à l’arrivée une semi-déception car le souvenir du furieux et jouissif La Chute de la Maison Blanche est encore tapissé dans les cervelles amatrices de plaisirs coupables et régressifs et W.H.D n’arrive pas à le supplanter et perd la bataille. Les deux métrages ont leur qualité propre mais la série B made in Fuqua nous paraissait plus nerveusement déjantée, plus crassement virile alors qu’elle assumait pleinement sa facture de grosse bourrinade bas du front. White House Down, lui, emprunte un chemin identique au départ mais légèrement différent à l’arrivée. Plus violent qu’à l’accoutumée, le cinéma d’Emmerich part au galop sur les sentiers du gros actioner qui dépote alors que Tatum remplace Gérard Butler. Là où le premier glissait vers le classé « R » archi-violent, le second préfère en rester à l’entertainement bien efficace mais plus drôle, glissant vers le buddy movie en huis clos sur les seules pelouses du blanc édifice washingtonien.

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Emmerich en vient à s’auto-caricaturer (et à s’auto-citer lui-même aussi, mais ça c’était mignon et amusant) en essayant d’en appeler maladroitement au second degré pour mieux faire glisser la pilule coincée dans la gorge. L’humour renforcé soutient la charpente de l’affaire en lui conférant un ton drolatique qui lui permet d’entretenir le doute entre sérieux premier degré débilitant et auto-parodie décomplexée. On veut bien lui accorder le bénéfice du doute parce que c’est amusant, ludique et distrayant mais reste que tout ça transpire un peu l’impression d’arnaque branlante alors qu’une étrange sensation de premier degré rode dans les parages et que l’entreprise ruissèle de gouttes de sueur longeant les tempes en retenant son souffle et croisant les doigts pour que le public ne s’en aperçoive pas et croit au délire fendard et parodiquement assumé. White House Down a frôlé la purge, et la murge pré-gueule de bois d’ailleurs, mais le spectacle servi mêlé à la légèreté de la chose et à l’humour ravivant notre fibre amoureuse des actioner eighties assure l’essentiel. Dynamique, énergique et divertissant White House Down fait passer un moment à peu près honnête même si les sources d’agacement se multiplient à commencer par une réalisation approximative qui, à de trop nombreuses reprises, s’égare en terrain télévisé, et surtout par, ironie du sort étant donné que c’est là sa spécialité, des effets spéciaux et visuels particulièrement hideux. Le numérique remplace la pyrotechnie chère à un Independence Day qui faisait autrement plus élégamment sauter la Maison Blanche, et l’on n’est pas loin du nanar sur ce point alors que rappelons-le, le budget est de 150 millions de dollars ! Du haut de ses 70 millions, La Chute de la Maison Blanche faisait quand même très largement mieux.

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Si l’on peut paraître dur avec lui, c’est à cause du sentiment de déception ressenti devant un actioner très attendu et qui déçoit sur certains points autant qu’il séduit sur d’autres, sans cesse bancal le cul entre deux chaises. C’est terriblement jouissif mais aussi très con et improbable, c’est souvent drôle limite parodique puis dans la foulée, l’on se demande si c’est premier degré ou pas, le scénario est parfois stupide à un point dépassant l’entendement là où, à d’autres, il se révèle plutôt intelligent dans la mise en lumière des illogismes du système politique américain qui s’auto-coince. White House House est tout simplement satisfaisant et frustrant dans le même temps, sympathique récréation égayante mais avec laquelle il y avait mieux à faire. En tout cas, c’est peut-être sans l’être l’un des meilleurs revival de John McClane de ces dernières années et on ne s’attendait pas à ça d’Emmerich ! Ironie du sort, White House Down sort chez nous à une petite semaine d’intervalle du nouveau film du grand rival du réalisateur, le voisin Michael Bay. En 2011, l’un s’essayait au petit budget avec talent (Anonymous) alors que l’autre nous bombardait le crâne jusqu’à l’épuisement avec Transformers 3. Deux ans après, acte II. Bay s’essaie a son tour au « plus petit budget » avec le jubilatoire Pain & Gain alors qu’Emmerich déploie l’artillerie lourde et amuse mais en décevant un peu. Un partout, balle au centre. White House Down aurait pu être mieux avec quelques retouches (visuelles et narratives) mais quand on y repense à deux fois et pris pour ce qu’il est… c’était quand même très bête mais aussi très amusant ! Mieux qu’il n’y paraît de premier abord et animé d’une noble intention, ressusciter indirectement un personnage que l’on croyait enterré !

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