WALL CINÉ PICTURES n°29 : trois idées de films à voir ou à revoir
Samedi Ciné-Club

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29ème numéro du Wall Ciné Pictures, le rendez-vous « ciné-club » du samedi. Au programme de cette nouvelle escale dans l’histoire du cinéma, la ressortie du cultissime Fight Club, la réédition de Phantasm II et plusieurs films de l’immense Carl Theodor Dreyer !

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note 4.5 -5

FIGHT CLUB
De David Fincher – 1999
Genre : Thriller – USA
Avec : Brad Pitt, Edward Norton, Helena Bonham Carter…

Synopsis : Le narrateur, sans identité précise, vit seul, travaille seul, dort seul, mange seul ses plateaux-repas pour une personne comme beaucoup d’autres personnes seules qui connaissent la misère humaine, morale et sexuelle. C’est pourquoi il va devenir membre du Fight club, un lieu clandestin ou il va pouvoir retrouver sa virilité, l’échange et la communication. Ce club est dirigé par Tyler Durden, une sorte d’anarchiste entre gourou et philosophe qui prêche l’amour de son prochain. 

C’est probablement l’un des films les plus cultes des années 90, objet d’une dévotion sans borne de la part de ses très nombreux admirateurs. Un film entré dans la pop culture, un film décrypté sous toutes ses coutures, un film dont certains dialogues sont devenus aussi légendaires que son final marquant. Chef d’œuvre quasi-indiscuté réalisé par un David Fincher au sommet de son art, Fight Club a laissé une trace indélébile dans l’histoire du cinéma « récent » (18 ans quand même, décidément le temps passe). Quoi de plus normal. En ces temps bien tristes où le cinéma « grand public » se complaît dans une bêtise crasse et prend le spectateur pour plus bête qu’il n’est, David Fincher a su signer un uppercut aussi haletant qu’intelligent. Une œuvre rageuse, corrosive, entre le drame sombrement nihiliste et la satire pleine d’humour noir, tendant vers une vision implacablement désespérée de nos sociétés modernes. Au fil des minutes, Fight Club se charge sans cesse d’une grandeur bluffante, soutenue par une mise en scène virtuose. Et dire que le film avait été pas mal descendu par la critique à sa sortie. On le disait fasciste, nauséabond voire « dégueulasse » (bravo Les Cahiers du Cinéma). Il avait surtout mal compris mais qu’importe, sa revanche a largement été prise depuis. En cet été 2017, Fight Club ressort au cinéma grâce à Splendor Films (le 26 juillet en salles). Foncez et exceptionnellement, vous avez le droit de parler du « Fight Club » !

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PHANTASM II
De Don Coscarelli – 1988 – 1h37
Genre : Horreur – USA
Avec : James LeGros, Reggie Bannister, Angus Scrimm, Paula Irvine…

Synopsis : Six ans après les événements qui ont transformé son adolescence en cauchemar, Mike Pearson sort de l’hôpital psychiatrique où il a été soigné pendant tout ce temps. Du passé, il en est toujours imprégné, prêt à reprendre le combat contre le sinistre croque-mort à l’origine du trafic des cadavres du cimetière de Morningside vers une autre dimension. Bientôt rejoint par son ami Reggie, Mike s’engage sur les routes de l’Oregon. D’une ville fantôme à l’autre, les deux hommes découvrent que leur vieil ennemi a considérablement étendu son terrain de chasse…

Il y a quelques semaines, on vous parlait de la magnifique réédition du célèbre Phantasm de Don Coscarelli chez ESC Distribution, qui avait de quoi ravir les fans de cinéma de genre. La petite perle bisseuse du réalisateur-bricoleur américain s’offrait aux amateurs dans un coffret somptueux, rempli de suppléments et avec une image entièrement restaurée. Du coup, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Et voici que déboule maintenant Phantasm II, suite directe du premier où le jeune Mike (qui a grandi) et son ami Reggie, vont se lancer aux trousses de « L’homme en Noir » à travers tout l’Oregon. Dommage que ladite suite ne soit pas à la hauteur du premier. Don Coscarelli signe un deuxième chapitre beaucoup plus confus, beaucoup moins intéressant, oubliant l’ambiance poético-horrifique qui avait fait la saveur de l’original pour privilégier une envolée d’action redondante, sans saveur et sans queue ni tête. Le cinéaste s’y contente d’aligner les éléments qui ont plu neuf ans plus tôt (l’homme en noir, les boules tueuses, les petits monstres) mais sans réel script pour soutenir tout ça. Phantasm II est un énorme portnawak qui a laissé charme et magie en route, pour se lancer dans un sequel plus spectaculaire mais ennuyeux et évidé de son âme. Et puis il y a James Legros, cet acteur au charisme de churros brûlé, dont le non-jeu repousse les limites de l’agacement. Bref, probablement l’un des plus mauvais opus de la saga Phantasm. En tout cas, pour les amateurs désireux d’avoir la saga complète, le film est disponible en Blu-ray et DVD depuis le 27 juin dans une belle édition métallisée encore une fois pleine de bonus.

 

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VAMPYR
De Carl Theodor Dreyer – 1932
Genre : Fantastique – Allemagne
Avec : Maurice Schutz, Julian West, Sybille Schmitz…

Synopsis : Allan Gray, un jeune voyageur, décide de faire un arrêt pour la nuit à l’auberge de Courtempierre. En plus des bruits et apparitions étranges, un vieil homme offre a Allan un livre sur les vampires. C’est le point de départ d’une aventure dans laquelle Allan devra déjouer les plans diaboliques d’une femme-vampire.

On a choisi Vampyr, mais on aurait pu tout aussi bien parler de Ordet, de Gertrud ou de Jour de Colère. L’idée était surtout d’évoquer l’immense Carl Theodor Dreyer, maître allemand derrière une nuée de chefs d’œuvre dont l’un des plus mémorables, restera sans doute le sublime ett bouleversant La Passion de Jeanne d’Arc portée par Renée Falconetti. Avec Vampyr, Dreyer avait su livrer un poème fantastique unique, sorte de rêverie onirique cauchemardesque jouant avec notre subconscient immergé dans un songe lugubre littéralement envoûtant. L’une des particularités du film est son image. Voilée et légèrement sur-exposée. Le résultat d’une erreur qui devînt finalement un coup de génie. Au moment de visionner des rushes au laboratoire, Dreyer eut la mauvaise surprise de découvrir ce qui aurait pu être une « catastrophe ». Mais en observant bien, le cinéaste s’est rendu compte que ce « défaut » donnait à son film une teinte et un ton très particuliers, renforçant le sentiment d’irréalité dans lequel baignait son histoire. Il décida alors de conserver ce cap et bien lui en a pris. Recelant des trésors de mise en scène imaginatifs, des plans mémorables et une perfection absolue du montage et de la photographie jouant avec les clairs-obscurs, Vampyr est un pur bijou. Un bijou à redécouvrir dans un formidable coffret consacré à Dreyer par l’éditeur Potemkine. Dans les bacs depuis début juin, le coffret réunit donc Vampyr, Gertrud, Ordet, Le Maître du Logis et Jour de Colère. De nombreux suppléments les accompagnent, donc des images censurées à l’époque de Vampyr.

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A samedi prochain !

Par Nicolas Rieux

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