THANATOMORPHOSE d’Eric Falardeau
DVD import – critique (horreur)

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note 1
Carte d’identité :
Nom : Thanatomorphose
Père : Eric Falardeau
Livret de famille : Kayden Rose, Davyd Tousignant, Emile Beaudry…
Date de naissance : 2012
Majorité au : inédit
Nationalité : Canada
Taille : 1h40
Poids : 40 000 dollars canadiens

Signes particuliers (+) : Remonte le niveau de l’ensemble des autres films produits à ce jour.

Signes particuliers (-) : Une purge effroyable qui mériterait de faire le tour des écoles de cinéma pour enseigner aux aspirants cinéastes les bases de la mise en scène et ce que cela donne quand on ne les connaît pas. Peut également servir, outre de cale-table, à expliquer le rôle d’un chef op, d’un preneur de son, d’un cadreur avec la démonstration du résultat quand il n’y en a pas ou que ceux engagés sont aveugles. N’oublions pas un beau contre-exemple de la notion de bons comédiens, même si la charmante Kayden Rose a au moins le mérite de donner de sa personne.

 

UN FILM QUI POURRIT DE L’INTÉRIEUR

LA CRITIQUE

Résumé : Un matin, la jeune et belle Laura se met inexplicablement et inexorablement à pourrir… Un récit kafkaïen mêlant sexualité, horreur et fluides corporels…

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L’INTRO :
Bonjour, je m’appelle Thanatomorphose, je suis un bis canadien fauché. Mon père s’appelle Eric Falardeau. Il avait déjà fait un bébé court sur pattes en 2011 qui s’appelait Crépuscule et je suis son premier rejeton conçu en format long-métrage. Que dire d’autre sur moi… Je suis la sensation 2013 des festivals de genre où j’ai fait grand bruit et scandale avec mon physique craspec et sinon, j’ai piqué mon affiche à La Mouche ou à I Spit on Your Grave selon les versions et les pays…. Sur un plan plus personnel, je me la joue film choc mais avec du sens façon d’illustres références que j’assume, je suis découpé en chapitres parce que ça donne un côté intelligent genre Lars von Trier de l’horreur cradingue et j’espère créé le buzz autour de mon faciès hardcore qui avec un peu de chance, cachera partiellement le fait que j’ai été conçu pour 40 000 misérables dollars et ça se voit…
Thanatomorphose
L’AVIS :
OFNI interdit au moins de 18 ans pour son mélange de gore dégueulasse et de nudité permanente toutes faces confondues, Thanatomorphose s’inscrit un peu dans la lignée des The Woman, Snuff 102 etc… En somme, ces films qui font jaser pour leur côté extrême et jusqu’au-boutiste. Ici, la cheaperie d’Eric Falardeau annonce la couleur dès son titre qui pour rappel, désigne « l’ensemble des modifications morphologiques extérieures que la mort détermine dans l’aspect des éléments cellulaires et des organismes ». En gros, putréfaction et autres joyeuseries au programme d’un huis-clos peignant en détails le calvaire d’une jeune femme mal dans sa vie, qui voit son corps se mettre à pourrir extérieurement et intérieurement du jour au lendemain dans une longue agonie douloureuse. Une illustration horrifique de La Métamorphose de Kafka, que le film ramène (et rabaisse) bien bas en se contentant d’utiliser son idée comme seul argument.

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D’une crétinerie absolue frisant la débilité congénitale avec sa médiocrité affichée et sa démarche purement sensationnaliste, Thanatomorphose se prend pour une sorte d’œuvre à caractère cronenbergienne (sauf que de Cronenberg, il n’a que le « Cro » et encore) sur la vie, le corps, les organes, le pourrissement physique et de l’âme, tout ça dans une réflexion symbolique de pacotille qui ne dépasse jamais le degré zéro de sa simple intention initiale qui n’a, d’une rien d’originale, et de deux rien d’intéressant à proposer. Cette métaphore lourdingue sur une femme dont le pourrissement corporel intérieur renvoie à la détérioration de sa vie extérieure psychologique, sociale et affective est sans aucun doute la grande gagnante de l’année, catégorie purge abyssale repoussant les limites de la nullité. Un film amateur bien planté dans le Z nanardesque qui se paye à grands coups de gore gerbeux, une immonde désacralisation la femme avec son héroïne qui va pisser 22 fois et passe 86% de son temps entre son lit et la salle de bain.

Capture d’écran 2014-01-11 à 02.30.47

Cela dit, on lui aura trouvé au moins une utilité et c’est déjà pas mal. Thanatomorphose est un cas d’école de cinéma, un film qui vous apprend le b.a.-ba de la mise en scène. On y comprend, par le biais de l’absence, à quoi sert donc un chef opérateur, un cadreur, un preneur de son… Autant de « techniciens » que visiblement Falardeau n’a pas pu se payer. Parce que Thanatomorphose est le film de tous les prix. Prix des pires cadrages de l’histoire du cinéma, à se demander si l’écran de retour de la caméra n’était pas en panne et que du coup, ce pauvre Falardeau ne voyait pas ce qu’il filmait. Pire photo aussi, avec un chef op probablement aveugle puisque tout est aussi sombre que dans le trou du *** d’une vache. Le son, on passera, visiblement ils ont été pris en live et sans micro (à titre indicatif, 100€ à Fnac pour une perche et un micro), ce qui nous laisse le temps de nous attarder sur les comédiens, pas même digne de figurer dans une sitcom AB. C’est bien de faire tourner les amis mais y’a des limites quand même. Ils ne sont pas aveugles comme le chef op ou le réal mais par contre on aurait aimé qu’ils soient muets pour éviter de nous faire saigner nos oreilles à chaque tirade déclamée avec fausseté.

