SON OF A GUN de Julius Avery [Critique – Sortie e-cinema]

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note 5 -10
Carte d’identité :
Nom : Son of A Gun
Père : Julius Avery
Date de naissance : 2014
Majorité : 1er mai 2015
Type : Sortie e-cinema
Nationalité : Australie
Taille : 1h44 / Poids : NC
Genre : Thriller, Action

Livret de famille : Brenton Thwaites (JR), Ewan McGregor (Brenda), Alicia Vikander (Tasha), Matt Nable (Sterlo), Damon Herriman (Wilson), Jacek Koman (Sam), Tom Brudge (Josh), Nash Edgerton (Chris)…

Signes particuliers : Pour le premier film de son offre e-cinema, TF1 Vidéo dégaine un thriller d’action australien avec Ewan McGregor en véhicule porteur.

LA PRISON, ÇA VOUS TRANSFORME UN HOMME

LA CRITIQUE

Résumé : Emprisonné pour un délit mineur à l’âge de 19 ans, JR apprend vite les dures réalités de la vie carcérale. Un monde dans lequel la protection est vitale pour survivre et JR se retrouve très rapidement sous l’œil vigilant du criminel le plus célèbre d’Australie, Brendan Lynch. Mais sa protection a un prix : Lynch et son équipe ont des plans pour leur jeune protégé. Après sa libération, JR doit aider Lynch à mettre en œuvre une évasion audacieuse. En récompense, il intègre son gang et se retrouve en première ligne d’un hold-up à haut risque. Les choses tournent mal…son_of_the_gun_2L’INTRO :

Avec Son of a Gun, TF1 Vidéo emboîte le pas à Wild Bunch et lance à son tour sa plateforme de e-cinema, sorte d’alternative à la VOD, à la différence que les films proposés sont des exclusivités ne pouvant s’offrir le luxe d’une sortie en salles à cause d’une concurrence de plus en plus accrue, et qui leur serait fatale. Ces films, loin d’être des sous-œuvres mineures à l’intérêt relatif et semblables à d’obscurs DTV nanardesques, s’offrent ainsi une distribution simultanée dans tous les foyers quelques jours, semaines ou mois après leur sortie dans leur pays et ne souffrent pas des délais légaux imposés par la législation française pour respecter la chronologie temporelle de la sortie DVD, diffusion télé etc… En clair, ils sont accessibles par tous, légalement, et se veulent comme une expérience de cinéma à domicile. Ni plus ni moins que la VOD diront certains. Et ce n’est pas faux. Pour le grand public, la différence est quasi-infime car il faut aller la chercher dans des questions relevant davantage de l’ordre du juridique. Toujours est-il que le e-cinema propose des longs-métrages de premier choix, en HD et sans bouger de chez soi. Une sorte de renouveau pour la VOD mais qui malheureusement, ne semble pas être de taille pour lutter contre son ennemi juré numéro un : le piratage.

son_of_the_gun_3L’AVIS :

Premier film du catalogue e-cinema lancé par TF1 Vidéo en attendant le Adaline avec Harrison Ford et Blake Lively : l’australien Son of a Gun de Julius Avery, cinéaste qui se frotte là à ses grands débuts au long-métrage après une pelletée de courts. Un thriller d’action porté par Ewan McGregor, Brenton Thwaites (The Giver) et la sublime mais non moins talentueuse Alicia Vikander. Son of a Gun est une série B qui ne propose pas grand-chose de bien révolutionnaire sur le papier, mais qui ambitionne seulement d’être efficace et pourquoi pas distrayante avec son histoire de prison, de braquage, de romance et d’arnaque. Un cocktail pas vraiment Molotov dont la déflagration est étouffée par une intrigue bâtie sur du déjà-vu, mais dont on compte sur la modestie pour nous tenir au moins en haleine durant 1h45 de plaisir coupable, mettant en scène quelques beaux noms. Si l’on ne se penchera pas sur la chose pour le talent de l’insipide Brenton Thwaites qui joue toujours comme une casserole percée, reste un Ewan McGregor qui prend du plaisir à jouer les bad guy touchant et une Alicia Vikander dont la sensualité brûle la pellicule à chacune de ses apparitions.son_of_the_gun_4Simple et cimenté aux clichés en tout genre, Son of a Gun n’était peut-être pas le meilleur pari pour lancer cette offre de e-cinema proposée par TF1 Vidéo (on lui aurait nettement préféré Adaline, dont on vous reparlera très vite). Film du samedi soir trop proche de la série B des années 90 manquant d’ambition et d’originalité, le film de Julius Avery est au cinéma ce qu’un plat préparé Picard est à la gastronomie. Du vite bien fait, qui sustente mais qui ne régale pas, alternative correcte à un déjeuner sur le pouce le midi mais pas suffisant pour satisfaire les besoins d’une agréable soirée chez soi. On lui reprochera, outre son déroulé trop convenu et prévisible, la mollesse de son récit et surtout de sa mise en scène, qui manque d’énergie et d’impact pour relever le goût de cette terne entreprise qui se voudrait dramatisante mais qui reste un peu basse du front. Julius Avery tente d’imbriquer plein d’éléments ensembles pour construire une série B de qualité. Du drame, une histoire d’amour, des personnages aux traits psychologiques un peu développés, un soupçon d’attachement filial entre un célèbre braqueur renommé et un jeune gamin de 19 ans qui se retrouve sous son aile protectrice, un peu d’empathie pour pimenter tout cela et bien entendu de l’intensité pour renforcer ce qui devient rapidement une œuvre mineure n’ayant pas les moyens (ni formels ni narratifs) de ses intentions. son_of_the_gun_5Divertissement honnête dans le fond, Son of a Gun reste sans saveur sur la forme et ne décolle jamais hors de ses bases, celles d’un produit archétypal du marché du DTV, un cran au-dessus du téléfilm grâce à sa cinégénie évidente, mais en-dessous de la lisière du vrai bon film offrant une réelle proposition de cinéma, sans doute trop marqué par les cicatrices d’un script artificiel et conventionnel, bottant souvent en touche quand il pourrait se diriger vers des pistes plus attractives et laissant planer beaucoup de zones floues. Trop moyen pour convaincre pleinement, l’affaire saura tout de même contenter la boulimie filmique de certains, à la recherche d’un divertissement sans prise de tête.

BANDE-ANNONCE VF :

Par Nicolas Rieux

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