TEXAS CHAINSAW 3D – critique – avant-première (horreur)

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Texas-Chainsaw-3D-posterMondo-mètre :
note 3.5
Carte d’identité :
Nom : Texas Chainsaw 3D
Père : Joe Luessenhop
Livret de famille : Alexandra Daddario (Heather), Dan Yeager (Leatherface), Scott Eastwood (Carl), Tania Raymonde (Nikki), Shaun Sipos (l’auto-stoppeur), James MacDonald (Marvin), Thom Barry (shérif Hooper), Paul Rae (Burt), Richard Riehle (l’avocat)…
Date de naissance : 2012
Majorité au : 31 juillet 2013 (en salles)
Nationalité : Etats-Unis
Taille/Poids : 1h34 – 8 millions $

Signes particuliers (+) : Une introduction assez bonne et maligne raccordant les wagons directement avec l’original de 1973. Quelques effets 3D.

Signes particuliers (-) : Tout le reste à commencer par un script d’une bêtise sans borne, totalement improbable, incohérent et stupide dans la façon dont évolue l’histoire de personnages dont on a rien à foutre..

 

LA BÊTISE EN 3D, ÇA FAIT DE L’EFFET !

Résumé : 1973. Après que Sally Hardesty ait réussi à échapper à Leatherface, elle s’empresse de prévenir les autorités. Mais les hommes de la ville viennent se mêler aux forces de l’ordre et tout finit dans un bain de sang dans la demeure où s sont déroulés les tragiques évènements. Seule rescapé, un bébé sauvé du drame. Des années plus tard, Heather apprend qu’elle a été adoptée et qu’elle a hérité d’une maison au Texas…

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On a eu de cesse de le dire et de le répéter sans ces colonnes mais le Massacre à la Tronçonneuse originel signé Tobe Hooper en 1973 est non seulement un film d’une perfection inouïe mais aussi l’un des plus grands chefs d’œuvre du cinéma américain, dépassant de très loin les seules frontières de son registre horrifique. De fait, toutes les séquelles, remakes, séquelles de remake ou reboot ont été vu d’un œil aussi sceptique qu’agacé, par la communauté des amoureux de ce magistral classique du thriller de genre. Car oui, Massacre à la Tronçonneuse était au final plus un thriller horrifique qu’un film d’horreur à proprement parlé, contrairement à la légende de film monstrueusement gore et horrible qui s’est forgée dans les esprits ignorants du contenu d’un film culte, puissante parabole de l’Amérique de son temps.

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L’annonce d’un nouvel opus en 3D s’alignant comme une suite directe à l’original, n’était pas sans nous laisser perplexes devant ce qui sentait à des kilomètres à la ronde, le pur produit commercial façon exploitation crapuleuse et cynique des filons Vendredi 13 ou Halloween, saga sucée jusqu’à la moelle avec des « produits » dénués de toutes considérations qualitatives ou artistiques mais visant seulement le remplissage des tiroirs caisse des maisons productrices… Mais l’espoir restait de mise, d’autant que le remake de 2003 signé Marcus Nispel s’était avéré une très bonne surprise même s’il ne venait pas tutoyait sur son piédestal le film hooperien. Pas de procès d’intention donc, pas plus qu’à l’annonce du recours à la 3D pour plus de spectacle, le genre se prêtant bien aux « effets tridimensionnels ». Bloody Valentine 3D ou Piranha 3D en sont quelques exemples récents plutôt réussis.

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La réalisation de Texas Chainsaw 3D, de son appellation le renvoyant directement au film pionnier, est confiée au peu connu Joe Luessenhop dont c’est le troisième long-métrage. Auteur de Takers en 2010 (un thriller d’action avec Matt Dillon, Chris je-tabasse-ma-copine- Brown et Hayden on-t’a-oublié- Christensen) et de Lockdown, dix ans auparavant, Luessenhop voit là l’occasion de faire parler de lui avec un projet casse-gueule à la base. Texas Chainsaw 3D sera un petit budget (moins de dix millions) dont le concept est justifié de façon assez étrange par les producteurs. Plutôt que de s’orienter vers une suite au prequel réalisé en 2006 par Jonathan Liebesman (Massacre à la Tronçonneuse : Au Commencement) les exécutifs ont préféré se diriger vers une suite directe au Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper, reprenant exactement là où celui-ci s’en était arrêté. La raison ? Le projet d’une suite au prequel aurait été jugé trop « ambitieux ». Ah parce que vouloir s’inscrire dans la lignée directe du chef d’œuvre de 1973, ça ne l’est pas ?! Il y a des choses qui nous échappent dès fois.

