THE RAID (critique)

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Carte d’identité :
Nom : Cai Shu Zhi Heng Sao Qian Jun
Parents : Tony Ching Siu Tung et Tsui Hark
Livret de famille : Tony Leung Ka-Fai (Masa), Dean Shek (Dr. Choy), Jacky Cheung (Bobo Bear), Fennie Yuen (Tina), Joyce Godenzi (Yoshiko Kawashima / Kim Pak-Fai), Paul Chu Kong (Mang Tai-Hoi), Corey Yuen (Big Nose), Lau Siu Ming…
Date de naissance : 1991
Nationalité : Hong-Kong
Taille/Poids : 1h40 – Budget N.C.

Signes particuliers (+) : Un esprit BD un peu fou et décalé. Des scènes spectaculaires.

Signes particuliers (-) : Poussif. Un ton cartoonesque qui ne prend pas. Très mineur, on attendait plus de l’association de ces deux talents.

 

L’ASSAUT ATTENDRA…

Résumé : Le tranquille docteur Choy se retrouve embarqué avec un groupe de nationalistes chinois, dans une bataille pour mettre fin plans de l’empereur Manchou, alors au pouvoir, et qui vient de mettre au point un gaz mortel dans le but d’éradiquer les rebelles chinois luttant pour en finir avec l’occupant japonais.

Coréalisation entre les deux grands cinéastes HK que sont Tsui Hark et Ching Sui-Tung, The Raid est l’adaptation d’une BD asiatique, produite, sous la bannière de la Workshop, la société de Hark, ici à la fois producteur, scénariste et cosignataire de l’œuvre. Alors que tous deux sont des figures de proue d’une nouvelle vague moderne du cinéma national, le duo de metteurs en scène se partagent le travail dans une transposition délirante situant son action dans les années 30, dans une province fictive, la Mandchoukouo, en pleine Chine occupée par le Japon et dirigée par un dictateur poltron et propagandiste. Alors que Ching Sui-Tung se charge des séquences d’action, Hark s’occupe d’emballer la partie comique d’un film qui se réclame de la joyeuse comédie d’action historique souvent proche du théâtre de vaudeville.

Tout est affaire de goût mais Tsui Hark ne s’est jamais vraiment montré à son aise dans le cinéma de comédie gagesque (voir le piteux Mad Mission 3 pour s’en convaincre), lui qui aura pourtant signé de belles œuvres amusées quand il le fait de façon plus fine (Le Festin Chinois, certains Il était une fois en Chine comme le sixième et dernier volet, et des scènes éparpillées dans pas mal de ses films). Gardant les allures très bande dessinée dans l’esthétique du film (planche à l’appui en guise de transitions) le cinéaste mêle diverses inspirations, essentiellement du cinéma américain (un côté Indiana Jones doublé d’emprunts au cinéma d’un Blake Edwards par exemple) dans un film pourtant résolument hongkongais, souvent très nationaliste, critiquant de façon déguisée sans se réclamer pour autant de la satire politique, l’appareil étatique chinois, sa soumission pathétique à certaines forces extérieures, la lâcheté de ses dirigeants, sa caricaturale propagande dictatoriale ou encore son instabilité entre les guéguerres et conflits internes dans ses institutions par aspiration et ambition de pouvoir. Mais là où le film aurait pu avoir un pouvoir de dérision malin et malicieux sous-tendant un ambitieux film d’aventure suivant le combat de l’armée résistante dissidente, Hark cède trop souvent à la potacherie et aux gags idiots tombant souvent à plat de facilité ou de médiocrité, The Raid étant finalement peu drôle mis à part quelques situations cocasses et loufoques, par excès de ringardise dans ses velléités humoristiques tirant vers un comique de caricature poussif et désuet personnifié par des comédiens qui en font des tonnes pour amuser la galerie. Là où Dean Shek (le héro Docteur Choy) s’en tire moyennement, Tony Leung Ka-Fai ou Corey Yuen (le réalisateur aussi comédien) s’évertuent grossièrement à faire des pitreries qui ne fonctionnent guère.

Reste alors la partie Ching Siu-Tung qui tentent d’emballer d’efficaces scènes d’action, certaines spectaculaires, d’autres à la violence étonnante (et sanglante) contrastant avec la partie comédie dirigée par Hark qui finalement prend trop d’ampleur dans un film qui a bien du mal à se situer sur l’échiquier des genres. Mais même là, la réalisation bancale, défaut choral aux deux maîtres d’œuvre dans ce film mineur de leur filmographies respective, peine à rendre la pleine mesure de certains moments de bravoure entre fusillades, explosions et combats. Cela étant dit, ce sera plus pour ces aspects que The Raid pourrait avoir un semblant d’intérêt.

Échec cuisant au box-office probablement en partie par son incapacité à cibler un public précis, The Raid ne convoque ni le meilleur de Hark qui heureusement se remettra en selle six mois plus tard avec l’un de ses chefs d’œuvre, le premier volet de la saga Il Etait une Fois en Chine, ni le meilleur de Ching Siu-Tung, l’auteur du fabuleux Histoire de Fantômes Chinois. The Raid est juste une bien poussive comédie d’action historique typique, qui s’évertue à donner dans le ton cartoonesque sans jamais vraiment parvenir à séduire ou à intéresser malgré une certaine propension à divertir, aléatoirement. Dispensable.

Bande-annonce :

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