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WARNING : DO NOT PLAY de Kim Jin-won : la critique du film [VOD]

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : Amjeon
Père : Kim Jin-won
Date de naissance : 2019
Majorité : 05 mai 2020 / 24 juin 2020
Type : sortie VOD / sortie Blu-ray-DVD
Nationalité : Corée du Sud
Taille : 1h30 / Poids : NC
Genre : Horreur

Livret de famille : Seo Ye-Ji, Jin Seon-Kyu, Kim Bo-ra…

Signes particuliers : Le film de clôture du dernier festival de Gérardmer.

 

QUAND LE CINÉMA D’HORREUR SE MET EN SCÈNE

NOTRE AVIS SUR WARNING : DO NOT PLAY

Synopsis : Une réalisatrice de film d’horreur en devenir est à la recherche du sujet de son premier film. Quand un de ses amis lui apprend l’existence supposée d’un film tourné par un fantôme, elle est immédiatement fascinée. Plongée dans ses recherches, elle écrit un scénario qui la met en scène sur les traces de cet étrange film. Au fil de son enquête, les phénomènes étranges autour d’elle se multiplient…

Bon, on veut bien faire des efforts mais si on commence à nous mettre des bâtons dans les roues pour nous embrouiller, ça va devenir compliqué. Alors pour faire simple, Warning : Do Not Play est le deuxième long-métrage du jeune réalisateur coréen Kim Jin-won, à ne pas confondre avec l’autre réalisateur coréen Kim Jee-woon, qui lui est le paternel de J’ai Rencontré le Diable et A Bittersweat Life. Voilà, ça c’est fait.

En 2007, Kim Jin-won donc, et non son quasi-homonyme, avait fait parler de lui avec The Butcher, un horror porn qui parlait de snuff movie. Deux ans plus tard, il récidivait dans l’épouvante avec le court-métrage The Back Line où il était question d’une jeune femme qui racontait une histoire effrayante à son petit-ami. Avec Warning : Do Not Play, on pourrait dire vulgairement que Kim Jin-won mixe un peu tout ça pour donner naissance à un film d’horreur qui se veut aussi terrifiant que cradingue. Le pitch ? Une jeune scénariste en manque d’inspiration entend parler d’un court-métrage d’horreur réalisé il y a dix ans par un étudiant. La projection à la fac aurait tourné au cauchemar quand l’assistance s’est enfuie et qu’un homme serait mort d’une attaque cardiaque. Selon l’étudiant, le film maudit aurait été réalisé en sous-main… par un fantôme. La jeune (et très jolie) scénariste va tout faire pour mettre la main dessus et découvrir le truc le plus flippant et horrible jamais filmé.

Avec Warning : Do Not Play, on sent vite où se situent les références de Kim Jin-won en matière de cinéma. Elles vont de Blair Witch à L’Exorciste en passant par l’horreur nippone façon Ring, David Lynch ou Wes Craven et sa saga Scream. Quel rapport entre le slasher avec Ghostface et ce long-métrage à base de fantômes ? Dans les deux cas, aux abords des coutures du scénario, on trouve une introspection du cinéma de genre sur le cinéma de genre, ceux qui le fabriquent et ceux qui le consomment poussés par l’envie d’avoir peur et de se confronter à l’horreur. Chez Wes Craven, l’auto-analyse était brillante car maîtrisée et surtout très bien exploitée. Ici, elle est plus subtile ou superficielle, c’est selon ce que l’on voudra y voir et en retenir. Toujours est-il que Kim Jin-won prouve qu’il a du cinéma sous le pied. Et un certain talent qui se traduit par une proposition assez étrange et osée, comme si deux films coexistaient conjointement dans un seul. D’un côté, Warning est un film d’épouvante très classique à base de fantôme revanchard. De l’autre, il est une œuvre plus torturée lorgnant du côté des bizarreries nippones aspirant le spectateur dans un univers malsain et cradingue. L’ennui, c’est que ce talent qui jaillit par à-coups est un peu submergé dans un effort où l’on trouve à boire et à manger une fois la porte du frigo ouverte.

Des qualités, Warning n’en manque pas. A commencer par une efficacité indéniable, un sens prononcé de l’imagerie horrifique et/ou gore, et une appétence pour les mises en scène de caractère, intérêt qui se traduit ici par un mélange visuel et textural entre une réalisation proprement classique et des images en found footage bien craspec. Ce grand écart (qui rappelle un peu le premier Sinister de Scott Derrickson) donne du cachet à Warning et plonge le spectateur, vissé aux pas de l’héroïne, dans un univers où réalité tangible et surnaturel effrayant se confondent. On pourra aussi louer son jeu de mise en abyme narratif interrogeant le genre auquel il se rattache, son final énervé qui provoque le frisson ou sa manière astucieuse de jouer avec les sempiternels jump-scare. Kim Jin-won en place régulièrement, tout en s’ingéniant à en désamorcer les motifs caractéristiques, pour déboucher sur des « jump-scare… étrangement dé-jumpscarisés » ! Reste que malheureusement, ces bonnes propositions sont contrebalancées par un script un peu brouillon qui ronronne dans le déroulé de son histoire pas toujours très bien racontée, par un rythme parfois alourdi et par une confection générale qui, en dehors de ses audaces intermittentes, se soumet à une méthodologie assez usitée, pour ne pas dire usée. Au final, Warning : Do Not Play passe pas très loin de la bonne pioche horrifique mais file échouer juste derrière, dans le no man’s land des films que l’on oubliera à plus ou moyen terme. Parce que ses ambitions sont finalement plus intéressantes que leur exécution.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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