WALL CINÉ PICTURES n°27 : trois idées de films à voir ou à revoir
Samedi Ciné-Club

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27ème numéro du Wall Ciné Pictures, le rendez-vous « ciné-club » du samedi et ses trois idées de films à voir ou à revoir. Au programme de cette nouvelle escale dans l’histoire du cinéma, un polar coréen culte, le classique qui a révélé Dustin Hoffmann, et un chef d’œuvre sur les ravages de l’alcoolisme.

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note 4.5 -5

MEMORIES OF MURDERS
De Bong Joon-ho – 2004
Genre : Polar – Corée du Sud
Avec : Song Kang-Ho, Kim Sang-kyung, Hie-bong Byeon…

Synopsis : En 1986, dans la province de Gyunggi, le corps d’une jeune femme violée puis assassinée est retrouvé dans la campagne. Deux mois plus tard, d’autres crimes similaires ont lieu. Dans un pays qui n’a jamais connu de telles atrocités, la rumeur d’actes commis par un serial killer grandit de jour en jour. Une unité spéciale de la police est ainsi créée dans la région afin de trouver rapidement le coupable. Elle est placée sous les ordres d’un policier local et d’un détective spécialement envoyé de Séoul à sa demande. Devant l’absence de preuves concrètes, les deux hommes sombrent peu à peu dans le doute…

Il appartient désormais au patrimoine des films cultes du cinéma mondial. En 2004, le réalisateur coréen Bong Joon-ho frappait un grand coup et se faisait un nom sur la scène internationale, quatre ans son premier long-métrage (Barking Dog). Énorme succès critique et public, Memories of Murder allait marquer irrémédiablement le cinéma coréen, lançant vraiment la mode des polars sombres et ultra-nihilistes qui allaient faire la renommée du cinéma du pays du matin calme. Déroulant une enquête retorse conduite par un duo de flics mémorable, le film de Bong Joon-ho avait tout pour s’imposer comme un futur classique. Une vision excessivement noire sur son sujet, un sous-texte politique sur l’état du pays, une force haletante impressionnante, des touches d’humour salvatrices pour désamorcer un peu la dureté du récit sans toutefois lui ôter son implacable puissance, une profondeur psychologique travaillée, et une mise en scène littéralement virtuose. Le burlesque y côtoie la terreur, la densité n’y a que d’égale que le pouvoir de fascination, et c’est hypnotisé que l’on traverse ce marécage à la fois drôle, tendu et austère. A l’époque, le cinéma coréen savait vraiment surprendre. Memories of Murder ressort le mercredi 05 juillet dans une nouvelle version entièrement restaurée.

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LE LAURÉAT
De Mike Nichols – 1967 – 2h17
Genre : Drame – USA
Avec : Anne Bancroft, Dustin Hoffman, Katharine Ross…

Synopsis : Benjamin Braddock, un étudiant fraîchement diplômé, ne sait pas quoi faire de son avenir. Lors d’une soirée mondaine chez ses parents où il vagabonde, il fait la connaissance de Mrs Robinson, l’épouse du patron de son père. La femme, d’âge mûr, entreprend de séduire le garçon et y parvient très rapidement. Benjamin découvre les joies du sexe et profite de la situation du haut de ses 21 ans. Mais les choses se compliquent lorsque Monsieur Robinson demande à Benjamin de sortir avec Elaine, sa fille. Le jeune homme accepte et en tombe amoureux, s’attirant par la même occasion les foudres de Mrs Robinson. Cette dernière, folle de jalousie, décide d’empêcher leur union en proposant sa fille en mariage à un autre homme.

Il était une fois un chef d’oeuvre qui allait révéler l’un des plus grands comédiens de sa génération. En 1967, Dustin Hoffman n’avait pas fait grand-chose, seulement une apparition dans un film d’Arthur Hiller. Mais cette même année de 1967, le monde entier allait entendre parler de ce jeune acteur au visage si singulier quand on observe les canons de l’époque. Le Lauréat… probablement l’un des plus beaux films de Mike Nichols, et l’un des plus beaux films américains des années 60 tout court. Un peu chahuté par la critique à sa sortie, le film a connu un succès retentissant, devenant avec le temps, un film culte fascinant. Récit d’apprentissage où un jeune homme découvre l’amour et le plaisir charnel, avec deux femmes différentes, Le Lauréat est emblématique de cette période où le cinéma américain était en train de changer, quittant le vieil âge d’or pour entrer dans une modernité dynamitée par de jeunes réalisateurs inscrit dans une époque où les mœurs évoluaient. C’était le deuxième film de Mike Nichols après le formidable Qui a Tué Virginia Woolf ?, et quel deuxième film ! Porté par la douce musique de Simon & Garfunkel (Mrs Robinson), Le Lauréat affiche une tendresse qui trouve du répondant, dans la critique acerbe qu’il dresse d’une Amérique bourgeoise à l’hypocrisie notoire. Et puis il y a la séductrice Anne Bancroft, le charme juvénile de la belle Katharine Ross, cette photographie chatoyante, cette subtilité du regard… A l’époque, L’Humanité trouvait que c’était une « comédie de boulevard », Positif trouvait que sous ses airs provocateurs, le film ne dérangeait rien du tout et Télérama trouvait la mise en scène lourde. On en rigole aujourd’hui. Bijou de passion fiévreuse, de romantisme et de drôlerie, Le Lauréat est à redécouvrir sur grand écran à l’occasion de son 50ème anniversaire, pour la première fois en 4K, à compter du 12 juillet. Vous auriez tort de vous priver, c’est Carlotta Films qui régale.

 

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LE JOUR DU VIN ET DES ROSES
De Blake Edwards – 1962
Genre : Drame – USA
Avec : Jack Lemmon, Lee Remick…

Synopsis : Joe est un alcoolique, cela l’aide à supporter ses déceptions professionnelles et affectives. Il rencontre une jeune femme, Kirsten, qu’il épouse. Grâce à elle et à la naissance d’une petite fille, Joe s’arrête de boire. Mais très vite, il retombe dans l’alcool, entraînant son épouse avec lui. ai, le comte Oetsch, décidé à prouver son innocence, profite de l’occasion et se fait passer pour le Père Pharamond avec une idée derrière la tête…

On connaît surtout Blake Edwards pour ses comédies hilarantes à l’esprit délicieusement farfelu. Mais Blake Edwards n’était pas que le réalisateur de quelques-unes des plus belles saillies humoristiques du cinéma américain. Coincé entre Diamants sur Canapé et La Panthère Rose, Le Jour du Vin et des Roses est un drame surprenant si on le replace dans le contexte du cinéma américain de 1962. Son sujet très sombre n’était pas vraiment commun à l’époque, surtout après la période « Code Hays » qui essayait de polisser ce qu’Hollywood racontait. Et puis il y a ce traitement dur et tragique que lui confère Edwards, qui étonne et détonne radicalement. D’autant que le cinéaste a eu recours au talent de Jack Lemmon, acteur emblématique de la comédie américaine, pour interpréter ce rôle d’un alcoolique mondain qui se sort de l’enfer de l’alcoolisme au contact d’une femme, avant d’y replonger et de l’entraîner avec elle dans sa chute. Terrible et très noir, Le Jour du Vin et des Roses demeure encore aujourd’hui, comme l’un des films les plus poignants sur le sujet. Une pépite (souvent méconnue) à voir ou à revoir.

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A samedi prochain !

Par Nicolas Rieux

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