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Animé par amour passionné pour le film de Hooper, Joe Juessenhop se lance alors dans l’aventure avec le regard des fans vissé sur son travail, prêts à lui bondir à la gorge en cas de sortie de route. Alors pour se les mettre dans la poche et sûrement avec une grande sincérité en prime, Luessenhop multiplie les clins d’œil et les références à son modèle durant toute sa première moitié. Témoin, l’emploi des flashs d’appareil photo avec le son strident qui marquait l’ouverture du film de 1973, témoin aussi l’idée du van débarquant dans la campagne et l’auto-stoppeur pris en route, ou le plan sur l’animal mort au soleil sur le bord de la route. Témoin aussi l’apparition de Marilyn Burns, la Sally Hardesty de l’original et les nombreuses images d’archives du film d’Hooper utilisées, Hooper étant le nom du shérif au demeurant.  On sent que Luessenhop maîtrise son sujet, connaît son classique et les 20 premières minutes voire plus, sont un bel hommage au film originel quoique trop appuyé. L’introduction est en cela, le grand moment d’intérêt de ce nouvel opus. Une introduction qui enchaîne là où Hooper s’était arrêté et qui nous montre la suite des évènements après que Sally ait réussi à fuir en grimpant à l’arrière d’un pick-up passant. Une entame courageuse et exemplaire qui laisse augurer le meilleur pour cette « séquelle » éloignée temporellement. C’est alors que notre courroux se radouci et que Luessenhop arrive presque à nous mettre dans sa poche. Presque car on attend quand même de le voir laisser un peu son modèle pour se concentrer sur son propre film plutôt que s’enfermer dans l’hommage au lieu de se préoccuper de sa réalisation à lui, tout en restant dans le respect, cela va sans dire. Mais voilà, Texas Chainsaw 3D va lentement dévier de sa route pour finir dans le bas côté au fur et à mesure que l’on se rend compte de l’inintérêt des personnages (interprétés par des comédiens que l’on voudrait tarter de surcroit) dont on se contrefout autant que de l’intrigue.

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Passée cette entame assez réjouissante et de bon augure, Luessenhop attaque enfin son film à lui. Et c’est à ce moment là que l’ampleur des dégâts se révèle. Texas Chainsaw 3D reste un suite filiale au film d’Hooper mais quelle suite… Une trahison éhontée qui tourne le dos aux bonnes choses affichées jusque-là. Il commence par convoquer un maximum de sang dans un film qui s’oriente vers la grosse péloche gore qui tâche, atteignant par moment des sommets de gore sensationnaliste. Mais c’est loin d’être le plus gros problème. Le véritable péché du film réside dans son scénario. Ils sont quatre derrière cette atrocité entre ceux derrière l’histoire et ceux derrière le script. Et tous sont à brûler en place publique. Et parce qu’ils le méritent, on va même citer les noms. D’abord Debra Sullivan, une actrice qui ère depuis des années dans des stupidités télévisées comme Beverly Hills, Des Jours et des Vies, Big Love, Les Feux de l’Amour, scénariste depuis 2008 avec le script du bisseux Conspiracy et prochainement à l’œuvre sur la future séquelle de Cabin Fever (sic). Avec elle, Adam Marcus, le réalisateur du bisseux Conspiracy en question, réalisateur aussi de Jason va en Enfer en 1993. Kirsten Elms qui n’a pas fait grand-chose d’intéressant auparavant et Stephen Susco, scénariste de The Grudge 2. Voilà les coupables du script le plus débile de l’histoire qui massacre la mythologie Massacre à la Tronçonneuse avec une suite exemplairement improbable, incohérente (le film reprend dans les années 70 et hop, une vingtaine d’années plus tard, on est… de nos jours ! Tiens donc…) et rocambolesque. Cette ineptie tirée par les cheveux est à la limite de la comédie parodique tant elle pousse au risible par sa trame venue d’ailleurs qui se suit avec un hochement de tête, un exaspérant « n’importe quoi » ronronnant dans les esprits.

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Texas Chainsaw 3D est au final une purge indigne de se réclamer de la lignée des Massacre à la Tronçonneuse. Ces quelques effets 3D assez malins (une tronçonneuse s’avançant vers le spectateur par exemple) ne viennent malheureusement pas à la rescousse d’un film qui n’est ni généreux/respectueux façon le Nispel, ni un film à ambiance comme l’original, pas plus qu’il n’est une bonne péloche en soi, indépendante de la mythologie générale. En dehors de son introduction plutôt maligne et bien foutue, le reste du film est au mieux inintéressant, au pire, une horreur salissant le nom de son ancêtre. Cette arnaque au faux DTV limite nanardesque qui a malheureusement rencontré un véritable succès outre-Atlantique, est à oublier de toute urgence. Enfin, on aura une piqu^re de rappel puisqu’il sortira en France fin juillet.

Bande-annonce :

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