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EARTHQUAKE de Sarik Andreasyan : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Zemletryasenie
Père : Sarik Andreasyan
Date de naissance : 2016
Majorité : 09 octobre 2019
Type : Sortie VOD
Nationalité : Russie, Arménie
Taille : 1h47 / Poids : NC
Genre : Catastrophe

Livret de famille : Konstantin Lavronenko, Mariya Mironova, Sebastien Sisak…

Signes particuliers : Regardable à défaut d’être bon.

UN FILM CATASTROPHE ARMÉNIEN

NOTRE AVIS SUR EARTHQUAKE

Synopsis : Constantin et Robert ne se connaissent pas, mais leurs destins vont se croiser au lendemain d’une catastrophe. Alors qu’ils reviennent tous deux dans leur ville natale, ils la retrouvent dévastée par un tremblement de terre d’une violence sans précédent. Ils doivent alors s’unir pour traverser les décombres de la ville et retrouver leurs proches. Mais très vite, de nouvelles secousses surviennent, bien plus violentes… 

Un blockbuster catastrophe arménien où un gigantesque tremblement de terre ravage une partie du pays façon 2012. On tombe franchement sur des trucs pas banals quand on se promène dans les méandres des sorties VOD ou DTV. Tourné en 2016, Earthquake (à ne pas confondre avec le classique hollywoodien de 1974) sort tardivement chez nous grâce à Condor Entertainement. Réalisation du faiseur Sarik Andreasyan, le film revient sur le tragique séisme dévastateur qui avait frappé la région de Spitak en 1988, causant la mort de près de 30.000 personnes et en blessant 15.000 autres, en plus d’avoir rayé plusieurs villes de la carte et laissé quelques 530.000 sans-abris. La communauté internationale s’était particulièrement émue de cette catastrophe sous l’impulsion de la diaspora arménienne, et nombre de pays avait alors prodigué leur aide en urgence. Malheureusement, en dépit d’intenses recherches, seules 80 personnes avaient pu être extraites des décombres. Earthquake se fait le récit de ces quelques jours dramatiques.

Étonnamment, Earthquake prend le pari (très risqué) de procéder à l’inverse de la quasi totalité des films du genre. Traditionnellement, la mécanique est presque immuable, une looooongue introduction présentant le parcours des différents protagonistes que l’on va suivre dans l’aventure, puis la catastrophe à mi-parcours et le reste comble en montrant la survie dans l’immédiate post-apocalypse (avec généralement des répliques sismiques histoire d’éviter l’ennui). Mais Sarik Andreasyan prend la tangente dès le début. Après quelques minutes présentant un petit groupe de personnages, le cinéaste balance sa méga scène catastrophe… quasiment dès le début du film. Ok, et après ? Après, il livrera le cœur de Earthquake qui n’est finalement non pas de faire dans le spectacle de la destruction mais de rendre compte des efforts des survivants pour aider leurs prochains alors que chacun pleure ses morts. En cela, Earthquake devient finalement plus un drame qu’un film catastrophe. L’idée donne lieu à un peu plus de décence question spectacle car la tragédie est sans doute très personnelle pour le cinéaste comme pour toute la communauté arménienne, mais le contrepoint est qu’elle abandonne un peu le film à la répétition alors qu’il se retrouve condamné à boucler presque tout son déroulé avec l’après-drame, errements, déblayage, recherche de survivants, larmes…

Néanmoins, le film se révèle plutôt honnête, tenant en haleine en s’appuyant sur des codes très hollywoodiens pour s’efforcer de fonctionner à l’émotion. Rien de renversant, ni même du très bon cinéma en soi, mais les moins regardants sauront se satisfaire d’une entreprise efficace à sa manière. Pour cela, il faudra en revanche passer sur une distribution très inégale, sur une rhétorique très artificialisée qui appuie tout à outrance (musique ronflante en soutien), sur une émotion hyper instrumentalisée née de ficelles tendues de trèèès loin (le père repenti, la rencontre d’antagonistes, la mère blessée, le futur papa héroïque), mais aussi sur des effets spéciaux à la hauteur du budget et sur quelques incohérences assez grotesques. En même temps, le but est atteint puisqu’il s’agissait avant tout de rendre hommage à la solidarité du peuple arménien dans l’épreuve.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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