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Avec sa mise en scène truffée d’effets ridicules mi-racoleurs mi-prétentieux et sa technique en-dessous de l’approximatif, Thanatomorphose est par-dessus le marché une chienlit sans nom. Le calvaire de cette jeune femme devient rapidement le nôtre et l’argument « pas d’argent et fait à la passion » ne tiendra pas deux secondes tant il n’expliquera jamais les erreurs béantes à l’image. Pas de fric n’implique pas forcément de tout cadrer à côté de la plaque quitte à couper ses personnages à moitié hors-champ. En résumé, une bouse qui pourrait avoir honte d’elle-même et qui ne mène à rien.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

7 commentaires à propos de “THANATOMORPHOSE d’Eric Falardeau
DVD import – critique (horreur)

  1. Cte film laa c’est dla grossse MAARRRDDEEE, sa fait plus rire que d’autre chose,,, depuis quand le monde se decompose dememe sttiiiii

    PS : avez vous compris le sens de ste marrrdeee la!!!!

    CCC PPOoocheeee

    Signee `. une persone qui trouve vraiment que c dla marrdeee

  2. World War Z est peut-être formaté mais au moins son auteur sait composer un plan à peu près correctement. Quand on ne sait pas filmer, on ne filme pas. Cela dit, comparer les deux films déjà, est un non-sens total. N’aurais-tu pas de meilleurs arguments que cela pour défendre ce bousin ?

    • Bonsoir.
      Ce serait plutôt à vous d’avoir d’autres arguments pour défoncer ce film. Car dire que le réalisateur ne sait pas composer un plan, c’est une faute, c’est digne d’une personne qui n’a jamais réalisé autre chose que des films de vacances. On peut ne pas pas ce film ( c’est même un droit ! ) , mais on ne peut pas le faire sur des arguments techniques qui ne tiennent pas la route. Peut-être que ce film est bien trop intense et différent de la mode actuelle pour que vous ne puissiez en saisir la substantifique möelle. Serviteur.

      • Alors si pour toi Thanatomorphose est un modèle de technique, effectivement, on ne va pas aller bien loin. Mais à chacun son niveau d’exigence. Le mien est un poil plus élevé que cette plaisanterie. L’absence de moyens ne justifie pas tout et certainement pas de ne pas savoir cadrer correctement ses plans. Parce que des cadrages aussi laids, ça frôle le comique. Mais ce n’est qu’un détail dans la masse de tout ce qu’on peut lui reprocher sur sa « technique » si tant est que l’on puisse appeler ça ainsi. Après concernant la « moelle substantifique » du film, j’en termine avec mon fou rire et on en reparle. Le fond est aussi facile que la forme n’est hideuse. Mais en ce moment, il est de bon ton de tout laisser passer au cinéma de genre. Et après on s’étonne qu’il nous serve autant de bouses. Parce que le film défend une métaphore et essaie de raconter quelque chose, ce devrait être suffisant pour parler de moelle et de substantifique ??! Il opère quelque part au niveau du rez de chaussée de l’idée et ce qu’il expose est d’une facilité déconcertante. Y voir quelque chose de génial me laisse profondément perplexe sur la pauvreté des attentes du public. Enfin, il n’est pas si loin de la mode actuelle. Il ne fait que brasser des courants différents avec un chouia de prétention au passage. Sauf qu’elle est utilisée à de mauvais desseins.

        Cela dit, au lieu de t’indigner de la sorte devant un papier avec lequel tu n’es pas d’accord (et c’est ton droit), expose tes arguments et défends le film à ta manière et selon ta vision, ça sera plus constructif que de jouer l’agressivité et la condescendance.

        • Ravi que tu es des fous rires,mais calmons le jeu. Inutile de vouloir réconcilier deux points de vue tellement opposées. Néanmoins, ma réaction (que tu juges, puisque l’on en est au tutoiement, « agressive et condescendante ») n’est que le fruit de la mauvaise foi que j’ai cru décelé dans ton papier. Et puisque tu veux connaître mes arguments, tu peux les lire ici :

          http://www.horreur.com/~horreur/?q=nid-5132/thanatomorphose-thanatomorphose-02102012-falardeau-eric

          Au passage, longue vie à votre site !

          • Merci Lionel. J’avais lu ton papier en fait en voyant le lien. Bon j’avoues, j’étais pas d’accord avec mais bon, les aléas de la vie de blogueur hein… Je t’invite, tu veux à rejoindre notre forum sur facebook (qui s’appelle le forum cinéma de mondociné). Tu pourras en toute liberté réagir à notre papier et poster le tien en contrebalance. T’es le bienvenu en tout cas et les avis divergents le sont tout autant ! Au plaisir j’espère !

  3. M.RIEUX, il est désolant que vous défonciez à tel point ( et avec une telle mauvaise foi ) ce type de film. Maintenant, ce qui est rassurant c’est que vous aimiez une merde aussi formatée que World War Z. Adieu.

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